1,8 milliard de dollars bloqués : le coup de frein judiciaire qui embarrasse Trump

1,8 milliard de dollars bloqués : le coup de frein judiciaire qui embarrasse Trump

Facebook
Twitter
WhatsApp

Un juge américain a suspendu in extremis la création d’un fonds géant de 1,8 milliard de dollars voulu par Donald Trump. Objectif affiché du président ? Indemniser ses proches et alliés victimes de ce qu’il appelle un « acharnement gouvernemental ». Mais ce fond controversé, qui pourrait aussi bénéficier à certains émeutiers du 6 janvier, fait grincer des dents… y compris dans le camp républicain.

Ce vendredi, un tribunal fédéral du district est de la Virginie a gelé la décision de l’administration Trump de créer un fonds d’indemnisation baptisé « Anti-Weaponization Fund » – littéralement, le fonds « anti-acharnement » – doté de près de 1,8 milliard de dollars.

Le juge a interdit à l’exécutif de « prendre toute nouvelle mesure » pour mettre en place ou gérer ce fonds, en attendant d’examiner plus en détail les arguments juridiques des parties. En clair : l’argent ne sortira pas tout de suite.

L’idée, officiellement, est de dédommager celles et ceux que l’entourage de Trump présente comme des cibles d’une « utilisation abusive de la loi » et d’un « gouvernement armé » contre des citoyens. Derrière ces termes flous se cachent en réalité des enquêtes et poursuites judiciaires menées contre des alliés du président.

Le fonds, supervisé par un comité de cinq membres, devait être alimenté dans le cadre d’un accord à l’amiable entre la Maison-Blanche et l’administration fiscale américaine (IRS), après la fuite des déclarations d’impôts de Donald Trump. Un détournement de fonds ? C’est en tout cas ce que dénoncent les opposants.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est l’indignation provoquée par l’identité des bénéficiaires potentiels. Car selon l’ordonnance du juge, le fonds aurait pu profiter à des personnes condamnées pour leur rôle dans l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021.

« Cela signifierait que des contribuables américains paieraient des indemnités à ceux qui ont attaqué le cœur de notre démocratie », s’insurge un groupe plaignant, qui s’est empressé de saisir la justice.

Ce collectif, qui se dit victime de « l’administration Trump-Vance en tant qu’opposants idéologiques », estime qu’il serait lui-même exclu du fonds… tandis que des émeutiers violents pourraient toucher le jackpot.

L’affaire devient politiquement explosive. Non seulement elle est contestée par les associations de défense des droits, mais elle provoque aussi des remous chez les alliés naturels de Donald Trump. Plusieurs sénateurs républicains ont exprimé leur gêne, voire leur colère, à l’idée que de l’argent public serve à récompenser des actions qualifiées par la justice d’« insurrection ».

« On ne combat pas l’acharnement judiciaire par un chéquier alimenté par le contribuable », a glissé un élu républicain sous couvert d’anonymat.

Reste à savoir si le juge rendra sa suspension définitive dans les prochaines semaines.

Amine Sifaoui