Les politiciens professionnels sont un fléau de la République française, qui par ailleurs se manifesta dès la Révolution française. Hommes et femmes des partis, ils ne travaillent pas pour les intérêts de la Nation, encore moins ceux du Peuple français, mais « pour le parti ». Saint-Just avait évoqué précocement la problématique, depuis rarement reprise de cette zone trouble de la démocratie : les partis et les factions. Le phénomène s’est aggravé par l’apparition des politiciens professionnels, puis par des lobbyistes dans leurs rangs. Ces derniers servent d’autres intérêts, la finance internationale, des oligarques, des géants des entreprises privées, de l’industrie, de la grande distribution, du tertiaire, etc.
Étienne Chouard est l’un des rares à avoir lancé des réflexions sur la neutralisation de ces politiciens professionnels : mandats uniques, non renouvelables, fin de la présidence, tirage au sort des élus, démocratie participative, référendums d’initiatives populaires, les pistes sont nombreuses. Durant l’Ancien Régime ces personnages influents achetaient des charges à la couronne, qui étaient héréditaires. Après le 9 Thermidor, puis le siècle des révolutions (XIXe siècle), la vie politique fut finalement kidnappée par « la République des Barras et des Tallien », une république bourgeoise, endogame, liée aux intérêts privés susnommés. Ils ne sont pas la majorité de la population, mais cette minorité a confisqué le pouvoir et la plupart du temps les Français ne les connaissent pas, du moins juste par le prisme déformé et propagandiste des médias.
Aujourd’hui j’aborderai le cas de Jean-Noël Barrot, un cas d’école d’un politicien professionnel venant d’une famille d’apparatchiks. C’est une véritable dynastie de politiciens professionnels, prouvant la naissance d’une aristocratie oligarchique « républicaine », occupant les places, les fonctions et confisquant le pouvoir. Il fut comme Macron l’homme des Américains, partant « enseigner » aux USA, mais aussi un autre pion de la haute finance, à l’exemple de Macron qu’il rallia immédiatement (2016). Poussé jusqu’au poste stratégique de Ministre des AE, il a montré depuis un triste visage, demandant la démission de Madame Albanese à l’ONU, support presque éhonté aux tueries de Palestiniens et à Israël, ainsi que des propos russophobes difficilement maîtrisés, sans parler de l’annonce de sanctions contre des citoyens français pro-russes, montrant aussi une facette d’apprenti dictateur, et d’inquiétants signes d’un danger pour la liberté d’expression en France.
Voici dans l’Aurore Nouvelle, le cas du chambellan de la Macronie, l’aristocrate de la République, Jean-Noël Barrot…



Mais qui est Jean-Noël Barrot ? Il naquit à Paris, dans le 14e arrondissement, le 13 mai 1983. Il venait au départ d’une famille honorable, son grand-père Noël Barrot était un résistant et fut un député à l’Assemblée nationale du département de la Haute-Loire. Son père Jacques devait suivre cette voie de la politique, devenant un invité permanent de l’Assemblée nationale pendant 30 ans. Il fut ministre à plusieurs reprises et vice-président de la sinistre Commission européenne (2004-2009), puis membre du contesté Conseil constitutionnel (2010-2014). Par népotisme, le père poussa bien vite le fils dans la même voie, pour une troisième génération de politiques, à la manière des grandes familles aristocrates de la Rome Antique. Sa mère étant originaire de la région de Lausanne, Suisse, il obtînt de droit la nationalité suisse. Sa sœur Hélène Barrot devint directrice de communication pour la firme américaine sulfureuse UBER, pour les marchés ouest et sud-européens (2022). La compagnie fut particulièrement mise en cause en France, mais supportée par Emmanuel Macron, l’homme du capital américain, elle ne put jamais être mise hors de nuire.



Des études, au milieu endogame et jusqu’aux portes de la politique. Il fit des études au très sélect lycée Henri IV de Paris, dans une classe préparatoire économique et commerciale. De là, il passa par HEC Paris (2007), puis par l’une des pires usines de production de créatures du système : Sciences Po Paris, pour un master en : « gouvernance économique » (2008). Il continua ensuite vers un master en sciences économiques, à l’École d’économie de Paris (2008), puis fit un doctorat en sciences de gestion et finances, toujours à HEV Paris (2012). Il s’envola pour les États-Unis, où il fut professeur assistant de finance à la Sloan School of Management du MIT, le Massachusetts Institute of Technology (2013-2017). De ce passage obligé, parcours que fit également Emmanuel Macron entre les mains de leurs maîtres américains et atlantistes, il revint vite en France, pour être recruté toujours par népotisme, professeur associé à l’HEC Paris (2018-2022). Malgré son éloignement, son père l’avait introduit en politique, aussi fut-il élu conseiller départemental de la Haute-Loire, le fief familial, pour le canton d’Yssingeaux (2015-2017). C’est par les milieux de la finance et « américains », qu’il avait été présenté à Emmanuel Macron, aussi se rallia-t-il à lui dans l’instant et supporta sa candidature à la présidentielle (2016-2017).



L’apparatchik de la Macronie. Il se présenta à l’Assemblée nationale, parachuté dans les Yvelines et fut élu dans la 2e circonscription, avec le score de 58,3 % des voix, sous les couleurs d’En Marche et le support du MoDem (20217-2022). Il devenait donc la troisième génération de Barrot à grenouiller à l’Assemblée nationale, une tradition familiale, montrant bien la dérive de la création d’une aristocratie politique républicaine, paralysant la politique, monopolisant les places et le pouvoir. Il fut nommé vice-président de la commission des Finances, puis encore réélu en 2022, et enfin en 2024. Entre temps il n’avait pas hésité à cumuler un mandat, devenant conseiller régional d’Île-de-France, pour les Yvelines (depuis 2021). Il entra dans un autre parti macroniste, le MoDem de François Bayroux, dont il devint le porte-parole national (2018), le secrétaire général (2018-2022) et le vice président (juillet 2022 à nos jours). L’histoire ne dit pas s’il s’agissait d’un plan et d’une stratégie familiale, ou la dispersion des macronistes dans d’autres partis, comme le MoDem ou Horizons, afin d’en prendre le contrôle et de multiplier les influences et les étiquettes. Cette stratégie électoraliste est intelligente, car les macronistes peuvent ainsi danser sur plusieurs pieds, en ne tuant pas leur influence dans un parti unique, comme ce fut le cas par l’usure du temps, du PS, ou du RPR (UMP, Les Républicains).



Le chambellan de la Macronie. Dès lors, il fut élevé au poste de Ministre délégué chargé du numérique et des télécommunications (4 juillet 2022), annonçant se mettre en congé de son poste de professeur à HEC, mais aussi se décharger des dossiers concernant UBER, en raison de l’emploi stratégique de sa sœur dans l’entreprise américaine. Quelques jours plus tard, l’enquête UBER files fut publiée et brossait un portrait au vitriol d’UBER et ses magouilles en France (via la Macronie, 11 juillet 2022). Dans l’intermède, il fut de nouveau élu à son siège de député (2024), mais aussi nommé Ministre délégué chargé de l’Europe, la grande affaire… américaine. A l’Assemblée, il avait été élu à la tête de la commission des Affaires étrangères (20 juillet 2024), puis bientôt Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (septembre 2024). Il fut reconduit à ce poste par ce cher ami Bayroux (décembre 2024), puis de nouveau par Sébastien Lecornu (mai et octobre 2025). Il se montra vite scandaleux, visitant la Syrie du gouvernement djihadiste syrien (janvier 2025), puis pris des positions pro-ukrainiennes de plus en plus appuyées, avec un discours proche de la haine vis-à-vis de la Russie (se déshonorant d’ailleurs dans la propagation d’autres fakes news). Il avait également pris des positions controversées en faveur d’Israël, demandant la démission de Madame Albanese à l’ONU.



Les affaires de ce bon Jean-Noël. Son père étant décédé en 2014, il était devenu de longue date le « chef de famille » et manqua de près d’être mis en cause dans l’affaire des UBER Files (juillet 2022, 124 000 publiés et montrant une stratégie de lobbying agressif et illégal en France). Même en s’étant déchargé de ces dossiers à son arrivée au gouvernement, des voix s’élevèrent sur les conflits d’intérêts possibles et l’emprise de lobbyings via des politiques français comme Jean-Noël Barrot. Il fut mis en cause ensuite dans l’affaire Fabrice Aidan (février 2026), un diplomate français mouillé jusqu’au cou dans l’affaire du pédophile et agresseur sexuel Epstein. Sa gestion de l’affaire impliquant le diplomate français fut mis en cause, alors qu’il avait demandé très tardivement une enquête sur le fonctionnaire impliqué (11 février 2026). Avec l’affaire Albanese, et le soutien presque notable de Barrot au génocide des Palestiniens dans la bande de Gaza, sa popularité fut durement touchée, des citoyens demandant sa démission immédiate… Il fit encore pire un peu plus tard, en annonçant des sanctions contre deux citoyens français pro-russes, Xavier Moreau (décembre 2025), puis Adrien Bocquet (mars 2026), en supportant la fausse nouvelle et la manipulation du vrai faux massacre de Boutcha en Ukraine. Les avocats et une partie de l’opinion publique furent choqués par le fait : « qu’être pro-russe n’est pas un délit, ni un crime », alors que Jean-Noël Barrot était pris la main dans le sac pour des répressions politiques et des manœuvres visant à étouffer la liberté d’expression.
