Corruption des politiques en France : le cas de Jean-Louis Fousseret

Corruption des politiques en France : le cas de Jean-Louis Fousseret

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Une rubrique sur la corruption des milieux et élites politiques, alors que depuis l’apparition des politiciens professionnels, cumulards de mandats, les affaires éclatent les unes après les autres sous la Ve République. Ces politiciens sont devenus une caste, à la manière de l’aristocratie sous l’Ancien Régime. Ils ne s’intéressent pas à l’intérêt général, ni de la France, ni du Peuple français, mais à des objectifs personnels, de carrière, d’enrichissement, de pouvoir. Ils sapent le tissu social, détruise la souveraineté de la France, pratiquent le clientélisme, vivent dans des milieux endogames et népotiques, ils viennent hélas de toutes les franges politiques et mon propos ne sera pas d’attaquer un ou plusieurs partis politiques, mais de les attaquer tous. Pour le faire une arme simple : la biographie. A travers l’étude des biographies, apparaît alors la vraie nature de ces politiciens corrompus, d’oligarques, de barons locaux et d’une faune cravatée.

C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires furent plus nombreuses à partir de la présidence de Giscard d’Estaing et François Mitterrand, puis se multiplièrent jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a pris une ampleur inquiétante. Nous assistons à une corruption massive des milieux politiques, le mauvais exemple étant donné au plus haut niveau de l’État. Mon propos sera de balayer un demi-siècle de corruption endémique, un état des lieux effrayant mais nécessaire.

Aujourd’hui dans l’Aurore Nouvelle nous parlerons de Jean-Louis Fousseret, un apparatchik de la Gauche Caviar, gros poisson du Parti Socialiste qui fut longtemps un baron local dans la région de Besançon. Il ne tarda pas à trahir sa couleur politique pour rejoindre la Macronie, dans le phénomène des « girouettes », mais fut frappé par une affaire de corruption peu banale, l’affaire du licenciement à 90 000 euros (2020). Un marathon judiciaire est en cours, il fut d’abord relaxé, mais le parquet ayant fait appel, un nouveau jugement sera prononcé. Voici Jean-Louis Fousseret, un cas emblématique de la République « des chers amis », à ce jour présumé innocent, avec sa présumée complice… Alexandra Cordier.

Mais qui est Jean-Louis Fousseret ? Il naquit le 23 décembre 1946, à Besançon, Franche-Comté, dans une famille lambda. Il fit des études professionnelles comme technicien en micromécanique à l’École nationale d’horlogerie de Besançon. De fait, il est l’un des rares politiciens professionnels à avoir vraiment travaillé, comme réparateur et vendeur de machines à café et caisses enregistreuses, pour une société multinationale (1967-1997).

Il s’engagea tardivement en politique, s’encartant dans le Parti Socialiste, la Gauche Caviar (1983-2017), devenant un proche des plus grosses huiles du parti, de Laurent Fabius, en passant par Arnaud Montebourg, Bertrand Delanoë, DSK ou encore François Hollande. Il commença par être élu adjoint au maire de Robert Schwint à Besançon (1983-1989), chargé de la vie des quartiers et de la vie associative. Il fut élu conseiller général du Doubs (1988-2001), pour le canton de Besançon-Planoise, réélu en 1994. Il rempila dans ses fonctions d’adjoint au maire (1989-1995), puis de nouveau en étant chargé de l’action sociale (1995-1997). A cette date, il fut élu député à l’Assemblée nationale, pour la 1ère circonscription du Doubs (1997-2002) et cumula bientôt le mandat de conseiller municipal à Besançon (1997-2001), puis celui de maire de Besançon (2001-2020). Il devait rester vissé à son siège de maire pendant presque 20 ans, réélu en 2008 et 2014), tout en étant aussi élu Président du Grand Besançon Métropole (2001-2020).

La trahison pour rejoindre la Macronie. Durant ce parcours, l’apparatchik se faufila dans toutes les institutions qui furent à sa portée : vice-président de l’Association des maires des grandes villes de France, membre de l’Association Trans-Europe TGV Rhin-Rhône-Méditerranée, membre du Conseil nationale pour le développement durable (depuis 2004), délégué national du PS chargé de l’écologie urbaine et du développement local auprès de François Hollande… En 2017, après la défaite historique du PS aux législatives, il quitta piteusement le parti pour rejoindre le parti présidentiel En Marche (2017). Dans ce ralliement, il fut nommé président de Tous Politiques !, l’institut de formation du parti En Marche, par Christophe Castaner, une organisation chargée de racoler des recrues et de débaucher des politiciens professionnels dans d’autres formations politiques. Se pensant au fait de son pouvoir, il fut soudainement rattrapé par une sale affaire, celle du licenciement à 90 000 euros.

L’affaire du licenciement à 90 000 euros. En janvier 2020, à trois mois de l’élection municipale où Jean-Louis Fousseret se frottait déjà les mains pour un énième mandat, sa directrice de cabinet depuis 2008, Alexandra Cordier fut licenciée, alors qu’elle souhaitait se présenter dans cette élection pour Besançon, Fousseret entrant dans sa liste. Plutôt que de démissionner, les deux compères imaginaires qu’elle serait licenciée, entraînant alors des indemnités de licenciement et des allocations chômage. Le coût pour la collectivité de Besançon a été estimé entre 82 755 et 94 000 euros, une très bonne opération, qui aurait pu passer inaperçu sans la Chambre régionale des comptes qui se manifesta tardivement. Elle publia un rapport dénonçant le licenciement frauduleux et abusif, après avoir signalé au parquet de Besançon, l’affaire de corruption (25 juillet 2024). Des poursuites furent lancées en plus de suspicion d’un travail dissimulé pour Alexandra Cordier, alors qu’elle percevait des indemnités de chômage, mais avait fondé une auto-entreprise où elle toucha 33 500 euros de commissions immobilières, notamment via l’agence Stéphane Plaza, basée à Besançon, versées à sa demande expresse en 2022, pour ne pas interrompre ses allocations chômages…

Les procès des deux compères. Un premier procès eut lieu contre Jean-Louis Fousseret pour : « prise illégale d’intérêt et détournement de fonds publics ». Il affirma en jouant les hommes affaiblis, « être un homme d’honneur » et expliqua avoir agi selon lui sur les conseils de ses services RH et avoir voulu : « protéger la collectivité d’un éventuel conflit d’intérêts pendant la campagne électorale ». un pieux mensonge, alors que le procureur demandait contre lui, 8 mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amendes et 1 an d’inéligibilité, et contre Alexandra Cordier, 12 mois de prison, 30 000 euros d’amende, 2 ans d’inéligibilité et le remboursement de 80 000 euros (1er octobre 2025). En première instance, le tribunal correctionnel de Besançon osa relaxer les deux bandits de l’ensemble des chefs d’accusation (5 novembre 2025). Le tribunal stipendié déclara reconnaître : « la réalité politique », alors qu’Alexandra Cordier déclarait : « c’est un vrai soulagement que notre vérité puisse être affirmée ». Mais le parquet fit immédiatement appel (7 novembre), renvoyant le procès en appel, qui se déroula le 7 mai 2026. Les nouvelles réquisitions furent contre Fousseret de 10 000 euros d’amende, et contre Alexandra Cordier de 6 mois de prison avec sursis, de 5 000 euros d’amende et la possibilité de garder le reste du magot… La décision de la cour d’appel de Besançon est attendue pour le 9 juillet 2026, en attendant Fousseret et Cordier sont toujours présumés innocents.

Épilogue : lors l’élection municipale de 2020, la liste d’Alexandra Cordier fut battue à plat de couture, n’atteignant pas les 5 %. Jean-Louis Fousseret culotté déclara : « Une liste sans étiquette portée par des jeunes [il était âgé de 74 ans…] n’a pas fonctionné, dommage, car il y avait de vraies valeurs ». Alexandre Cordier (née le 17 juin 1983, à Besançon) avait fait un passage par l’école des créatures du système, l’IEP Lyon (Sciences Po), afin de faire carrière à partir de 2008, à la caisse des Dépôts de Besançon, puis au Conseil régional de Bourgogne. Elle avait ensuite aussi travaillé dans le domaine du livre (2000-2010) et dans le même temps fut nommée directrice du cabinet du maire de Besançon (2008-2019). Elle avait été nommée référente du Parti En Marche pour le département du Doubs (2017), et fut battue lors de l’investiture pour la municipale de Besançon, dans le parti (juillet 2019). Elle avait alors fait sa mauvaise tête, créant sa liste, battue sévèrement à l’élection municipale de 2020. Après avoir dissimulé son activité immobilière, elle poussa ses indemnités jusqu’en 2022. Elle rentra ensuite sous terre, on ne lui connaît pas d’activités politiques, ni de fonctions ou mandats publics, du moins officiellement.

Qu’est-ce que le cabinet Stéphane Plaza ? Stéphane Plaza est un vaste réseau d’agences immobilières, fondé par Stéphane Plaza, un animateur sur M6, avec Bernard de Crémiers (1955-2019) et Patrick-Michel Khider, dont le groupe M6 possède 51 % du capital (2015). En 2022, le groupe avait 670 agences et 690 contrats de franchise en France, pour un CA de 25 millions d’euros. Le groupe était ensuite entré en crise, passant de 670 à 323 agences entre 2022 et 2025. Le CA s’était écroulé en 2024, à 16 millions d’euros, mais avec des bénéfices de 3 millions. Stéphane Plaza fut condamné à 12 mois de prison avec sursis pour des violences conjugales (février 2025), mais l’affaire courre toujours, car il a fait appel. C’est alors que le groupe a décidé de fonder une nouvelle enseigne, Sixième Avenue, qui a ouvert 88 agences (2025-2026). le groupe M6 est possédé quant à lui, par RTL Group, un géant européen des médias basé au Luxembourg et appartenant à l’Allemand Bertelsmann (48,48 %). Les restes des actions sont possédées par CMA CGM de l’oligarque français Rodolphe Saadé (11%), un proche d’Emmanuel Macron et par divers actionnaires et fonds publics. Rodolphe Saadé a été dernièrement fait Officier de la Légion d’honneur (26 février 2026), médaillé par Emmanuel Macron en personne. Ne demandez pas comment Alexandra Cordier put magouiller via le cabinet Stéphane Plaza… tout le monde aura compris le lien.