Les politiciens professionnels sont un fléau de la République française, qui par ailleurs se manifesta dès la Révolution française. Hommes et femmes des partis, ils ne travaillent pas pour les intérêts de la Nation, encore moins ceux du Peuple français, mais « pour le parti ». Saint-Just avait évoqué précocement la problématique, depuis rarement reprise de cette zone trouble de la démocratie : les partis et les factions. Le phénomène s’est aggravé par l’apparition des politiciens professionnels, puis par des lobbyistes dans leurs rangs. Ces derniers servent d’autres intérêts, la finance internationale, des oligarques, des géants des entreprises privées, de l’industrie, de la grande distribution, du tertiaire, etc.
Étienne Chouard est l’un des rares à avoir lancé des réflexions sur la neutralisation de ces politiciens professionnels : mandats uniques, non renouvelables, fin de la présidence, tirage au sort des élus, démocratie participative, référendums d’initiatives populaires, les pistes sont nombreuses. Durant l’Ancien Régime ces personnages influents achetaient des charges à la couronne, qui étaient héréditaires. Après le 9 Thermidor, puis le siècle des révolutions (XIXe siècle), la vie politique fut finalement kidnappée par « la République des Barras et des Tallien », une république bourgeoisie, endogame, liée aux intérêts privés susnommés. Ils ne sont pas la majorité de la population, mais cette minorité a confisqué le pouvoir et la plupart du temps les Français ne les connaissent pas, du moins juste par le prisme déformé et propagandiste des médias.
Aujourd’hui j’aborderai le cas de Marine Tondelier, un cas d’école d’une politicienne professionnelle n’ayant quasiment jamais travaillé de son existence. Cumularde de mandats éhontée, elle n’a cessé de se présenter à des élections pour les accumuler à tous les niveaux : commune, communauté de communes, département, région, législatives et européennes. Elle a réussit à en cumuler jusqu’à 4, tous rémunérés avec un salaire, en plus d’un 5e comme Secrétaire générale d’EELV. Voici donc dans l’Aurore Nouvelle, le parcours de Marine Tondelier, une apparatchik du système parmi des centaines d’autres…



Mais qui est Marine Tondelier ? Elle naquit le 23 août 1986, à Bois-Bernard dans le Pas-de-Calais. D’une famille de la bourgeoisie aisée, ses parents étaient médecin et dentiste. Elle fit des études supérieures, faisant une classe préparatoire littéraire, puis entrant dans une des pires écoles du système, l’Institut d’études politiques de Lille (Sciences Po Lille), bientôt diplômée dans Master II en gestion des établissements de santé (2009). Elle fit des stages très divers, notamment à l’ambassade de France à Stockholm, puis à l’Inspection générale des affaires sociales (l’IGAS) et à la Direction de l’écologie hospitalière de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris.
Un cas emblématique des politiciens professionnels. Elle s’encarta dans le Parti Europe Écologie Les Verts (2009), et ne tarda pas à commencer une carrière politique. Elle fut d’abord la collaboratrice parlementaire de la sénatrice EELV, Aline Archimbaud (2011-2015). Elle fut immédiatement intégrée au conseil fédéral du parti (2011 à nos jours), entrant ensuite dans le bureau exécutif (2016 à nos jours). De cette antichambre de la politique, elle tenta de se faire élire, essuyant de nombreux échecs. Elle commença par les élections législatives, dans le Pas-de-Calais, réalisant 1,63 % des voix (2012). Au plus petit niveau, elle réussit à obtenir un premier mandat, comme conseillère municipale d’Hénin-Beaumont (2014 à nos jours), puis celui de conseillère à la communauté de communes d’Hénin-Carvin (2014 à nos jours). Ayant cumulé ces deux mandats, elle espéra en rafler un troisième, au niveau des départementales, dans le canton de Hénin-Beaumont, réalisant seulement 6,5 % des voix (2015).




Elle continua son travail de collaboratrice parlementaire, mais passa au service de Cécile Duflot, députée et ancienne ministre du logement (2015-2017). Elle s’essaya alors aux élections régionales, toujours dans le Pas-de-Calais, bombardée tête de liste, elle réalisa 4,83 % des voix (2015). Elle se représenta aux législatives, 11e circonscription du Pas-de-Calais, réalisant 3,55 % (2017). En désespoir de cause, elle tenta de se faire élire au Parlement européen, 74e sur la liste de son parti au niveau national et fut élue, malgré un score modeste de sa liste (13,48 %, 2019-2022). Déjà en cumul de trois mandats, elle en rafla bientôt un quatrième, élue conseillère régionale des Hauts-de-France (2021 à nos jours), puis essayant même d’en occuper un cinquième… Elle se présenta aux législatives, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, mais échoua au 2e tour contre Marine Le Pen (37,6 % des voix, 2022). la consécration vînt avec un 5e mandat, dans le sein de son parti, où elle fut élue avec 90,8 % des voix, Secrétaire nationale du Parti EELV (décembre 2022 à nos jours). Elle n’osa pas toutefois garder son mandat européen et démissionna de cette fonction (décembre 2022), pour se consacrer disait-elle : « à ses mandats nationaux ».



Des accusations persistantes venant d’autres partis. Cette ascension lui apporta très vite l’attention des médias, bientôt mise en scène un peu partout. Le Time Magazine l’intégrant dans le Top 100 dénommée « 100 Next » des personnalités de premier rang (octobre 2024), alors qu’elle annonçait sa candidature pour la présidentielle de 2027 (octobre 2025). Elle avait été rattrapée par quelques affaires, notamment dans sa gestion contestée de l’affaire Julien Bayou (2022-2025), des accusations persistantes de son racisme (2023-2026) et qualifié par une personnalité du Parti LFI comme « la Karen ». Ce terme anglo-saxon péjoratif désigne une femme blanche d’âge mûr, au caractère intransigeant, autoritaire et prompte à se plaindre, tout en ayant des réflexions et actions discriminatoires et violentes (2023). Cependant ces attaques doivent être relativisées, car elle avait pris des positions critiques contre Israël et elle était perçue par LFI comme un danger politique, dans le cadre justement des futures élections à venir (municipales de 2026, présidentielle de 2027).
Arrogance et mépris. Cependant, les accusations de violences furent confirmées par un comportement hallucinant lors du Salon du Made In France (novembre 2025). Interrogée par le journaliste Paul Gasnier, chroniqueur de l’émission Quotidien (TMC), elle avait perdu patience, lui avait arraché le micro des mains, avant de s’en aller en lui lançant un méprisant : « Ciao ! ». Problème, la scène était filmée et devint virale sur les réseaux sociaux.
Paul Gasnier interrogé raconta : « elle m’a arraché le micro des mains et ça c’est un geste qu’aucun journaliste ne ferait à un politique et pourtant elle s’est permis de le faire. Elle nous donne une leçon de journalisme, évidemment, qui est un domaine qu’elle connaît mieux que nous, elle a fait quelque chose d’hallucinant et de problématiques. Madame Marine Tondelier, si vous ne voulez plus qu’on vous parle de Jean-Luc Mélenchon, cessez de vous comporter comme lui avec les journalistes ».
Ne supportant pas la contradiction, les reproches vinrent aussi à la même époque de son propre parti. Les accusations les plus fréquentes sont d’abord celle que je présente dans cet article : une apparatchik de la politique, mais aussi un verrouillage du parti, avec un changement des règles de vote interne, pour la faire réélire au congrès de 2025. Enfin, elle est accusée de rechercher en permanence les médias… Sur ce dernier point, rappelons qu’Emmanuel Macron fut élu par un battage massif de la presse. Peut-être espère-t-elle placer son parti en meilleure position à gauche, dans une concurrence féroce avec la gauche Caviar (PS) et LFI. Elle militait officiellement pour une candidature unique à gauche (Front Populaire 2027), projet qui prend déjà l’eau…



Les revenus de Marine Tondelier. Actuellement elle occupe encore 3 mandats nationaux, plus celui dans son parti.
Conseillère des Hauts-de-France : 2 722,58 euros sans autre fonction dans une commission permanente. Mais elle est justement membre de la commission permanente sur la famille, la santé, l’action sociale, la citoyenneté et la vie associative. Le salaire monte alors à 2 994,84 euros/
Conseillère municipale d’Hénin-Beaumont : aucune indemnité.
Conseillère de la communauté de communes d’Hénin-Carvin : aucune indemnité.
Secrétaire générale du Parti Les Écologistes : elle s’était infiltrée comme déléguée général de la fédération Atmo France (2022, où elle touchait un revenu). De fait, grâce à cette démission, elle touche des indemnités comprises entre 3 500 et 4 500 euros. Cependant, un article révélait qu’elle bénéficiait également de frais et d’indemnités situés entre 500 et 1 000 euros supplémentaires. Le parti s’était beaucoup endetté et avait souffert de pillages de ces chefs politiques provoquant le scandale des rémunérations de ses chefs de file (Jean-Vincent Placé et François de Rugy, 2015).
Total : en plus de toutes ses fonctions qu’elle ne peut évidemment pas assumer toutes réellement, son salaire se situe donc entre 7 000 et 8 500 euros.
