Les politiciens professionnels sont un fléau de la République française, qui par ailleurs se manifesta dès la Révolution française. Hommes et femmes des partis, ils ne travaillent pas pour les intérêts de la Nation, encore moins ceux du Peuple français, mais « pour le parti ». Saint-Just avait évoqué précocement la problématique, depuis rarement reprise de cette zone trouble de la démocratie : les partis et les factions. Le phénomène s’est aggravé par l’apparition des politiciens professionnels, puis par des lobbyistes dans leurs rangs. Ces derniers servent d’autres intérêts, la finance internationale, des oligarques, des géants des entreprises privées, de l’industrie, de la grande distribution, du tertiaire, etc.
Étienne Chouard est l’un des rares à avoir lancé des réflexions sur la neutralisation de ces politiciens professionnels : mandats uniques, non renouvelables, fin de la présidence, tirage au sort des élus, démocratie participative, référendums d’initiatives populaires, les pistes sont nombreuses. Durant l’Ancien Régime ces personnages influents achetaient des charges à la couronne, qui étaient héréditaires. Après le 9 Thermidor, puis le siècle des révolutions (XIXe siècle), la vie politique fut finalement kidnappée par « la République des Barras et des Tallien », une république bourgeoise, endogame, liée aux intérêts privés susnommés. Ils ne sont pas la majorité de la population, mais cette minorité a confisqué le pouvoir et la plupart du temps les Français ne les connaissent pas, du moins juste par le prisme déformé et propagandiste des médias.
Aujourd’hui j’aborderai le cas de Laurent Nunez, un cas très particulier car il n’a jamais osé se confronter aux Français dans une élection. Pur technocrate et produit de la fonction publique, il passa notamment à l’ENA, avant de faire une longue carrière dans l’institution préfectorale, un temps chef de la DGSI. Le chef des « barbouzes » de la Macronie a été l’un des plus importants responsables des répressions et violences contre les Gilets Jaunes, zélé serviteur du régime, au point de pouvoir être surnommé « la courtisane ». Dans l’Aurore Nouvelle nous aborderons l’histoire de ce pied-noir, artiste de la matraque et « Monsieur Répressions » qui certainement n’hésiterait pas une minute à faire tirer sur le peuple français… Il est référencé comme « un des agents de la CIA » et enterrera sans doute l’enquête dans l’affaire BlackCore…



Mais qui est Laurent Nunez ? Il naquit à Bourges, dans le Cher, le 19 février 1964, dans une famille de pied-noirs ayant fui l’Algérie lors de l’indépendance en 1962. Il fit des études supérieures d’abord classiques, passant par l’université de Tours, pour une licence et une maîtrise en droit général et droit public. Il poursuivit ensuite vers un DESS en gestion des collectivités locales et intégra l’École nationale des impôts (1987), nommé par la suite inspecteur des impôts. C’est plus tard, par un concours interne, qu’il entra à l’ENA, l’École nationale d’administration, souvent dénoncée, promotion 1997-1999. Il affirma s’être lié à l’un des bouchers des répressions contre les Gilets Jaunes, Didier Lallement, qui selon lui : « eut un rôle majeur dans sa carrière ».
L’homme des répressions et violences contre les Gilets Jaunes. Entré dans la haute fonction publique, il fut d’abord sous-préfet de Vesoul, puis sous-préfet de Bayonne, où selon lui : « il s’initia à la lutte contre le terrorisme ». Les nominations suivantes furent celles de directeur de cabinet du préfet de Saint-Denis (2008-2010), puis à un poste stratégique et au même poste, mais pour la préfecture de police de Paris (2012). Il monta encore ne puissance, nommé préfet à une préfecture non moins stratégique, celle des Bouches-du-Rhône (2015-2017). Sous la Macronie, il fut repéré et bientôt nommé directeur général de la sécurité intérieure, la DGSI (2017-2018), devenant un proche d’Emmanuel Macron et invité à des conseils de défense de l’Élysée. De cette proximité, il fut encore nommé secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Intérieur (2018-2020), et fut l’un des responsables et criminels dans la gestion « de la crise des Gilets Jaunes ». C’est lui qui ordonna les violences, défendant l’intervention de la très critiquée Brav-M, la brigade motorisée, unité qui s’en donna à cœur joie dans les violences contre les manifestants.



Ayant tenu la ligne pour empêcher la chute du régime, il fut alors nommé Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNRLT, 2020-2022), un poste rattaché directement à l’Élysée. L’ordonnateur des basses œuvres d’Emmanuel Macron reçut bientôt la préfecture de Paris (2022-2025), après le limogeage du fusible Didier Lallement, suite à des incidents au Stade de France, durant la finale de la Ligue des champions. C’est lui qui fut chargé du dispositif de sécurité durant les JO de Paris (2024), récompensé par la suite par le grade de Commandeur de la Légion d’honneur, l’un des plus hauts de l’ordre, pour : « sa bienveillance sincère et sa rare humilité », selon les termes d’Emmanuel Macron (16 septembre 2025). Cet homme sûr et serviteur zélé, qui n’hésiterait pas une minute à faire ouvrir le feu contre les Français fut alors bombardé Ministre de l’Intérieur (octobre 2025). La propagande affirma : « qu’il ne dormait que 4 heures par nuit avec une sieste de vingt minutes », dans une mise en scène pathétique des « grands serviteurs de l’État », en réalité serviteur tout court du régime. Il a affirmé dans un pays devenu champion d’Europe pour le taux de criminalité que ses priorités étaient : « la sécurité au quotidien, la lutte contre le narcotrafic, la lutte contre les ingérences étrangères ». Il avait été un temps approché pour s’engager en politique, notamment pour une possible candidature aux élections municipales de Bourges (2020), et de fait n’aura jamais affronté les Français dans une élection, un cas rare dans l’aréopage et entourage d’Emmanuel Macron, simplement poussé par « ses services », dans un aspect clientèle désormais hélas une norme dans la politique française.



Les affaires de Laurent Nunez. Il fut mis en cause ou le déclencheur de plusieurs affaires. L’une d’elle fut sa dépose de plainte pour diffamation, suite au 20e anniversaire de la mort des adolescents Zyed Benna et Bouna Traoré, électrocutés à Clichy-sous-Bois alors qu’ils fuyaient un contrôle de police. Plusieurs députés LFI avaient publié des messages « La Police Tue », Nunez s’attaquant ensuite à eux par cette plainte, contre la députée au Parlement européen, Manon Aubry et les députés Paul Vannier, Aurélien Taché et Ersilia Soudais (27 octobre 2025). Manon Aubry a dénoncé une attaque répressive et politique, indiquant que depuis 2005, 162 personnes étaient mortes suite à des contrôles policiers. Laurent Nunez n’en était pas à sa première, puisqu’il avait déposé une plainte similaire contre le député LFI, Aly Diouara (août 2025). Monsieur Plainte s’attaqua ensuite à l’humoriste Pierre-Emmanuel Barré, qui avait déclaré à Radio Nova : « des viols, des mutilations, des meurtres et des mecs qui filment en train de faire tout cela en se marrant, en fait la police et la gendarmerie, c’est Daech avec la sécurité de l’emploi » (9 novembre 2025). Malgré le contexte d’un humour décalé et caustique, Laurent Nunez défiant la liberté d’expression, jusqu’à vouloir étranger « le fou du roi », n’a bougé une oreille en déposant cette plainte, un avertissement pour tous les apprentis Coluche ou Desproges…



Il fut mis en difficulté dans l’affaire BlackCore, une opération de diffamation et d’ingérences numériques visant des députés LFI, pro-palestiniens. L’incident éclata au moment de l’élection municipale 2026, pour les villes de Toulouse, Marseille et Roubaix. Les attaques numériques visaient François Pinquemal, Sébastien Delogu et David Guiraud. Obligé de se pencher sur la question, le ministre avoua que la piste menait à la société BlackCore basée… en Israël, alors que comiquement la presse indiquait que : « les commanditaires étaient inconnus », en l’occurrence puisque le ministre n’osa pas dire le mot : le Mossad (20 mai 2026).. Le même jour, il fut interpellé par la députée Estelle Youssouffa, de l’île de Mayotte, à propos d’un risque de propagation du virus Ebola sur l’île. Enfin, accessoirement, Laurent Nunez était dernièrement suspecté et a été affiché par le site OpenSanctions, comme l’un des « leaders mondiaux et agents de la CIA »… avec 48 autres personnalités françaises.
