Readiness 2030 : plan de préparation de guerre des pays européens contre la Russie

Readiness 2030 : plan de préparation de guerre des pays européens contre la Russie

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Ce plan a été été officialisé par la Commission européenne en octobre 2025, les dirigeants européens déclarant : « renforcer les capacités de dissuasion et de défense de l’Europe », mais des dirigeants européens comme Kaja Kallas ont été plus explicites sur les objectifs du plan : « d’ici 2030, l’Europe a besoin d’une posture de défense suffisamment forte pour dissuader ses adversaires et répondre à toute agression, il s’agit d’un plan pour maintenir la paix, le danger russe ne disparaissant pas, même si la guerre en Ukraine se terminait ». Les bruits de bottes sont désormais bien réels en Europe, alors que les plans de « défense » apparaissent surtout comme des plans offensifs et menaçants, dans une escalade à l’armement qui rappelle les années 30.

Le plan n’est pas passé inaperçu, tandis que le Président Emmanuel Macron déclarait à ce sujet : « nous avons désormais une stratégie pour réarmer pleinement l’Europe, nous rééquiper et retrouver pleinement notre indépendance dans les cinq ans à venir ». Le Président Macron n’a cependant pas précisé ce qu’il entendait par « indépendance », un mot étrange dans le contexte réel de la situation. Sans doute voulait-il indiquer que les pays occidentaux en détruisant leurs armées après la chute de l’URSS, s’étaient abandonnés dans les mains de Washington pour leur défense. Cependant, le mot est aussi révélateur et derrière ce dernier se trouve une trahison des dirigeants français et européens, ayant abandonné leur souveraineté. Elle ne peut être en effet garantie que par des capacités militaires défensives et offensives, seules capables de garantir cette indépendance. Elles ont été justement rognées ou démantelées… par les mêmes qui agitent aujourd’hui des drapeaux guerriers.

Dans cet article de l’Aurore Nouvelle, nous passerons en revue les différentes étapes annoncées par ce plan, ainsi que les manœuvres finalement souterraines, mais aussi politiques visant à créer une menace et un climat guerrier pesant sur le continent. La population européenne cédera-t-elle à la peur ?

Eastern Flank Watch. Cette partie du plan concerne officiellement le renforcement des défenses le long des frontières orientales de l’Union européenne, dixit : « sur terre, en mer Baltique et mer Noire ainsi que l’espace aérien contre les attaques hybrides ». Le projet est le premier qui doit être mis en œuvre, au premier semestre 2026, avec un lancement en juin 2026. Le problème des « frontières orientales » selon les dirigeants européens concerneraient la Finlande, la Suède, les trois états baltes, L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, mais la citation de la mer Noire implique donc des mesures similaires pour la Roumanie, la Bulgarie et avec l’intégration du proxy moldave. Dans ce dernier pays, des troupes occidentales se trouvent déjà l’arme au pied, notamment des forces françaises. La problématique est que la Moldavie ne fait pas partie de l’UE et ne pourrait pas y entrer avant bien longtemps, les normes imposées par l’union ne pouvant être mises en place qu’après de longues années. Le pays est par ailleurs avec l’Ukraine, le plus pauvre d’Europe et ne remplit aucun des standards exigés. Les pays occidentaux, en plus du Royaume-Uni qui n’est plus dans l’union ont par ailleurs installé une base navale et de forces spéciales dans le pays voisin, en Roumanie.

La présidente moldave Maïa Sandu avait tenté de faire le forcing en déclarant à la presse britannique qu’elle espérait l’annexion de la Moldavie à la Roumanie (janvier 2026). Cependant, suite à des sondages, elle a dut reculer quelques semaines plus tard, la population se montrant hostile à ce projet. L’annexion aurait eu l’avantage pour l’Union européenne de contourner la problématique de son intégration tardive. En cas de réponse positive des sondages, la présidente se proposait de déclencher un référendum, ce qui aurait éliminé tout le processus d’intégration à l’UE, en intégrant la Moldavie directement dans l’Union européenne, via la Roumanie. De fait, ce coup de force aurait permis également d’annuler les traités et accords signés avec la minorité gagaouze et surtout avec la République du Dniestr. Le plan ayant échoué, la présidente Sandu avait ensuite affirmé que l’important restait : « l’intégration dans l’Union européenne ».

European Drone Defence Initiative. Le plan a été décliné en plusieurs échéances et objectifs qui ont été commentés, alors que les forces françaises et européennes ont un retard considérable dans de nombreux domaines. La priorité serait d’abord jusqu’en 2027, de créer un système de défense européen contre les drones, capable de détecter, suivre et neutraliser les drones. Ce programme utopique a été dénommé l’European Drone Defence Initiative. Il est l’une des priorité alors que les armées européennes sont très largement en retard sur la question des drones. Les pays les plus expérimentés sont la Russie et l’Ukraine, mais des pays comme la Turquie, l’Iran ou Israël produisent déjà des drones efficaces aux fonctions diverses, l’Europe restant à la traîne. Elle bénéficie toutefois du retour théorique de l’Ukraine, qu’elle finance dans sa guerre contre la Russie et des programmes sont lancés pour la production de drones, comme le cas de la firme Renault.

Renault s’est lancé dans la production de drones militaires dans le cadre du projet CHORUS, en partenariat avec l’entreprise Turgis Gaillard et sous l’égide de la Direction générale de l’armement, la DGA. Un drone tactique de longue portée avec une munition téléopérée. L’assemblage a débuté et se fait dans l’usine Renault du Mans, les moteurs étant produits à Cléon dans la Seine-Maritime. La cadence annoncée était de 600 drones par mois, mais les engins pour un coût élevé de 12 à 120 000 euros. Ces drones seraient censés atteindre la vitesse importante de 400 km/h et voler à plus de 5 000 mètres d’altitudes, mais jusqu’à présent ces annonces sont invérifiables. Le contrat signé à Turgis Gaillard était important, plus de 90 millions d’euros. Cependant, la France n’a d’ailleurs toujours pas formé de troupes dronistes, les seules armées au monde à avoir créé cette arme, sont la Russie, l’Ukraine, l’Iran (qui fut la première), la Corée du Sud, la Pologne et la Biélorussie. Deux autres pays ont annoncé avoir de tels projets, l’Espagne et le Royaume-Uni. La France quant à elle, n’a toujours pas bougé…

European Air Shield and Space Shield. L’avant dernier projet du plan était de renforcer les capacités de défense aérienne et spatiale, cependant cette partie du plan n’a pas été pour l’instant ni révélé, ni défini entre les pays membres de l’Union européenne. Le Président Emmanuel Macron avait toutefois fait des déclarations étranges, notamment de prédiction d’une guerre spatiale après la guerre en Ukraine. L’événement est récent lors d’une inauguration du QG du Commandement de l’Espace à Toulouse (12 novembre 2025), il avait déclaré : « La guerre d’aujourd’hui se gagne déjà dans l’espace et la guerre de demain commencera dans l’espace, l’espace n’est plus un sanctuaire, il est devenu un champ de bataille ». Pour se faire, il avait annoncé une enveloppe supplémentaire de 4,2 milliards d’euros, pour : « des activités militaires spatiales sur la période 2026-2030 », ainsi que 16 milliards d’euros pour des programmes spatiaux civils d’ici 2030. L’ennemi combattu par la France dans l’espace entre 2026 et 2030… n’a toutefois pas été précisé !

Pour le Président Macron, la nouvelle stratégie spatiale de la France à l’horizon de 2040, reposerait sur 5 piliers : l’accès autonome à l’espace, l’industrie et les compétences, la science et l’exploration, la coopération européenne et les capacités stratégiques de défense. Pour cette guerre, Macron avait l’intention de déployer des satellites « patrouilleurs », afin : « de contrer les menaces en orbite », des engins qui seraient équipés de lasers et de brouilleurs pour neutraliser « les cibles hostiles sans créer de débris ». Ces projets sont multiples, en particulier le projet TOUTATIS, de satellites manœuvriers, le projet YODA, d’un nanosatellite,, dans le sein du projet global ARES, l’Action Résilience Spatiale du Ministre des Armées. Enfin d’autres projets sont annoncés, mais parfois en coopération avec l’Allemagne, comme le projet JEWEL, de détection et de traque des missiles, ou le projet de radar terrestre AURORE, qui serait le plus grand radar de surveillance déployé en Europe. Dans le même temps au niveau européen cette « stratégie » a été avalisée par le Conseil ministériel de l’Agence spatiale européenne, l’ESA, à Brême en novembre 2025. Elle a été dotée de 22,1 milliards d’euros sur trois ans (2026-2028). Là encore tout cela a été justifié par Macron par : « la menace que représente la Russie ».

Achats conjoints d’armements. Enfin le dernier aspect du plan était celui d’acheter en commun au moins 40 % de leurs armes, afin de réduire les coûts d’ici à 2027. En effet, depuis de nombreuses années, des pays européens s’étaient détournés des producteurs européens, pour acheter à l’étranger, notamment aux USA. Un problème qui avait créé de fâcheries, notamment après l’entrée de la Pologne dans l’Union européenne qui s’était empressée d’acheter de l’équipement… à Washington. Les armées européennes sont donc en ordre dispersé, mais l’ambition ici est moins guerrière que de remplir les carnets de commandes des groupes d’armements européens, en particulier français et allemands… La guerre a toujours été d’abord une affaire d’argent. Il est toutefois intéressant de noter que le Président Zelensky appelait de ses vœux une guerre contre la Russie (13 novembre 2025), dans une interview donnée à un média britannique. Il parlait même d’une « grande guerre » et que la Russie se préparait à lancer une offensive massive contre l’Union européenne avant 2030… Un scénario délirant mais qui est intéressant, dans un narratif commun, ou toutes les nations européennes parlent de guerre contre la Russie, mais ce dernier pays ne parlant jamais de guerre contre l’Europe et démentant formellement avoir de tels plans. Une voix dissonante s’était élevée en Europe, celle de Viktor Orban parlant de préparations inverses, à savoir des préparatifs européens pour déclencher une guerre contre la Russie, avant 2030.

Le discours est donc un dialogue de sourds, où des milliards sont dépensés pour une guerre qui est annoncée, mais uniquement par l’Occident. D’importantes manœuvres médiatiques ont été remarquées à cet égard dans les médias occidentaux, pour préparer l’opinion publique à ce conflit. Le narratif était déjà en place bien avant l’opération militaire spéciale russe en Ukraine, mais s’est intensifié à cette date. Par la suite, des attaques fictives sous faux drapeaux ont été mises en scène de manière assez intense, autour de drones, de la flotte « fantôme » russe, de menaces sur la Suède, le Danemark, la Pologne, les pays baltes, ou même la France, à travers des vols de drones, ou encore une épidémie des médias français de voir des « espions » un peu partout sur son territoire. Pour tenter de motiver les citoyens, des tentatives ont été faites en France dans les médias, jusqu’à des sondages dans la population. Ces sondages orientés et sortis tout droit de la propagande atlantiste, voire ukrainienne, mirent en exergue que 76 % des Européens considéraient l’invasion russe… comme une menace, mais la question du sondage était biaisée et la question aurait plutôt du être : « pensez-vous que la Russie va envahir l’Europe ? ». Si les dirigeants européens veulent assurément la guerre avec la Russie, pour l’instant l’opinion publique résiste, plus ou moins fortement dans les différents pays. Pour tenter de les convaincre, politiques et médias surfent toutefois sur la peur, alors que 69 % des Européens pensaient que leur pays n’était pas capable de se défendre contre « une invasion russe ». Cette peur pourrait bien les entraîner… à accepter une agression qu’en réalité les populations redoutent plus que tout, avec raison. Une fois la boîte de Pandore ouverte, il ne sera plus temps de se plaindre.