Agents d’influence et lobbyistes : le cas de Benjamin Haddad

Agents d’influence et lobbyistes : le cas de Benjamin Haddad

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A l’heure de la guerre psychologique et cognitive féroce qui se déroule sur le plan informationnel, le grand public ignore pour l’essentiel que cette guerre a pris une importance cruciale. L’Occident a été et reste à la pointe de cette offensive menée contre les citoyens de leurs propres pays, mais aussi à l’internationale, sur tous les fronts. Politiciens stipendiés, usines à trolls, faux médias, faux journalistes financés par des services ou des « ONG », lobbyistes de tout poil, ils exercent une pression constante. Cette pression vise à maintenir en place une doxa et un narratif officiel, comme la seule vérité, mais aussi à influer dans leurs pays. Cette guerre se mène à travers le champ politique et informationnel, les médias de masse, la culture, les écrans, notamment par le cinéma, les jeux informatiques, les séries et plateformes TV, les jeux télévisés, la TV réalité, la publicité, le marketing.

Au plus haut niveau des politiciens, des agents, des lobbyistes, des analystes, des experts de plateaux œuvrent dans des partis, des think thank, des ONG, des fondations, des clubs, des réseaux sociaux, mais aussi peuvent se trouver à l’action dans les universités, dans les milieux artistiques, dans les organisations distribuant des prix. Certains agissent plutôt dans des réseaux d’influence dans les sociétés, les entreprises, les industries, les complexes militaro-industriels, les sphères politiques locales, régionales, nationales et supranationales, les industries des technologies de pointe, les sphères universitaires et de la recherche. Dans cette nouvelle rubrique, je vous propose de vous présenter certains de ces agents, leurs biographies sont édifiantes et permettent de comprendre qu’ils sont nombreux et que cette guerre silencieuse existe bel et bien et se déroule sous nos yeux.

Aujourd’hui j’aborderai le cas de Benjamin Haddad, membre de nombreux think thank atlantistes et américains, agent US à peine caché, mais aussi d’Israël ou du proxy ukrainien, il vînt participer à l’agitation et aux émeutes sur le Maïdan US à Kiev (hiver 2013-2014). Il poignarda sa formation politique en 2017, pour rejoindre la Macronie, opportuniste et carriériste sans foi, ni loi. Ayant résidé longuement aux USA, il revint en France pour s’asseoir dans un siège de l’Assemblée nationale, puis récompense ultime fut nommé ministre délégué chargé de l’Europe. Il appela à la continuation du massacre dans la bande de Gaza, se positionnant contre un cessez-le-feu (novembre 2023), déclenchant des remous médiatiques. Il appela aussi dernièrement à la continuation de la guerre… en Ukraine. Voici Benjamin Haddad… agent de l’étranger de premier plan.

Mais qui est Benjamin Haddad ? Il naquit à Paris, le 23 octobre 1985, dans une famille juive, d’un père marocain et d’une mère française. Il fit des études supérieures en passant par l’une des pires écoles de production de « créatures du système », en faisant un Master en affaires internationales à Sciences Po Paris (2003-2008). Il intégra ensuite HEC Paris, dans un autre Master en économie financière. Il commença son parcours politiques dans la droite libérale, à l’UMP et fut même Secrétaire national de l’UMP (2011-2014). Dans les cocktails et lieux de rencontres luxueux de Paris, il renforça son carnet d’adresse, dans l’idée d’une « grande carrière ». Pour se faire, il ne fut pas long à traverser l’Atlantique, comme nous allons le voir.

Il fut précocement un agent de l’étranger et fut l’un des histrions qui vinrent en Ukraine pour supporter la révolution colorée US du Maïdan (hiver 2013-2014), apparaissant très vite dans une foule d’organisations et de think thank très suspects. Immédiatement après « son exploit, il intégra l’Hudson Institut, un think thank atlantiste installé à Washington D.C. (2014-2018), puis l’Atlantic Council (2019-2022), s’infiltrant en France dans les milieux aisés, ultralibéraux et européistes. Il intégra une foule d’autres think thank US, dont Globsec, ou encore l’International Centre for Défence and Security et la SciencesPo American Foundation. Il écrivit un livre aux éditions Grasset : Paradis perdu : l’Amérique de Trump et la fin des illusions européennes » (2019), livre qui fut primé du prix L’Express-BFM 2019.

Benjamin Haddad, un émule du dictionnaire des Girouettes. Pour des raisons de carrière et d’intérêts personnels, il préféra poignarder sa couleur politique et passa immédiatement dans les rangs du parti La République En Marche d’Emmanuel Macron (2017). Il ne tarda pas à devenir son représentant officiel… aux États-Unis, à Washington D.C. Il est fort possible qu’il joua un rôle dans le soutien que l’ex président Obama apporta officiellement à Macron. Cependant, il ne revînt pas immédiatement en France, restant dans un poste secondaire, avant de finalement entamer une ascension au moment des élections présidentielle et législative du printemps 2022.

Il se présenta aux élections législatives (juin 2022), dans la 14e circonscription de Paris, comprenant le quartier des plus fortunés, le 16e arrondissement. Il fut élu sans problème et réélu par la suite à son siège (7 juillet 2024). Il fut intégré à la Commission des AE et à celle des Affaires européennes. Il fut le rapporteur d’une loi : « sur la prévention de la diffusion de contenus terroristes en ligne » (juillet 2022). Il devint aussi le président du groupe d’amitié France-Ukraine. Ces groupes ne sont pas interdits dans les assemblées, au Palais Bourbon ou au Palais du Luxembourg, permettant aux lobbyistes de manœuvrer à la barbe et le sous le nez des citoyens français. Il fut le corapporteur des travaux parlementaires sur la politique migratoire de l’UE, un partisan de l’ouverture en grand des portes européennes et prônant l’entrée de millions de migrants dans l’espace européen. Il fut aussi le cofondateur d’une lettre de plus de 100 parlementaires européens pour quémander plus d’aide américaine pour la guerre du proxy ukrainien (décembre 2023).

L’agent israélien Haddad. La première grande récompense ne tarda pas à tomber, il fut nommé Ministre délégué chargé de l’Europe (septembre 2024, et reconduit dans les différents ministères qui furent formés jusqu’à nos jours. Il ne faisait pas uniquement du lobbying pour les États-Unis ou l’Ukraine, mais aussi pour Israël, défendant bec et ongle la position de Tel-Aviv, provoquant bientôt une polémique et un bras de fer avec Jean-Luc Mélenchon (28 septembre 2024). Après sa nomination Jean-Luc Mélenchon le dénonça comme un agent de Netanyahou. L’ancien ambassadeur de France aux États-Unis et en Israël, Gérard Araud répliqua : « Pour dire clairement ce que vous sous-entendez, ce ministre est… Juif, c’est indigne ». Une basse accusation et un détournement des propos de Mélenchon qui fit du bruit. La France Insoumise répondit : « il s’agit d’une interprétation dévoyée de la déclaration de Monsieur Mélenchon, il n’a opéré aucun lien quelconque, direct ou indirect, ni fait aucune mention à la religion de Monsieur Haddad. Les propos tenus n’avaient vocation qu’à commenter le choix de sa nomination à la lumière de ses prises de position ». LFI rappela la déclaration de Haddad sur France 2 : « Je ne suis pas pour un cessez-le-feu. Israël à le droit de se défendre contre le terrorisme du Hamas, c’est une réponse légitime » (novembre 2023).

Les bas de laine de Benjamin Haddad. Peu de temps après, la BBC révéla qu’il était en possession d’une petite fortune d’environ 2 millions de dollars, alors qu’il avait refusé de révéler ses actifs financiers (2023). Depuis lors le flou règne car contrairement aux ministres, les ministres délégués… n’ont aucune obligation de déclaration de leur patrimoine… La source citée par la BBC, le site de calcul du patrimoine des célébrités, NetWorthList fut ensuite jugée « peu fiable ». Fiable ou non, Benjamin Haddad invité à révéler son patrimoine s’y refusa fermement… Ce refus est évidemment un aveu et sans doute la fortune du lobbyiste est autrement plus importante, sans parler de ses sources de revenu dans le passé, qui probablement menaient vers des fondations et institutions de financements « de la démocratie ». Tout le monde comprendra ce que cela veut dire !