Guerre psychologique et faux médias : le cas de l’OCCRP

Guerre psychologique et faux médias : le cas de l’OCCRP

Facebook
Twitter
WhatsApp

C’est un phénomène qui monte en puissance, celui des faux médias ou faux journalistes, qui sont en fait des agents, des officines de propagande sous contrôle de services secrets, ou financés par des fonds occidentaux. Les premières entités ne se cachaient pas et furent fondées durant la Guerre Froide. Parmi eux citons le 2nd POG (Fort Bragg, 20 décembre 1965), ou le 4e POG (Fort Bragg, 7 novembre 1967). Mais dans la guerre de « coton », souterraine et sourde, les États-Unis ont fondé d’autres centres de la guerre psychologique et cognitive. Très vite sont nés les premiers faux médias, recevant des moyens considérables, ou des « ONG » de la défense de la liberté d’expression… En fait de liberté, il s’agit d’agents stipendiés. L’un des premiers cas démasqués, le fut en Ukraine, avec Inform Napalm, dont des « journalistes » français se réclament encore… Mais il peut s’agir de groupes d’investigations « coopératifs », ou de collectifs de journalistes. Ils indiquent toujours être « indépendants »… mais ont leurs entrées dans différents services.

Aujourd’hui j’aborderai le cas de l’OCCRP, l’Organized Crime and Corruption Reporting Project. Nous partirons dans les méandres des services secrets occidentaux, notamment ceux des États-Unis, ce qui nous lancera sur une sombre histoire d’un faux groupe d’investigation, en réalité entité de la guerre psychologique et cognitive. Cette organisation fut financée par l’USAID, la NED, l’Union européenne, des gouvernements occidentaux, des fondations douteuses, les noms de Rockfeller, George Soros s’étalant avec d’autres… Mediapart fut l’un des premiers à la démasquer, dévoilant des financements occultes, le financement de journalistes stipendiés dont les missions étaient d’attaquer des pays « ennemis » des USA, en particulier la Chine, la Russie, ou le Venezuela, des pays « neutres » comme l’Inde et bien d’autres cibles y compris des alliés… Voici dans l’Aurore Nouvelle, l’affaire de l’OCCRP, avec la révélation des médias qui sont des partenaires de l’organisation en France… vous allez être surpris !

Mais qu’est-ce que l’OCCRP ? Le réseau mondial défini comme : « le plus grand réseau de journalistes d’investigation au monde », fut fondé par Drew Sullivan. L’homme originaire du Texas, aux États-Unis avait fait une carrière d’ingénieur dans le complexe militaro-industriel, notamment spatial, travaillant pour Rockwell Space Systems. Après quelques années, il apparut soudainement comme « journaliste d’investigation », dans le journal The Tennessean, puis dans l’Associated Press. En 2004, il passa en Bosnie-Herzégovine et fonda un premier réseau, le Center for Investigate Reporting, d’abord dans ce pays, puis au niveau européen. Il tissa un réseau important et se lia au journaliste roumain Paul Radu. C’est avec lui qu’il fonda l’OCCRP (2007). Il en fut le rédacteur en chef pendant de longues années, jusqu’en 2023. En réalité un agent secret des USA, il pouvait bénéficier d’informations confidentielles et secrètes, lui permettant de sortir des affaires et de se faire un nom. Il fut par la suite inondé de prix et récompenses, notamment le Prix Pulitzer (2017), après son « travail » des Panama Papers. Il reçut encore le Skoll Award for Social Entrepreneurship, le Global Shining Light Award, l’European Press Prize et malgré l’explosion du scandale (décembre 2024), il reçut encore le Maria Ressa Prize for Courage in investigate Journalism (2025) et fut finaliste pour le Prix Pulitzer (2025).

La révélation que l’OCCRP recevait des financements occultes. L’affaire explosa par le média français Mediapart (2 décembre 2024). Le journal révéla les liens cachés de l’OCCRP avec le gouvernement et les services secrets américains. Il fut dévoilé que l’organisation recevait un financement massif de fonds secrets américains, soit au moins 47 millions de dollars depuis sa création, représentant près de 46 % du budget entre 2014 et 2023. D’autres finances furent identifiées, notamment du Bureau des stupéfiants du Département d’État américain (INL). Enfin, l’OCCRP ne pouvait nommer des personnels clefs sans l’aval de la hiérarchie des services secrets US, bénéficiant d’un droit de veto. Les missions des « journalistes » de l’OCCRP étaient de frapper par des enquêtes bidonnées, falsifiées ou non, des pays « ennemis » des USA, notamment la Chine, la Russie, le Venezuela, mais aussi du monde multipolaire et même des pays « alliés ». D’autres lézardes étaient cependant apparues plus précocement en Allemagne. Deux journalistes, dont John Goetz avaient pisté les liens de l’OCCRP avec le diffuseur public d’informations allemand, le NDR (Norddeutscher Rundfunck). L’enquête avait déjà révélé les manipulations opérées par le groupe de Drew Sullivan, corrompant des structures médiatiques, achetant des journalistes et provoquant la diffusion d’informations fausses, orientées ou manipulées (janvier-août 2023). Pris la main dans le sac, l’USAID, l’un des principaux financiers de l’OCCRP, avoua finalement l’affaire du droit de veto (août 2023). Acculé, Drew Sullivan confirma quelques faits, mais noya le poisson, tout en accusant son équipe de journalistes de fuite. Il s’enfonça un peu plus en leur envoyant des mails assassins, dont certains furent rendus publics (septembre 2023). Pour tenter d’allumer un contre-feu, il accusa alors John Goetz d’être « un agent russe », sortant selon lui cette information : « des services secrets allemands »… mais qui fut bientôt démentie. Il n’y avait pas de connexions russes… Mais dans le cadre de la situation internationale, l’enquête allemande fut alors censurée, avec des attaques pendables dans la presse, afin de faire taire les investigateurs. Ce fut alors que Mediapart acheva de dévoiler la vérité (décembre 2024).

La panique dans le système des faux médias et journalistes. Les révélations parties de France créèrent une onde de choc internationale. L’Inde prit des mesures et accusa l’OCCRP d’être : « un outil médiatique du gouvernement US pour déstabiliser l’Inde ». L’Inde affirma que dans l’approche des élections, l’organisation avait tenté d’influer dans l’opinion indienne, avec des réseaux de l’opposition. Gênée, les Américains nièrent tout en bloc. En Hongrie, le Bureau hongrois de protection de la souveraineté publia un rapport accusant l’OCCRP : « d’être des mercenaires de la Commission européenne »… L’organisation, dans le déni complet nia tout en bloc. Le coup de grâce fut donné par une enquête du média The European Conservative, qui révéla que la Commission européenne finançait effectivement l’OCCRP (novembre 2024). Elle avait versé 604 269 euros à l’OCCRP, via un programme écran de « formation pour journalistes d’investigation ». Des formations imaginaires… Le député allemand Petr Bystron dénonça ce financement occulte, alors que d’autres journalistes s’emparaient de l’affaire, notamment Thomas Fazi indiquant : « que l’Union européenne créé une machine de propagande en finançant des médias favorables aux récits pro-européens ». Là encore l’OCCRP nia tout en bloc, ainsi que la Commission européenne.

La fin de l’USAID. Le scandale fut tellement important, qu’à l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’USAID fut démantelé (janvier 2025). L’analyse des enquêtes de l’OCCRP démontra que les enquêtes ne visaient qu’un petit groupe de pays : la Russie, la Chine, le Venezuela, ou des paradis fiscaux, comme la Suisse, Chypre, le Panama ou le Luxembourg. Coincé, Drew Sullivan avoua que les fonds américains étatiques ne pouvaient être utilisés : « sur des scandales domestiques américains ». Une vidéo de Samantha Power apparut ensuite sur Internet, où elle déclarait : « en tant qu’ancienne responsable de l’USAID, je me félicite d’avoir financé une ONG journalistique nominée pour le Prix Nobel »… Problème, le Prix Nobel est lui-même suspecté d’être totalement sous contrôle. En Allemagne, la NDR cessa sa collaboration avec l’OCCRP, mais la plupart des enquêtes furent muselées. En France, Mediapart ne termina jamais le travail, notamment en établissant la liste des médias, journalistes et réseaux qui touchaient de l’argent de l’OCCRP. En Suisse, une plainte de la banque Reyl fut déboutée, elle portait sur la violation du secret bancaire, montrant que l’OCCRP n’avait de toute façon aucun moyen pour atteindre un tel niveau d’information, sauf à bénéficier des informations de services secrets.

Épilogue. L’OCCRP n’a nullement été démantelée par Trump. Drew Sullivan s’est replié sur des projets similaires de manipulations, notamment le programme Revenue Axis (2025), pour dixit : « renforcer la viabilité financière des médias membres de l’OCCRP », le programme Reporters Shield, un programme de défense contre les poursuites-bâillons (SLAPP), le projet Floodlight (2022), un programme qui : « connecte le journalisme d’investigation à l’industrie du divertissements », en particulier, le cinéma, les maisons de production de séries, le jeu informatique… L’OCCRP fut épinglée dernièrement en Serbie, pour des infiltrations et manipulations dans ce pays (août 2025) et Drew Sullivan continue de sévir…

Quels sont les journaux ou journalistes membres de l’OCCRP en France ? Le principal partenaire en France de l’OCCRP est le journal Le Monde… dont le propriétaire est l’ancien roi du porno du Minitel Rose, Xavier Niel. L’homme est un ami très proche d’Emmanuel Macron, les faits ont été largement commentés par OFF Investigation. Le gouvernement français, piochant dans les impôts des contribuables français est aussi l’un des principaux financiers de l’OCCRP, ce que révéla Mediapart. Les autres pays qui financent le faux réseau d’investigations sont la Suède, le Danemark, la Suisse, la Nouvelle-Zélande ou encore la Slovaquie. Parmi les soutiens publics de l’OCCRP, notons le Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères… Mediapart avait été un temps membre de l’OCCRP, selon ses propres dires : « sans savoir à l’époque ce que nous pouvons aujourd’hui révéler ». L’organisation n’a pas fini de faire parler d’elle, dans l’impunité que lui offre… les agents des services qui composent l’organisation partiellement (les têtes), la masse étant celle des marionnettes manipulées, ou simplement « financées ».

Voici la liste avouée par l’OCCRP des organisations qui travaillent avec elle… pour la France, la section est vide… Pour les agents travaillant dans l’OCCRP, l’organisation ne publie que la liste de « ses collaborateurs », là encore très incomplète. Enfin, officiellement l’OCCRP indique qu’avant la mi 2025… elle recevait de l’argent du gouvernement US… mais « presque plus » de nos jours, ce qui est un pieux mensonge (il est vrai qu’autrefois les millions déferlaient sur l’OCCRP). Cependant elle est obligée de publier une partie des donateurs. Parmi eux se trouvaient les entités suivantes, alors que l’organisation ne publie pas de chiffres récents (mais ceux de 2022-2023) :

Le Dutch Postcode Lottery,

L’European Instrument For Democracy and Human Rights,

La fondation Ford,

La fondation German Marshall Fund,

Les MAE français, britannique et danois,

La NED, National Endowment For Democracy, entité de la CIA,

La fondation OAK,

L’Open Society Foundations, de Georges Soros,

La fondation Rockfeller,

Trois agences équivalentes de l’USAID ou la NED, des États suédois, américain et slovaque,

Le Département d’État américain (entre les mains de Trump actuellement),

La fondation suisseNicolas Puech, fondée par le milliardaire français Nicolas Puech, qui a été renommée depuis Fondation Isocrate (ou Isocrates Foundation). Le changement de nom a été décidé suite au scandale de l’OCCRP… Nicolas Puech était le propriétaire et l’héritier de la maison de luxe Hermès.

    La liste plus actualisée et officielle des derniers donateurs est sur cette page. On peut y trouver des « petits nouveaux », notamment :

    Le MAE de la Nouvelle-Zélande,

    La fondation MacArthur,

    La Network of European Foundations,

    La Patrick J. McGovern Foundation,

    Et caché sous son nouveau nom… la Fondation Isocrate, celle du fameux Nicolas Puech… le plus comique est que la fondation a pour objectif : « de combattre la désinformation ».

    Parmi les « journalistes » stipendiés en France ou le monde francophone :

    Sana Sbouai, franco-tunisienne, fondatrice du journal d’investigation Inkyfada, Tunisie, cadre de l’OCCRP depuis 2021, pour l’Afrique du Nord.

    Le Projet Daphne, France, initiative « collaborative », rassemblant des journalistes stipendiés, avec des journalistes de Le Monde, de Radio France et de France Télévisions,

    Forbidden Stories, organisation française basée à Paris, spécialisée dans : « la poursuite des enquêtes de journalistes menacés, emprisonnés ou assassinés ».