L’échec du nouveau système biométrique européen

L’échec du nouveau système biométrique européen

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Entre la foule estivale, une chaleur écrasante et les disfonctionnements du nouveau système biométrique européen, le port de Douvres a frôlé la paralysie. Mais face à la colère des passagers et l’engorgement des quais, la France a du faire un pas de côté.

A Douvres, c’est un véritable échec logistique qui a accueilli les milliers de voyageurs britanniques prêts à traverser la Manche. Longues files d’attente sous un soleil de plomb, familles coincées dans les voitures, ferries qui partent sans leurs passagers…

La raison de ce chaos ? Le nouveau système d’entrée/sortie (EES) de l’Union européenne, censé moderniser les contrôles aux frontières… mais qui, pour l’instant, produit l’inverse du résultat escompté.

Concrètement, ce dispositif oblige chaque voyageur non-européen à donner ses empreintes digitales et une photo la première fois qu’il pénètre dans l’espace Schengen. Sauf que… les machines françaises n’étaient pas encore opérationnelles. Résultat : chaque contrôle prenait un temps fou.

Face à l’engorgement, les autorités britanniques du port de Douvres ont réclamé une solution aux autorités françaises. La Police aux Frontières (PAF) a actionné l’article 9 du règlement européen. Un texte qui permet, en cas de crise, de suspendre temporairement les contrôles biométriques.

« Les vérifications classiques restent en place, mais le processus est désormais nettement plus rapide », a salué le port de Douvres, dans un communiqué.

Résultat : les bouchons se sont fluidifiés en quelques heures. Les voyageurs ayant raté leur traversée à cause de l’attente ont pu embarquer gratuitement sur les ferries suivants.

Sur les réseaux sociaux, le port annonçait dès samedi soir un trafic de nouveau fluide.

Ce week-end de tous les excès (canicule + vacances + nouveau système européen) a révélé une fragilité : l’EES n’est, à l’évidence, pas encore prêt à passer l’épreuve du terrain. Les autorités françaises et britanniques promettent des ajustements. Comme quoi, avoir la maîtrise de ses propres frontières, avec son système national n’est pas signe de lenteur et dd’innéficacité. A contrario, l’EES, outil européen, vanté par Bruxelles, n’est pas opérationnel. Signe que la France devrait vraiment être souveraine.

Amine Sifaoui