Le rapport sur l’audiovisuel public sera rendu public, mais restera probablement sans effet

Le rapport sur l’audiovisuel public sera rendu public, mais restera probablement sans effet

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Je parlais dimanche dernier de la menace qui pesait sur la censure possible du rapport de la commission parlementaire sur l’audiovisuel public, mais la nouvelle est tombée hier : la commission a voté pour sa publication. Les pressions médiatiques étaient très fortes, les médias publics, appuyés par des médias essentiellement de gauche (et du service public), tentaient de décrire le rapport comme une menace « pour la démocratie », présenté « comme une catastrophe ». Des médias d’investigation pourtant en principe lucides, se sont même déshonorés en affirmant qu’il s’agissait : « du dernier obstacle empêchant l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite ».

Des déclarations absurdes, alors que la commission était constituée de 30 parlementaires, avec certes des députés classés à l’extrême-droite (UDR ou RN), mais minoritaires par rapport à la présence de députés de la Macronie (Horizons et Renaissance), des socialistes, des écologistes, des Républicains, des centristes et des députés de la France Insoumise. Son rapporteur Charles Alloncle, député UDR était au cœur du cyclone et de l’attaque des médias, qualifié : « de menteur » ou de « malveillant », voulant la mort « du service public audiovisuel », ou « s’attaquant à des personnalités ».

Dans cet article de l’Aurore Nouvelle passerons en revue le décompte des voix, mais surtout analyserons les conséquences, car un rebondissement est apparu… qui neutralisera certainement le rapport lui-même. Rappelons que les propositions qu’il contient, environ 80, ne sont que facultatives et ne sont que des recommandations… Pour la réforme des médias publics, il faudra donc attendre et le pouvoir pourra continuer à l’utiliser dans la guerre psychologique et cognitive contre le Peuple français sans vergogne…

Le vote de la commission. La commission d’enquête a voté hier, 27 avril, adoptant de justesse la parution publique du rapport parlementaire, par 12 voix, contre 10, avec 8 absentions. Un fait intéressant, dans un contexte de campagne présidentielle déjà commencée, la Macronie est restée prudente, réalisant que si elle prenait position contre le rapport, ce fait deviendrait une puissante arme politique contre elle. Ne pouvant voter pour un rapport qui l’a met en cause très largement, les ordres ont été donnés de s’abstenir. Le vote en faveur du rapport ont été ceux des partis UDR, RN, LR et du président de la Commission, député macroniste du parti Horizons. Ce dernier qui s’est impliqué grandement dans les 6 mois de travaux, ne pouvait sans se désavouer voter contre ou s’abstenir. Sa voix par ailleurs, même retranchée, n’aurait pas pu bloquer le rapport. Les partis qui ont voté contre sont des partis exclusivement de gauche, dans l’idée assez comique, « de défendre le service public », alors que le rapport écorche surtout la Macronie. Les non furent donc ceux des députés LFI, des écologistes et des socialistes. Les absentions ont été celles des partis macronistes, plus le parti du MoDem, parti centriste devenu très proche de la Macronie. Le rapport sera publié le 4 mai, j’essayerai de le décortiquer dans son ensemble pour l’analyser et vous donner sa substance et mon opinion.

Rebondissements et suite plutôt inquiétante. Mais suite au rapport, chaque groupe parlementaire à l’Assemblée nationale pourra joindre au rapport sa propre contribution… Il est déjà question pour le MoDem de produire « un contre-document », le feuilleton parlementaire se poursuivra donc, dans une empoignade qui dépasse et de loin, la seule question de l’audiovisuel public français. Le rapport sera donc contrebattu et sans doute paralysé et ne verra pas d’effets concrets. Il ne comporte en effet que 80 recommandations, qui ne seront pas mis en œuvre. Le débat ici n’est pas plus sur l’ingérence du pouvoir et son utilisation scandaleuse des médias publics, mais exclusivement des kidnappings électoralistes des différents partis. La Macronie doit jouer la montre, au moins jusqu’à la présidentielle 2027. Les partis de gauche, oubliant l’enjeu de la liberté de la presse, sont en train de faire de ce rapport une arme politique, sur un thème cher à la gauche : « défendre le service public », contre le « grand capital », des partis largement compromis avec ce dernier (en particulier le PS, en moindre mesure les écologistes ou LFI). Ils espèrent en faire une cause nationale, en sortant du chapeau… un danger fasciste imaginaire, un de plus, pour de basses raisons électoralistes. Le Parti Les Républicains avait intérêt quant à lui à la publication de ce rapport, car il écorche largement la Macronie, mais aussi avant elle la Gauche Caviar qui était au pouvoir sous François Hollande (2012-2017). Cette gauche de façade a elle même trempé dans les manipulations scandaleuses ayant conduites à la déliquescence des médias publics français.

En résumé, la Démocratie s’arrêtera à la publication du rapport… une empoignade politique est annoncée et paralysera toutes les réformes pourtant nécessaires. Sans doute quelques mesurettes seront décidées, afin de jeter un os à ronger à l’opinion publique et pour ne pas paraître trop ridicule après tant de remous autour de cette commission parlementaire. Rien ne changera donc, sans parler du fait que l’ajout de documents, ou contre-documents au rapport prendront des mois de nouveaux débats stériles, paralysant les actions possibles. Enfin, au terme de la présidentielle, puis d’une nouvelle élection législative, tout cela pourra être avantageusement glissé sous le tapis…