Le gouvernement roumain chute

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Mardi, le Parlement roumain a renversé le gouvernement de coalition par une motion de censure. Une crise politique qui rebat les cartes : le Parti national libéral (PNL), dirigé par Ilie Bolojan, quitte la majorité et devient une force d’opposition déterminée. Explications.

C’est un séisme politique qui vient de secouer Bucarest. Mardi, le gouvernement roumain, fragilisé par des mois de tensions sur fond de corruption, d’intégration européenne et d’engagement otanien, a été renversé par une motion de censure votée au Parlement. Résultat : une coalition explosée, des alliances inattendues et un nouveau rapport de force qui se dessine.

Au cœur de cette recomposition, le Parti national libéral (PNL), membre du Parti populaire européen, annonce qu’il ne sera plus un allié du Parti social-démocrate (PSD). Dorénavant, les libéraux d’Ilie Bolojan – figure montante du parti – joueront la carte de l’opposition.

Dès mardi soir, la commission exécutive du PNL a tranché : le PSD n’est plus « un partenaire fiable ». L’ex-alliance libéralo-socialiste, censée garantir la stabilité politique du pays, a volé en éclats. Et le coup de grâce est venu de là où on ne l’attendait pas : le Parti social-démocrate s’est allié avec l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) pour faire tomber… le gouvernement dont il faisait pourtant partie.

« Le PSD a lui-même saboté la coalition qu’il avait contribué à former, accuse le PNL dans une déclaration officielle. Il est désormais seul responsable de la crise politique et du chaos institutionnel qui s’annonce. »

La Roumanie, confrontée à l’inflation, à des tensions sociales et à des échéances européennes cruciales (fonds de relance, Schengen…), ne peut se permettre une paralysie durable.

Le PSD et son nouvel allié, l’AUR, doivent désormais former un gouvernement. Une entreprise périlleuse, tant leurs différences idéologiques sont profondes. Dans ce vide politique, le PNL se pose en recours possible, tout en laissant ses adversaires assumer leurs contradictions.

Pour l’OTAN, l’enjeu est réel. Sur le flanc est de l’Alliance, la Roumanie est un maillon essentiel. La Roumanie abrite le plus grand chantier de base militaire de l’OTAN en Europe (sur la mer Noire), ainsi qu’un système antimissile américain à Deveselu. Pour l’heure, le président Nicușor Dan (pro-européen) promet de maintenir une politique alignée sur l’OTAN et Bruxellesle, mais l’AUR, de plus en plus plebiscitée par les citoyens, carresse l’idée d’un basculement.

En Roumanie, la chute du gouvernement n’est peut-être que l’acte d’ouverture d’une séquence politique très mouvementée.

Amine Sifaoui