Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : le rapport sera-t-il censuré par la Macronie ?

Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : le rapport sera-t-il censuré par la Macronie ?

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Suite à des dysfonctionnements et des faits graves dans l’audiovisuel public, qui ont d’ailleurs été documentés par le média OFF investigation, notamment dans une vidéo parue dernièrement MacronTV, une commission d’enquête parlementaire avait été fondée dans l’Assemblée nationale. Les faits étaient des dénonciations de journalistes et collaborateurs de France TV, notamment d’une femme parlant anonymement, ayant peur des répressions et de la mort sociale qui l’attend si son identité était révélée. Recrutée au moment de l’élection présidentielle de 2022, elle s’était étonnée de la censure, des barrages, des ordres donnés pour orienter l’information en faveur du régime. Il lui avait été répondu que c’était exceptionnel, dans le cadre de la campagne, mais comme elle le révèle, rien ne changea par la suite, la situation s’aggravant.

Ce témoignage était loin d’être le seul, France TV ne fonctionnant plus que sous les ordres de l’Élysée et de censeurs, obligeant les fonctionnaires et journalistes à ne plus faire leur travail, mais à soutenir le régime, par tous les moyens, y compris la désinformation, des articles indignes conçus pour glisser des savonnettes sous les pieds d’ennemis politiques et jusqu’à de fausses nouvelles. La commission a travaillé pendant 6 mois, auditionnant 70 personnes et responsables et fut très médiatisée. Constituée de 30 membres, avec comme rapporteur le député UDR Charles Alloncle, la commission a rédigé un rapport de 400 pages. Il est accablant. Problème la commission votera le lundi 27 avril… pour décider si le rapport doit être publié. En interne beaucoup des membres sont opposés à sa publication, car le scandale qui éclaterait serait un des pires de la Ve République.

Dans cet article de l’Aurore Nouvelle nous reprendrons les derniers faits, alors que le rapport risque de finir dans un placard, sous les pressions que l’on imagine au plus haut niveau du pouvoir : L’Élysée et Emmanuel Macron.

Ce rapport est catastrophique ! C’est la déclaration du président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, un député macroniste du Parti Horizons, mais qui lucide déclarait le 19 avril : « Les François doivent-ils pouvoir le lire ? La réponse est assurément oui ! ». Malgré cette déclaration de façade, les choses sont cependant moins évidente, l’un des membres de la commission déclarait dernièrement anonymement :

« Initialement, ma position était de voter pour ce rapport, car le coût politique de dire que l’on veut censurer le débat me semblait trop important. Mais là, c’est indique de l’Assemblée nationale, ce rapport ne vaut pas grand-chose, il est catastrophique. Il est nul tant sur le fond que sur la forme ! Ce rapport ne veut qu’une chose : fragiliser l’audiovisuel public pour le faire disparaître. C’est une attaque frontale contre l’audiovisuel public ».

Un autre enchérissait en voulant également rester anonyme : « La balle est dans le camp de Charles Alloncle. S’il n’a pas envie qu’on rejette la publication du rapport, il faut qu’il le finalise et qu’il l’amende.Il a le droit d’avoir les propositions qu’il souhaite, mais il ne peut y avoir, comme c’est le cas, d’attaques personnelles, de chiffres manipulés ou de sources suspectes ».

D’autres voix se lèvent dans la commission pour l’enterrer : « son rapport est honteux, le problème ce ne sont pas les préconisations. Nous devons défendre un cadre, qui est celui du respect des personnes, de l’institution et de la vérité. Or, ce cadre a volé en éclats », la source anonyme et peu courageuse dénonçant des « mensonges et des propos diffamatoires ».

A contrario le député RN Laurent Jacobelli déclarait après lecture du texte : « c’est un rapport nécessaire, qui révèle de graves dysfonctionnements du service audiovisuel public et de vraies atteintes à la neutralité ».

Les propositions de réformes du rapport. Le combat se situe aujourd’hui sur le rapport et son contenu, mais aussi sur les propositions du rapporteur Charles Alloncle. Dans les faits la commission d’enquête ne devra voter que sur sa publication et non sur son contenu. Mais les différentes pressions montrent bien que ce contenu n’est pas désiré, encore moins les propositions. Parmi ces dernières voici ce qui a été rendu public (sur environ 80 recommandations diverses) :

Suppression de l’antenne radio Mouv’, du groupe Radio France et dédiée au hip-hop,

Suppression d’un des deux orchestres de Radio France, alors que la radio possède deux orchestres et un cœur pour environ 300 musiciens professionnels et 180 chanteurs.

Ajout dans les contrats de travail des employés d’un engagement de neutralité et d’impartialité,

Réduire des 3/4 le budget alloué aux jeux et aux divertissements de la TV publique (122 millions d’économie),

Réduire le budget des sports de France TV pour le réduire d’un tiers et faire 50 millions d’économie,

Réduire le budget général pour économiser environ 1 milliard d’euros, soit 1/4 du budget alloué à l’audiovisuel public,

Supprimer la chaîne jeunesse France 4,

Fusion de France 5 avec France 2, Franceinfo TV et France 24,

Interdiction de la TV réalité dans l’audiovisuel public,

Fin des nominations sèches par le Président de la République des dirigeants de l’audiovisuel obligé de prendre un avis à la Commission des affaires culturelles de l’Arcom.

Les forces qui voteront lundi prochain. Sur les 30 membres de la commission d’enquête, 9 sont des députés macronistes, 10 sont des députés classés à gauche, dont 4 de la France Insoumise, 2 sont du Parti Les Républicains, 7 sont des partis UDR et RN, enfin 1 est du groupe politique LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-Mer et Territoires), un groupe atypique et plutôt centriste, et un dernier membre n’est aligné dans aucun groupe. En l’occurrence, la décision se fera par le vote des députés de gauche. UDR et FN voteront assurément pour la publication et ceux de la macronie contre… Reste à savoir ce que feront les autres formations alors que les membres déclarent : « que les débats sont houleux »… Réponse ce lundi, si le pouvoir aura réussi à enterrer le rapport et à faire jouer la censure. En attendant la presse aux ordres s’acharne… et fait désespérant Charles Alloncle est accusé de « chercher la censure ». Incroyable accusation inversée… Il restera toujours quelque chose de la diffamation…