Le Premier ministre britannique, tout juste au pouvoir, nomme un proche allié à l’ambassade la plus prestigieuse du pays. Puis, scandales en cascade : liens avec Jeffrey Epstein, arrestation, et soupçons de trahison. Aujourd’hui, la Chambre des communes pourrait enquêter sur Keir Starmer pour « tromperie délibérée » – un crime politique impardonnable au Royaume-Uni.
Les Lords sont appelés à voter dès mardi. Sir Lindsay Hoyle, le président de la Chambre des communes, a donné son feu vert ce lundi pour ce débat historique. Si le « oui » l’emporte, un comité parlementaire scrutera si Starmer a induit le Parlement en erreur dans l’affaire Peter Mandelson, l’ex-ambassadeur britannique à Washington.
Tromper sciemment le Parlement est l’un des pires manquements pour un député ou un ministre. Dans ce cas de figure, la convention britannique exige une démission immédiate. Avec 403 sièges sur 650, le Labour de Starmer domine. Pour lancer l’enquête, il faudrait donc que des dizaines de ses propres élus e, viennent à trahir la ligne du parti et soutiennent l’opposition – ou s’abstiennent.
Dès 2024, en dépit de plusieurs alertes, Starmer propulse Peter Mandelson – vétéran influent du Labour, cerveau du parti – au poste convoité de Washington. Moins d’un an plus tard, ses liens étroits avec Jeffrey Epstein – le financier américain condamné pour crimes sexuels, mort en prison en 2019 – sont révélés au grand jour. Mandelson est arrêté en février, soupçonné d’avoir livré des secrets d’État britanniques à Epstein.
L’agence de vérification sécuritaire (UKSV) avait torpillé la candidature de Mandelson en raison de ces connexions, déjà connues en interne. Starmer jure n’avoir rien su.
« Aucun rapport négatif ne m’est parvenu, ni à la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper. Mandelson a passé tous les contrôles. » – Keir Starmer, Premier ministre britannique
Il nie également toute pression de Downing Street pour forcer la nomination de Mandelson.
Kemi Badenoch, chef des Tories, hurle au mensonge : « Impossible que le Premier ministre ignore un tel veto sécuritaire ! » Pour elle, Starmer a multiplié les fausses déclarations, nécessitant sa démission. Le scandale, déjà l’un des plus gros de l’histoire britannique, n’en finit plus, pendant que le volet français de l’affaire Epstein, lui, est toujours verrouillé du sceau de l’omerta.
Amine Sifaoui
