Boris Pistorius a raison sur un point : les Européens doivent assumer davantage de responsabilités pour leur sécurité. À ceci prêt que ce n’est pas à l’UE d’assumer cette responsabilité, mais aux Etats membres, à l’échelon national. L’« Alliance » reste structurée autour d’une forte présence américaine et d’une dépendance persistante des Européens aux capacités des États-Unis, du renseignement à la dissuasion. On parle du départ de 5 000 militaires américains d’Allemagne, sur environ 36 000 rien que chez notre voisin. Une dépendance voulue par l’Oncle Sam, dès la Seconde Guerre mondiale, et rendu possible par la corruption des élites et le placement de petits pantins.
L’idée d’une armée européenne se heurte à des obstacles que les responsables politiques évitent de nommer. Les décisions de défense restent nationales, les doctrines divergent, les industries se concurrencent et les budgets ne suffisent pas à créer une chaîne de commandement réellement intégrée. Même au sein de l’Union européenne, les projets les plus ambitieux avancent lentement, freinés par les rivalités entre États et par la question de la souveraineté.
Autrement dit, parler d’une OTAN dirigée par les Européens revient à vendre une architecture qui n’existe pas. Reuters indique d’ailleurs que les discussions sur une « Europe-led NATO » reposent sur une montée en responsabilité européenne, mais avec un maintien clair de la présence américaine et sans rupture avec la structure actuelle.
C’est là que la formule devient politiquement utile. Elle permet de répondre à Washington sans admettre que l’Europe n’est pas prête et n’a aucune volonté de remplacer les États-Unis. Il y a là une faiblesse réelle des moyens des Etats membres, elle-même recherchée et organisée par Washington et Bruxelles. Le mythe d’Etats souverains, trop petits, trop faibles, pour faire face à la mondialisation et aux menaces diverses sert directement à affaiblir les Etats et à les plonger dans une fédéralisation européenne qui les rend faibles.
L’annonce d’un retrait de 5 000 troupes américaines d’Allemagne ne prouve donc pas la naissance d’une défense européenne souveraine. Il rappelle surtout que notre voisin, comme l’UE dans son ensemble, vit avec des forces armées d’une puissance étrangère sur son sol. De quelle « autonomie stratégique » parlons-nous lorsque l’on n’est pas capable de sanctuariser son propre territoire ?
La seule ambition crédible à court terme n’est pas une OTAN transformée en alliance européenne, mais une sortie de l’Union européenne, de l’OTAN (et non du seul commandement intégré) et de l’Euro. Sans cela, la véritable souveraineté, l’indépendance, n’est qu’une fable. Une organisation comme l’UE ou l’OTAN ne fait que se nourrir de la puissance, des capacités et de la souveraineté de ses Etats membres. Une situation de fait qui rend donc incompatible l’indépendance de ses membres.
Là où les pantins tels que Macron parlerons de en même temps, il faudra toujours comprendre qu’il s’agit de au détriment de. On ne peut avoir une souveraineté européenne et en même temps nationale. La première, si tant est qu’elle puisse exister, se ferait uniquement au détriment de la seconde.ités et de la souveraineté de ses Etats membres. Une situation de fait qui les rends donc incompatibles avec l’indépendance de ses membres.
Là où les pantins tels que Macron parlerons de en même temps, il faudra toujours comprendre qu’il s’agit de au détriment de. On ne peut avoir une souveraienté européenne et en même temps nationale. La première, si tant est qu’elle puisse exister, se ferait uniquement au détriment de la seconde.
Amine Sifaoui
