OTAN : le « plan Rutte » pour l’Ukraine fait naufrage

OTAN : le « plan Rutte » pour l’Ukraine fait naufrage

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La proposition du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, visant à contraindre chaque État membre à consacrer 0,25 % de son PIB à l’aide militaire à l’Ukraine, a sombré.

C’est ce qu’on appelle un revers. L’initiative que Mark Rutte espérait faire entériner lors du sommet d’Ankara en juillet 2026 serait déjà écarté. Le principe, pourtant simple : demander à chaque allié de consacrer au moins 0,25 % de son PIB à un fonds spécial pour l’Ukraine. C’était sans compter l’opposition de plusieurs capitales européennes.

Parmi les meneurs de la fronde, Londres et Paris – deux pays pourtant considérés comme les soutiens les plus fervents de Kiev sur le Vieux Continent. Comme le rapporte le Telegraph en citant des sources de l’Alliance, la résistance est telle que le secrétaire général lui-même a dû en prendre acte.

« Je ne crois pas que cela aboutira, la résistance est trop forte sur ce chiffre de 0,25 % », a-t-il confié au Kyiv Independent.

À l’inverse, une poignée de pays plaident pour la mesure. Les Pays-Bas, la Pologne, les nations nordiques et baltes – soit environ sept États membres – dépassent déjà ce seuil, selon les données de l’Institut de Kiel. Mais dans le fonctionnement de l’OTAN, où la règle de l’unanimité est reine, cela ne suffit pas.

L’enjeu, pour Rutte, est avant tout politique : répartir l’effort de guerre. « Aujourd’hui, six ou sept alliés supportent l’essentiel de l’aide », a-t-il martelé. Derrière la formule, une critique voilée des grandes puissances européennes, accusées de faire le minimum syndical.

Un tableau récapitulatif des dépenses pour l’Ukraine et par pays en pourcentage du PIB, croisé aux contributions au budget européen s’impose.

Danemark2,75% (1er)Contributeur net
Estonie2,63% (2e)Bénéficiaire net
Lituanie1,91% (3e)Bénéficiaire net
Lettonie1,64% (4e)Bénéficiaire net
Suède1,42% (5e)Contributeur net
Pays-Bas0,93%Contributeur net
Pologne0,68%Bénéficiaire net (1er bénéficiaire des fonds de cohésion)
Allemagne0,53%Contributeur net
France0,23%Contributeur net

Evidemment, si l’on ne fait que prendre les pays qui souhaitent continuer à contribuer financièrement et militairement au conflit ukrainien, l’on voit que les pays de l’Est, Baltes et Scandinaves sont presque tous dans le top 5. Mais il faut également prendre en compte leur statut et leur participation au budget européen pour avoir une vue d’ensemble.

Prenons la France par exemple. Officiellement, Paris consacre déjà presque 0,25 % de son PIB à l’Ukraine, mais est très loin des dépenses de l’Estonie, deuxième donateur à l’Ukraine en pourcentage du PIB (2,63 %). Pour autant, la France est déjà contributeur net au budget européen, tandis que l’Estonie, elle est un bénéficiaire net.

L’Estonie donne donc l’argent du contribuable français et des autres pays contributeurs nets… Elle apparait pourtant comme le modèle à suivre pour l’OTAN tandis que l’on fait mine de s’étonner que la France soit opposée à une mesure qui la forcerait à donner encore davantage, annuelement à Kiev, tout en ccontinuant d’être contributeur net au budget européen, lequel finance déjà l’Ukraine.

Une situation qui démontre une fois de plus que la France doit nécessairement quitter l’OTAN ET l’UE.

Amine Sifaoui