La presse française s’était acharnée sur le rapport de la Commission sur l’audiovisuel public, une commission parlementaire dont le rapporteur était Charles Alloncle, député UDR, une formation politique classée dans les alliés du Rassemblement National. La commission avait été créée suite à d’importantes dénonciations sur les dysfonctionnements de l’audiovisuel public, notamment de France TV, grand groupe médiatique étatique, un organe de la propagande française et moquée comme étant : « Macron TV ». D’anciens employés du groupe avaient révélé des pressions du gouvernement, l’impossibilité de travailler normalement, de la censure et des manipulations de l’information au profit du gouvernement et du système de la Macronie.
Bien que la commission n’était pas formée que de Charles Alloncle, présidée par un député de la Macronie, du Parti Horizons et constituée de 30 députés, représentants les diverses tendances politiques, dont le Parti Socialiste, la France Insoumise, Renaissance, Horizons, l’UDI, Les Républicains, Les Écologistes, ou l’UDR et le RN, Alloncle était dans le viseur depuis déjà quelques semaines. Il n’était pas certain que le rapport puisse être publié, mais dans un vote serré, la commission avait décidé dernièrement de publier ce rapport (27 avril), provoquant un remous médiatique important. Pour ne pas paraître vouloir censurer le rapport, dans un contexte de campagne présidentielle 2027, la Macronie avait botté en touche en s’abstenant durant le vote. Mais le rapport était décrit comme mettant un coup de pied dans la fourmilière et le pouvoir ne pouvait chercher qu’une vengeance, même si sa parution n’aura que des conséquences légères à long terme.
En effet, si le rapport sera publié ces jours et disponible à tous les citoyens français, ce qu’il révélera est déjà connu de longue date : une utilisation éhontée et antidémocratique des médias publics par l’Élysée, à des fins partisanes et dans la guerre psychologique et cognitive qui est menée contre les populations françaises. Jamais la France n’avait connu un contrôle si absolu des médias, alors que ceux du public sont financés… par l’État français par des subventions, ou que les autres sont entre les mains d’oligarques et millionnaires puissants, proches du pouvoir et souvent d’Emmanuel Macron. Une telle situation de censure et de contrôle n’avait pas été observée en France, depuis l’État de Vichy, avec une dégradation nette ces dernières années. Dernièrement sur le média d’investigation OFF investigation, l’ex journaliste de France 2, Jacques Cotta livrait un témoignage accablant (23 avril 2026).
Penchons nous dans l’Aurore Nouvelle sur la plainte déposée contre Alloncle et la manœuvre politique en cours !


Alloncle dans le viseur de la Macronie. Obligée de faire profil bas, la Macronie avait toutefois lâché les chiens, mais pas contre la commission d’enquête, mais en ciblant depuis un moment Charles Alloncle. L’assaut était venu d’abord de la gauche, PS, LFI et Écologistes sur la thématique de « défense du service public », qui était faussement défini comme « en danger ». De manière sournoise et subtile, les médias publics ont depuis des semaines ciblés le rapporteur de la commission, Charles Alloncle, en insistant systématiquement sur ses liens supposés avec l’extrême droite et sur « une haine et hostilité » du service public. L’assaut a été lancé par une étrange association, AC !! Anti-Corruption, qui a déposé plainte contre le rapporteur pour : « prise illégale d’intérêts et trafic d’influence », qui a été envoyée au Parquet national financier (2 mai 2026). Dans le même temps, la diffamation et le discrédit ont été jetés sur le député, le média de propagande France Info, republiant une dépêche non signée de l’AFP, l’agence de presse publique française, sous contrôle de l’Élysée (Macron en nomme le directeur). Cette dépêche déclarait :
« Son comportement pendant les six mois de commission contredit cette thèse d’Alloncle qui dénonce des accusations ridicules visant à discréditer son travail. Sa posture lors des auditions marquées par une hostilité systématique envers l’audiovisuel public est identique à celle suggérée par le groupe Bolloré dans ses listes, affirme au contraire la plainte que l’AFP a pu consulter. Celle-ci rappelle que le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) s’est interrogé sur France Inter le 28 avril 2026 sur son impartialité suggérant qu’il ait pu agir par commande de personnes qui veulent racheter l’audiovisuel public à vil prix ou le voir disparaître ».


Alloncle et le rapport dans l’œil du cyclone. Le rapport devait être publié ce jour, en fin de journée, ou demain matin, ce qui pose question également sur le calendrier de cette plainte. Elle est évidemment motivée politiquement. Bénéficiant du front républicain, la commission a été réduite au seul Charles Alloncle, pour la discréditer et avec elle, le fameux rapport. La plainte n’est pas venue, il y a quelques semaines en pleine commission, mais les commanditaires ont attendu le résultat du vote de la commission, sur la publication ou non du rapport (27 avril). Quelques jours plus tard, mais avant la parution du rapport, pour jeter un discrédit complet sur le rapport, cette association s’est empressée de déposer une plainte (2 mai). L’AFP n’a pas publié l’information immédiatement mais aujourd’hui au petit matin (4 mai), pour allumer un contre-feu et « griller » le rapport qui lui ne sera publié que dans quelques heures. La manœuvre est à la fois grossière pour des observateurs expérimentés, mais le grand public n’est pas dans la capacité d’analyser ce qui se passe devant leurs yeux. Alloncle par ailleurs n’est qu’une victime sacrificielle, il n’a pas d’importance réelle, mais son appartenance à l’UDR est du pain béni pour la Macronie, car il peut être enfoncé via la diffamation des iSTES : fascistes, complotistes, souverainistes, gauchistes, etc., selon la cible à détruire.




AC !! Anti-Corruption, mais qui est derrière cette association ? C’est bien là le problème, car si l’association se présente comme apolitique, elle n’a en réalité agit que dans des attaques visant seulement deux formations politiques : le RN et l’UDR. L’association fut fondée par un certain Marcel Claude en juin 2021, définie : « comme le fer de lance de cette lutte dans le Grand Est ». Marcel Claude est un ancien commerçant qui est originaire de Pont-à-Mousson, installé à Sainte-Geneviève et qui se consacre depuis environ 2015, « à la lutte contre la corruption en politique ». Il fut un moment le référent départemental de l’association Anticor, dont il fut exclu et mis à la porte pour des raisons inconnues. C’est alors qu’il fonda AC !! Anti-Corruption en 2021. Comme commerçant, l’homme gérait un magasin de produits bios, connu pour ses positions à gauche, voire très à gauche, mais martelant « être apolitique ». L’association s’était distinguée en portant plainte contre Jordan Bardella et le Rassemblement National (décembre 2025), puis désormais contre Charles Alloncle, membre de l’UDR. Que cherche l’association dans ces manœuvres ciblées ? C’est bien là la question, entre désir d’attirer l’attention, des subventions publiques, des adhérents, mais des commanditaires de la plainte sont possible, alors que l’association n’a pas mené beaucoup d’actions et se disait concentrée « sur le Grand Est ». Fin 2022, elle grenouillait dans un obscur salon du livre, distribuant des brochures, pour passer à ces plaintes au niveau national, avec l’absence d’autres formations attaquées, sauf celles classées à l’extrême droite. Si je ne suis pas et de loin, de cette couleur politique, ni d’aucune par ailleurs, force est de constater que l’association ne semble pas lutter véritablement contre la corruption des politiques, mais contre des politiques pour leurs opinions politiques…
L’offensive lancée sur Alloncle tuera certainement le rapport, du moins enterrera son utilité et importance, alors que la commission n’avait aucun pouvoir de décision. Le rapport en effet n’apporte que des « recommandations », tandis que les groupes politiques dans les assemblées pourront ajouter à ce rapport leurs propres recommandations… après un nouveau débat. Autrement dit rien ne changera dans la situation catastrophique des médias publics, le débat traînera en longueur, dans des bavardages futiles, et Charles Alloncle sera crucifié sur la place publique, afin de faire taire tous ceux qui dorénavant auraient l’outrecuidance de mettre en cause le service public et surtout derrière lui : le gouvernement, le pouvoir et le système.

