Ukraine : le tonneau des Danaïdes français

Ukraine : le tonneau des Danaïdes français

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Une enquête exclusive de Laurent BRAYARD

Depuis la révolution du Maïdan, l’Ukraine s’est installée dans l’actualité en France, dont les gouvernements successifs, ceux de François Hollande et Emmanuel Macron ont apporté des financements, des aides diverses humanitaires, militaires, matérielles, logistiques qui ont un coût énorme. Les autorités françaises sont très discrètes sur les sommes englouties dans le tonneau des Danaïdes ukrainien, pour des raisons compréhensibles de contrôle de l’opinion publique, pour l’essentiel dans l’ignorance des milliards engloutis. Dans cet opinion publique et dans un pays ravagé économiquement, étranglé par une dette colossale de 3 700 milliards d’euros, la moindre communication sur la vérité de ces dépenses colossales et sans retour est une épine dans le pied du régime français.

La population française ignore par ailleurs que ces aides n’ont pas commencé en 2022, mais bel et bien dès 2015, surtout après les fameux Accords de Minsk II signés par François Hollande, alors que la France se portait garante de ces derniers. Nous allons essayer dans cette grande enquête d’éclairer les lecteurs sur les coûts réels, qui sont pour l’essentiel cachés et dont les médias français se gardent bien de communiquer les montants. L’affaire est d’ailleurs compliquée par plusieurs curseurs, notamment le fait que la France donne de l’argent via l’Union européenne et plusieurs entités, des fonds de financements pour l’armement et la guerre de l’Ukraine, des fonds pour le réarmement de la France (un effet domino), des fonds multiples pour le financement de l’humanitaire, des énergies vertes, de la logistique, sans parler du fourniment de données des satellites français pour la guerre ukrainienne.

Voici donc dans l’Aurore Nouvelle une tentative de décompte, des pistes, des sources, qui ne sont pas exhaustives, il y a dans cette forêt des zones d’ombres, car le gouvernement français s’ingénie à cacher la vérité, le scandale serait d’ailleurs énorme au vu de la situation économique et financière de la France. Dans l’absolu, le vrai financier de l’Ukraine est le contribuable européen et au premier chef, le contribuable français. Dans cet article vous apprendrez l’effarante gabegie, la somme estimée jetée par la fenêtre par les présidents Hollande et Macron pour l’Ukraine, alors que quelques voix se sont élevées pour dénoncer le scandale et évoquer le glouton ukrainien, vorace et affamé que l’Élysée ne cesse d’engraisser en faisant les poches des citoyens français. Avec la corruption endémique de Kiev l’argent et les matériels disparaissent d’ailleurs partiellement dans les limbes ukrainiennes…

Quels sont les chiffres officiels des financements français de l’Ukraine ? Pour la période depuis 2022, le Ministère des Armées de la France a annoncé une première aide militaire directe, des équipements militaires, pour 2,615 milliards d’euros (2022-2023). Cependant toujours selon le ministère, la France a fourni une aide militaire et financière bilatérale, pour une somme de 8,6 milliards d’euros (2022-2025), ainsi qu’une aide via l’Union européenne de 4,9 milliards d’euros, selon l’Institut Kiel en Allemagne (pour la période de janvier 2022-décembre 2024). Avec la quote-part des fonds donnés à l’Union européenne pour l’Ukraine et également l’accueil des réfugiés, le même institut chiffre l’aide française à environ 20 milliards d’euros, pour la période 2022-2025.

Cependant cette somme n’est pas la somme totale du coût pour la France, car le régime français a aussi versé 1,2 milliard d’euros à l’organisme de la Facilité européenne pour la paix (European Peace Facility), servant à rembourser les États membres pour leurs livraisons d’armes à l’Ukraine. Parmi les aides qui s’ajoutent encore à la facture, notons une dépense de 94 millions d’euros pour des générateurs, des réparations d’infrastructures, environ 500 millions d’euros pour financer de l’aide humanitaire et des millions d’euros pour l’accueil des réfugiés ukrainiens en France.

A ce sujet la somme comprend les aides sociales en argent et nature donnés aux réfugiés, le coût de scolarité des nombreux enfants, le coût des aides diverses pour les familles, notamment l’hébergement, les soins de santé gratuits, les transports gratuits, la couverture sociale gratuite et d’autres aides matérielles diverses (estimée au total à plus de 5 milliards). Par la suite, alors que les États-Unis avec l’arrivée de Donald Trump se désengageait du financement massif de la guerre de l’Ukraine, la France fut obligée d’allonger encore 2 milliards d’euros d’aide militaire supplémentaire (2025) et a été l’un des principaux financiers européens pour le don de 90 milliards d’euros à l’Ukraine (2026), se gardant d’annoncer sa propre contribution. Les 27 pays européens sont concernés, mais des résistances ont permis à des pays de l’union de résister, notamment la Slovaquie ou la Hongrie. D’autres font partie des pays les plus pauvres et ont des difficultés économiques sévères, notamment la Grèce, la Bulgarie ou la Roumanie. Enfin, d’autres pays sont très modestes en taille et moyens, comme les trois États baltes, Chypre, ou Malte. La part de la France est probablement très importante, probablement autour des 20 milliards d’euros. Rien que ce décompte amène déjà la somme à 48,79 milliards d’euros. Cette somme est toutefois contestée et le média français France Soir estimait le coût total à 71,5 milliards… Il est intéressant de constater que des médias français se sont déshonorés en donnant des chiffres ridicules, comme dans cet article de l’Echo, un journal… reprenant les informations de Statista et de l’Institut Kiel, lui même financé par l’Union européenne.

Tentons d’y voir plus clair. Le document est scandaleusement mensonger et n’a comme seul objectif que de tromper l’opinion publique française. Il place d’ailleurs la France bonne dernière dans ce top 10, afin d’amuser la galerie. Tous les chiffres contenus dans ce document sont faux, affirmant qu’il s’agirait de l’aide totale accordée à l’Ukraine depuis le 24 janvier 2022, jusqu’au 31 décembre 2024. En réalité le document donne les chiffres partiels officiels pour 10 pays, en tentant de glisser sous le tapis de nombreux autres financements, des sommes vertigineuses. Une voix en France s’est exprimée sur le mensonge de l’État français, celle d’Hervé Hannoun, un ancien haut fonctionnaire, qui fut directeur général adjoint de la banque de France et conseiller technique de l’Élysée sous Mitterrand. C’est lui qui a donné l’estimation la plus proche de la vérité, en chiffrant cette aide au minimum à 71,5 milliards d’euros (décembre 2025). Selon lui, la France aurait participé via l’Union européenne pour un montant d’environ 19 milliards, donné 8 milliards pour l’aide militaire, 5,5 milliards pour les réfugiés, 40 milliards via l’OTAN et par les fonds européens comme la Facilité européenne pour la Paix, d’autres milliards pour le don des avions Mirage, des dons futurs déjà avancés pour la période 2028-2034 et enfin sa part pour les 90 milliards d’euros donnés à l’Ukraine en 2026. Selon lui cette somme n’aurait pas été de 20 milliards comme je l’estimais, mais de 16 milliards.

Qui est Hervé Hannoun, l’expert qui a dévoilé le pot aux roses ? Hervé Hannoun est un ancien diplômé de Sciences Po Paris, qui fut un élève de l’ENA, promotion 1973-1975. Après sa sortie de l’école, il fut nommé à l’inspection générale des finances. Il fut ensuite conseiller technique du Président François Mitterrand (1984-1988), puis directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy, alors Ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation (1988-1989), et restant son directeur de cabinet quand Bérégovoy passa Premier ministre (1989-1992). Il fut le promoteur de l’ombre de la politique du franc fort et de la « désinflation compétitive ». Cette politique très impopulaire visait à lutter contre l’inflation pour stabiliser la monnaie et selon le journal Le Monde fut : « une figure connue de la vie économique française toujours resté très discret ». Par la suite, il fut encore nommé second sous-gouverneur de la Banque de France (1992-1999), puis premier sous-gouverneur de l’institution (2000-2005). Il intégra en Suisse, à Bâle, la Banque des règlements internationaux, la BRI, dont il fut le directeur général adjoint (2006-2009), puis le directeur général (2009-2010). Après sa retraite, il n’a cessé d’intervenir dans le débat économique public, dénonçant le vrai coût pour la France du soutien à l’Ukraine (décembre 2025) et alertant récemment sur une flambée du chômage en France (mai 2026).

Quels sont les armes données par la France à l’Ukraine ? Les sources ne sont pas sûres sur le don des armes livrées gratuitement à l’Ukraine. Le régime français a en effet dépouillé l’armée française, provoquant aussi des grognes et des commissions parlementaires, pour vérifier l’état des stocks militaires, notamment en munitions. Officiellement la France a donné des canons Caesar, mais en mentant sur le nombre réel de pièces données, 6 canons tractés TRF1 de 155 mm, 4 système LRU MLRS, 10 mortiers de 120 mm, au moins 250 véhicules d’infanterie VAB (le chiffre est probablement supérieur), 38 véhicules blindés AMX-10 RC (là encore beaucoup plus), 1 système de défense antiaérienne SAMP/T, 2 systèmes Crotale NG, 6 systèmes Mistral, 1 radar GM2000, quelques centaines de missiles SCALP EG, 1 002 lance-roquettes antichars AT4, plusieurs armes antichars MILAN, des dizaines de milliers d’obus de 155 mm, 1,7 million de cartouches de 12,7 mm, 1,1 million de cartouches de petit calibre, quelques centaines de drones (officiellement seulement 160), 10 systèmes anti-drones et 1 000 fusils FAMAS. Cette liste ne concerne qu’une partie des matériels consentis, le gouvernement français mentant sur certaines livraisons (canons, VAB et AMX), ou cessant justement de les documenter (surtout après 2024).

Et dans la sphère civile ? Il est impossible de chiffrer l’argent que les Français ont donné délibérément de leur poche pour l’Ukraine. Dans certains cas, cet argent passa par des associations et fondations, pour d’autres à travers des activistes, des mercenaires, et même des jeux informatiques. En 2023, le jeu World of Tank de la firme Wargaming vendit en effet un pack ukrainien à ses joueurs, déclarant verser l’argent rassemblé pour financer une ambulance militaire… En réalité 2 millions d’euros furent versés à l’armée ukrainienne et des joueurs français ont sans doute acheté ce pack… Ce n’est qu’un exemple. Du côté des fondations, la Fondation de France affirmait avoir collecté 21,6 millions d’euros pour l’Ukraine, pour 197 actions et 15 partenaires, non seulement en Ukraine… mais aussi étrangement en Moldavie. Dans la faune des « activistes » notez que des scandales ont eu lieu, dénoncés directement en Ukraine, comme le vol de 57 000 euros par un mercenaire français : Maxime Bronchain (voir la fiche dédiée à la fin de l’article). Cet exemple parmi d’autres, de centaines de Français engagés « dans l’humanitaire », sans barrières, ni possibilités de vérifications de l’emploi de l’argent récolté, fait penser que les cas n’ont pas été si rares, dans le vol ou le détournement partiel des dons, soit par des Français, soit par des Ukrainiens. Quoi qu’il en soit, pour la sphère privée, la récolte de dons, d’aide humanitaire ou militaire, d’équipements, et jusqu’à des véhicules ou des drones ne peut se compter qu’en dizaines, voire en centaines de millions d’euros. Des centaines d’activistes plus ou moins véreux, de mercenaires ont en effet collecté de l’argent, dans leur entourage ou par des cagnottes en ligne, parfois jusqu’à la vente de patchs et autres produits.

Et avant 2022, quels furent les financements accordés à l’Ukraine ? C’est une question difficile, mais vous découvrirez l’affaire de l’usine de traitement d’eau de Marioupol, où Hollande consentit un prêt à l’Ukraine qui ne fut jamais remboursé (64 millions, plus 35 de l’Union européenne, donc une perte supplémentaire pour la France). La France donna dès 2014 de l’argent à l’Ukraine, via le Fonds BERD (2014), le Fonds multi-donateurs pour la stabilisation et la croissance durable, une institution de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Un premier engagement fut signé de 11 millions d’euros (2014), suivi chaque année d’autres versements. François Hollande accorda du matériel militaire à l’Ukraine, notamment médical, deux blocs opératoires avec tout l’équipement, mais signa aussi un accord d’entraînement de soldats ukrainiens, aux frais de la France (avril 2015). Le régime français resta discret sur le coût et le nombre d’hommes entraînés (des sapeurs du génie), alors qu’en principe la France était neutre et garante des accords de Minsk II. Jamais la France ne communiqua les montants de ces aides.

En parallèle, l’association Aide Médicale et Caritative France-Ukraine, l’AMCFU (fondée en 2014) collecta des dons pour : « le rééquipement des hôpitaux ukrainiens » et l’État français donna des équipements médicaux pour les soins des blessés du front. C’est un exemple parmi d’autres, l’association n’ayant jamais cessé son action. Après 2022, elle fut en mesure d’envoyer plus de 8 millions d’euros en matériels, 64 camions bourrés à craquer en 2022, 6 autre dans l’été 2025. Elle a aussi livré 127 ambulances, 1 000 tonnes de matériel médicaux (ici depuis 2014) et 30 véhicules spéciaux, ambulances, corbillards, fourgons et bus.

D’autres négociations pour des dons furent encore discutés en 2020, avec le don de 100 millions d’euros de la France à l’Ukraine : « pour la modernisation des voies de chemins de fer et le matériel roulant », alors que des négociations étaient ouvertes sur d’autres questions, pour : « une coopération dans le secteur énergétique » (2020). Profitant de l’éviction de la Russie par la révolution du Maïdan et le commencement de la guerre dans le Donbass, la France signa des contrats d’importances pour s’installer en Ukraine. Les plus gros projets concernaient un investissement d’Airbus (2018, 550 millions d’euros), un projet éolien géant du groupe Total Eren (2019, 150 millions d’euros), ou encore un projet d’investissement en logistique de la CMA CGM, dont le patron Rodolphe Saadé est un proche d’Emmanuel Macron (20 millions d’euros).

Les dépenses par effet domino de la France. Cependant les plus grosses dépenses de la France le furent dans la montée d’un discours guerrier, notamment sur le réarmement européen. La France dut par ailleurs compenser les dons à l’Ukraine, notamment en vidant ses stocks de munitions et racheter une partie des armes données, notamment antichars. C’est une conséquence directe du soutien de la France à l’Ukraine. L’Occident en faisant perdurer la guerre, montant également en pression et en hostilité envers la Russie, a créé de toutes pièces le tonneau des Danaïdes ukrainien. Plusieurs lois furent votées, notamment la loi de programmation militaire (2024-2030), avec une augmentation des dépenses militaires. Pour commencer 5 milliards furent débloqués en urgence, selon : « un plan d’économie de guerre » (2024), alors que le budget militaire était augmenté à plusieurs reprises, notamment par la loi de finances, avec 3,5 milliards supplémentaires (2025). La France a annoncé par ce plan passer de 52 milliards d’euros, à un budget militaire de 64-67 milliards en 2030.

Tandis que la Commission européenne lançait le plan ReArm Europe de 800 milliards d’euros, la France annonçait une augmentation des budgets militaires pour 413 milliards d’euros (entre 2024 et 2030), avec des ajouts en « surrégime » (par exemple les 5 milliards de 2024). Pour lancer ces réarmements, l’Union européenne créa notamment le fonds SAFE (Security Action for Europe, mai 2025). L’union a emprunté 150 milliards d’euros (que les contribuables européens devront rembourser), une première partie des fameux 800 milliards. Le Conseil de l’UE a donné son accord définitif dernièrement (10 avril 2026), alors que 19 pays européens ont demandé des prêts. La Pologne a demandé 43,7 milliards d’euros, le plus gros bénéficiaire, tandis que la France sera partie prenante pour cette première tranche de 15,09 milliards d’euros.

Si nous ne pouvons pas compter comme une dépense « domino » le budget militaire français, il est intéressant de noter qu’il a été en constante augmentation durant l’ère Macron. Ce budget était de 42,45 milliards d’euros en 2017, passant à 49,67 en 2021. Il est passé depuis l’aide à l’Ukraine à 59,79 milliards d’euros en 2024, annoncé comme nous l’avons vu à 67 milliards en 2030. L’augmentation en surrégime liée à l’Ukraine a été de 3,08 milliards (2023), 12,8 milliards (2024), mais a du se ralentir les deux années suivantes (elle était programmée pour porter en 2030 le budget à 3 % du PIB). Pour 2025 et 2026, le surrégime a été d’environ 8,7 milliards, mais avec l’arrivée de ce prêt européen la France a également pris une part de 15,09 milliards d’euros.

Au final, les dépenses dominos se portent donc au minima à 39,67 milliards d’euros pour la période 2022-2026 et augmentera encore tous les ans jusqu’en 2030. Les difficultés financières de la France rendent difficiles l’estimation de ces dépenses pharaoniques pour la période restante de ce plan de 2027 à 2030. Pour atteindre la somme de 64-67 milliards en 2030, la France devra encore faire un effort compris entre 45 et 60 milliards d’euros, en étant chaque année en surrégime de dépenses (tout ce qui se trouve au dessus du budget normal se fixant aux environs de 52 milliards à l’année). Au total l’ensemble des dépenses dominos sur le seul curseur de réarmement à marche forcée sera d’au moins 84 milliards d’euros…

Conclusion : Au vu des différentes informations que nous possédons, le tonneau des Danaïdes ukrainien aura coûté aux contribuables français depuis 2022, plus de 155 milliards d’euros. Cette somme est constituée des dons directs, 71 milliards d’euros dénoncés par Henri Hannoun et 84 milliards d’euros de dépenses dominos. Cependant comme vous le verrez dans la section à suivre, il y a d’autres dépenses ou pertes depuis 2014, ou tout simplement qui n’ont pas été décomptées. Parmi les dépenses inconnues le coût à l’année de la mise à disposition du renseignement français pour l’Ukraine, notamment les satellites, le coût des forces spéciales et « fantômes » dans les effectifs ukrainiens, le coût des prises en charge des blessés, les surcoûts générés par les dizaines de milliers de réfugiés ukrainiens en France, même s’ils ont été en nombre limité par rapport aux sauterelles qui s’abattirent sur la Pologne, l’Allemagne ou la Tchéquie. Pour la seule année 2025, la France annonçait une gabegie de 328 millions d’euros pour environ 50 000 réfugiés et d’1,4 milliard d’euros entre 2022 et 2025. En ajoutant 2026, ces réfugiés ont dévoré 34 560 euros par tête… Mais cette somme annoncée est mensongère, Henri Hannoun parlait de 5,5 milliards pour les réfugiés, portant à 110 000 euros de dépense par tête depuis 2022, un chiffre beaucoup plus réaliste.

Les coûts supplémentaires que nous connaissons augmentent de toute façon la facture français pour l’Ukraine dans une proportion qui se situerait dans une fourchette de 160 à 180 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter l’aide de la sphère civile difficilement quantifiable (donnée directement par les contribuables de leur plein gré). Mais ce chiffre ne comprend pas un autre effet domino, les résultats catastrophiques boomerang des sanctions imposées par la France à la Russie… Une chose est hélas certaine, le glouton ukrainien continuera de dévorer avec grand appétit l’argent dérobé aux contribuables français et le phénomène ne semble pas devoir s’arrêter, car les principaux dirigeants européens ont déclaré vouloir financer cette guerre : « jusqu’en 2030 s’il le fallait »… Enfin l’état de corruption de l’Ukraine est si grand et à tous les niveaux, de la présidence ukrainienne jusqu’au dernier des citoyens et soldats, qu’il est certain que cette pluie d’argent disparaît aussi dans des poches criminelles déjà passablement bien remplies

Des sources supplémentaires pour éclairer le sujet. Comme à mon habitude vous pourrez compulser cette liste chronologique des différentes dépenses de la France pour l’Ukraine, qui s’attarde sur les principales aides, matériels et financements accordés par le gouvernement français à Kiev :

L’affaire des Mistral (perte de 1,2 milliards d’euros, 2014). Sous la pression interne des Américains, la France de François Hollande annonça l’annulation de la vente de deux navires porte-hélicoptères de la classe Mistral, qui avaient déjà été construits et qui devaient être livrés à la marine russe. Des agents pro-ukrainiens, dont un bandériste français, Bernard Grua, firent beaucoup de bruits en s’affichant sur le port de Saint-Nazaire avec des drapeaux de l’UPA, le Trizoub ultranationaliste ukrainien et en ahanant des slogans racistes et russophobes à l’encontre de la Russie. La vente des navires fut annulée… Problème, les équipages étaient à Saint-Nazaire et les navires avaient été presque été payés par la Russie (950 millions sur 1,2 milliard). La France négocia le rachat des navires, car selon François Hollande : « il pouvait servir contre l’agression de l’Ukraine » et mettait en danger… « la sécurité de l’Europe ». Elle fut contrainte de rembourser 950 millions d’euros et resta avec les navires sur les bras, risée de la presse mondiale. Des voix internes s’élevèrent pour dénoncer la parole flouée par le gouvernement français et la perte énorme de prestige à l’international, notamment sur le fait que la France n’était pas un fournisseur sûr. La France se résigna à les vendre à l’Égypte, obtenant de payer un montant de 950 millions d’euros. La transaction fut acceptée, mais les pertes enregistrées par la France ne furent jamais communiquées. Si les deux navires étaient initialement vendus 1,2 milliard, il est évident que le complexe militaro-industriel français gagnait de l’argent. Les 950 millions couvrirent-ils le coût réel des navires ? La question reste en suspens.

L’affaire du prêt consacré à l’Ukraine (2014). Dès avant la fin de la révolution colorée du Maïdan, la France de François Hollande apporta son soutien en mettant au service du narratif des putschistes, toute la presse française. Bientôt la France signa un contrat avec l’Ukraine, pour un prêt de 64 millions d’euros pour la construction d’une usine de traitement de l’eau… à Marioupol (2014-2017). Le prêt était aussi une provocation et une insulte aux insurgés républicains du Donbass. L’administration d’occupation signa une déclaration d’intention avec la France et la BEI, lors d’un forum d’investissement (2019). Le maire de Marioupol se rendit en France pour rencontrer des entreprises françaises dans la construction d’usines de traitement des eaux, dont la STEREAU. L’accord fut finalisé dans le cadre intergouvernemental entre la France et l’Ukraine sous l’ère Macron (2020). Elle devait résoudre les problèmes critiques d’approvisionnement de l’eau dans une région particulièrement touchée par la pollution à cause des usines géantes métallurgiques, dont Ilitcha et Azovstal. L’argent fut versé, le projet commencé… et enterré dans la défaite des Ukrainiens à Marioupol (mars-mai 2022). En principe plus de 411 000 personnes auraient du en bénéficier. Le prêt devait être remboursé sur 30 ans, incluant 10 ans sans remboursement et un taux d’intérêts à 0,08 %. La ville retournée à la RPD, puis intégrée à la Russie par le référendum de septembre 2022, les gouvernements français et ukrainien, ainsi que les médias ont préféré enterrer l’affaire… Il est à noter que la Banque européenne d’investissement, la BEI avait participé au financement du projet pour un montant de 35 millions supplémentaires (et donc par ce biais, de la France, augmentant encore la perte).

Les dons de matériels à l’armée ukrainienne par François Hollande (2015). Dès 2014, le gouvernement français apporta son soutien à l’Ukraine, d’abord politique, mais ensuite militaire, matérielle et de formation et d’entraînement des soldats ukrainiens (2015-2017). François Hollande commença par l’envoi de deux blocs chirurgicaux complets, avec du petit matériel, des containers pour l’eau potable, des blocs électrogènes. La valeur totale ne fut pas précisée mais l’annonce en fut faite par les médias français, dont le très russophobe journal Libération. Il invita bientôt le président Petro Porochenko à Paris et lors d’une conférence de presse, il déclara : « les armes létales ne seront pas fournies, car nous n’avons reçu aucune demande » (22 avril 2015). Une parole intéressante, car le propos sous-entendait que si la demande était faite, elle serait satisfaite. Dans le même temps, François Hollande et son gouvernement mentirent sur le non fourniment d’armes aux djihadistes et insurgés « démocrates » contre le régime de Bachar al Assad (2012-2017). Des livraisons et des finances furent fournies, les mensonges furent ensuite dévoilés. Ce simple fait indique que des livraisons ont donc été possibles. Si elles ont eu lieu, elles ne furent jamais démasquées.

Coopération dans le cadre des plans occidentaux pour la formation de militaires ukrainiens (22 avril 2015). Suite à des accords similaires signés par le Canada, le Royaume-Uni, les États-Unis et la Suède, la France participa à la formation de militaires ukrainiens, afin de la préparer à l’écrasement des insurgés du Donbass et pour une confrontation majeure contre la Russie. L’accord fut annoncé par François Hollande, lors de la fameuse visite de Porochenko (22 avril 2015), pour la prise en charge de la formation gratuite de soldats du génie ukrainien, les sapeurs, pour des actions de déminages et officiellement (et comiquement) : « afin de protéger les civils des conséquences du conflit », mais la déclaration ne s’attarda pas sur le fait qu’ils étaient aussi formés au minage… Le coût n’a jamais été dévoilé.

L’aide militaire française à l’Ukraine (2022-à nos jours). La France n’a jamais communiqué de chiffres exacts pour ne pas effrayer l’opinion publique française qui serait très hostile à ces dépenses. En mars 2024, un site ukrainien indiquait une dépense de 2,615 milliards d’euros et également fait intéressant d’1,2 milliard d’euro à l’Union européenne pour financer ensuite cette guerre. L’article parlait évidemment des matériels connus, mais aussi de 1 002 AT4 (arme antichar jetable, coût de 1 484 dollars à l’unité, 1,48 million de dollars pour le lot), de Milan avec des stocks de missiles, de 55 mitrailleuses 7,62, 560 mitrailleuses 12,7, 1,1 million de cartouches de petits calibres, dont du 5,56 mm et du 9 mm, sans parler de 10 500 grenades, 3 600 mines antichars, 1 000 fusils d’assaut famas, 20 fusils de précision, 160 drones, 10 système anti drones, 30 zodiacs Futura, des quantités importantes d’essence, de carburants, des gilets pare-balles, des casques, des kits de premiers soins, des moyens de communication et de l’équipement de navigation (avant mars 2024, selon des sources ukrainiennes). Dans le flou du brouillard de la guerre, il est difficile de définir l’ensemble de la somme ici dépensée, mais très supérieure au 2 milliards d’euros annoncés mensongèrement par le gouvernement français. D’autres chiffres sont donnés jusqu’à 8 milliards d’euros qui paraissent aussi minorés, d’autant que pour les années 2025-2026, les sources françaises et ukrainiennes se sont faites discrètes sur les armements fournis.

Le don des canons Caesar de 155 mm (2022 à nos jours). Le don fut annoncé très vite, mais officiellement la France n’aurait livré les premiers canons que fin 2023. Une affirmation mensongère, alors que les premiers tirs furent documentés dès l’été 2022. La France avoua avoir livré 30 canons, puis 6 autres (début 2024) et 80 canons au total à la fin de l’année. Les pertes ayant été nombreuses, la France annonça livrer 12 nouveaux canons (2024-2025), en volant les intérêts d’avoir gelés russes en France (300 millions, qui devront être remboursés à la Russie, sauf à des complications diplomatiques après la guerre). Quoi qu’il en soit, chaque canon sans les munitions est estimé à 5 millions d’euros, soit la somme totale de 460 millions d’euros. Ce coût est beaucoup plus important, car la France a livré plus de 30 000 obus avec les canons, fournissant ensuite depuis 2024, 3 000 obus par mois, soit 84 000 obus supplémentaires au minimum. La France commanda 60 000 coques d’obus à l’usine Forges de Tarbes (juin 2024), alors que la cadence de production était annoncée pour 12 000 obus versés à l’Ukraine en 2025. De fait ce n’est plus 84 000 obus qui furent donnés à l’Ukraine, mais 30 000 + 72 000 + 192 000 entre 2023 et 2026 (294 000). Le coût d’un obus est d’environ 4 500 euros, soit 1,32 milliards d’euros. Il faudrait encore ajouter le coût de la formation des servants de ces pièces. Selon les chiffres donnés par l’EUNAM, le coût de formation serait pour un soldat lambda de 5 000 euros. Il est pour un engin aussi technique que le Caesar plus important, peut-être du double. La France a caché le nombre d’artilleurs entraînés, ainsi que le fait que des artilleurs français furent sans doute habillés en Ukrainiens. La facture pourrait avoir dépassé les 6 ou 800 millions d’euros (formations, munitions et pièces de rechange).

L’entraînement de soldats ukrainiens (2022-2026). Officiellement la France a financé l’entraînement de 22 000 soldats ukrainiens, notamment ceux de la 155e brigade de nouvelle formation, dite Anne de Kiev (dans l’hiver 2024-2025). Le coût n’est pas connu mais se compte en millions, car l’ensemble a demandé le logement, le couvert et la prise en charge de tous ces hommes pendant de longues semaines, dans des bases françaises. Tous les frais ont été pris en charge par la France. Au niveau de la mission européenne EUNAM, que la France finance, le coût pour 30 000 soldats (octobre 2022-novembre 2024), a été de 106,7 + 194 millions d’euros, après l’augmentation de ce contingent de 15 000 à 30 000 hommes. Par la suite pour la période suivante (novembre 2024-novembre 2026), ce coût a été annoncé pour 409 millions d’euros supplémentaires, soit 665 millions au total. Dans sa totalité c’est environ 75 000 soldats qui ont été entraînés, pour environ 15 brigades, dont le matériel a aussi été donné gratuitement. La France a pris en charge près d’un tiers de cette somme. Cependant, il faut ajouter à cela le transport pris aussi en charge, le soutien médical, la logistique quotidienne, ainsi que l’utilisation des structures des États membres. De fait c’est un total de 362 milliards de dollars de fonctionnement qui ont été dépensé chaque année, depuis le printemps 2022. La facture totale est d’1,8 milliards de dollars…

Le don de 26 Mirage 2000-5F (2024-2026). Emmanuel Macron avait annoncé la livraison gratuite de 26 Mirage 2000-5F à l’Ukraine, pour coût de 60 millions d’euros par appareil. L’annonce de ce don avait été faite le 6 juin 2024. Les premières livraisons furent effectuées dès le 5 février 2025. Une première vague de 6 avions avait été annoncée, puis de 20 supplémentaires (octobre 2024). En 2026, la France annonça encore la livraison de 2 avions supplémentaires, pour un total de 28 appareils et un coût de 1,680 milliard d’euros. Le coût est d’ailleurs plus important car la France a pris en charge la formation des pilotes pour un coût inconnu. Cependant l’entraînement est cher, par la dépense de carburant pour les vols d’entraînement, sans parler d’une formation très onéreuse (effectuée sur la base de Cazaux et un coût pour la transformation des avions). Dans les faits, l’entraînement d’un simple soldat ukrainien était donné pour 5 000 euros. Il est probable qu’il faille multiplier par 4 ou 5 ce prix pour les pilotes de Mirage.

Le don pour l’aide civile à l’Ukraine (2024-2026). Annoncée en catimini, la France a versé 200 millions d’euros pour la reconstruction d’infrastructures stratégiques touchées par les forces russes. Le fond initial était prévu pour 130 millions, mais augmenté en 2026 par un amendement de l’Assemblée nationale à 200 millions. L’amendement spécifiait que pour la période 2027-2029, la France donnerait encore 71 et 67,8 millions d’euros, portant le don pris dans les poches des contribuables français à 338,8 millions d’euros.

Le don des véhicules d’infanterie VAB et d’AMX-10 RC (2023-2026). La France a caché le nombre de livraisons dans sa totalité, mais nous avons des exemples, notamment pour la 155e brigade mécanisée Anne de Kiev. La France donna pour cette seule brigade, 128 VAB, 18 AMX-10 RC, 18 canons Caesar, 10 camions TRM, 20 postes de missiles antichars Milan, un certain nombre de postes de missiles antiaériens Mistral, des blindés d’évacuations sanitaires. Le coût annoncé pour tout ce matériel était de 900 millions d’euros pris en charge par la France. Mais d’autres unités ont été formées et équipées en douce, dont la 37e brigade d’infanterie de marine de l’Ukraine, puis la 38e brigade d’infanterie de marine de l’Ukraine, elle aussi pourvue d’AMX. Pour les AMX de la 38e, la France affirma donner 40 véhicules et d’autres matériels, le restant étant assuré par des dons britanniques. Les dons pour la 37e n’ont pas été documentés. Cependant l’Ukraine a donné plus d’informations affirmant que pour la 37e et la 155e brigades, le don avait été de 53 AMX-10 RC, auxquels il faudrait ajouter les 40 pour la 38e (93 engins, pour un coût d’occasion situé entre 500 et 800 000 euros). Même si la France n’a pas pris en charge l’intégralité de l’équipement des 37e et 38e brigades, il y a évidemment un coût supplémentaire. Il semble modéré de dire que le coût fut au moins d’1,2 milliards d’euros, mais là encore les munitions versées, pièces de rechange, etc, ont sans doute porté ce coût bien au-delà, jusqu’à 1,5 milliard d’euros. Enfin d’autres sources indiquent un don d’au moins 250 VAB, dont le coût d’occasion est lui sans doute autour des 400 000 euros (1 milliard d’euros au total).

Le vol des actifs russes volés à la Russie et remis à l’Ukraine (2025-2026). Le fait est méconnu, mais via les actifs russes gelés en France, Emmanuel Macron et son gouvernement ont versés 690 millions d’euros, via les seuls intérêts des actifs russes gelés. Les premiers vols sont intervenus en mars 2024 (300 millions dérobés), puis en mars 2025 (195 millions) et enfin mai 2026 (de nouveau 195 millions). Devant le droit international, il s’agit purement et simplement d’un vol, aussi lorsque le conflit sera terminé, il est fort probable que la Russie demandera des comptes et le remboursement des sommes dérobées. Tôt ou tard la France devra rembourser, ou la Russie se servira à son tour sur les actifs français en Russie.

L’affaire Maxime Bronchain (2025-2026). J’évoquais cette affaire plus haut dans l’article, il s’agit d’un escroc français parmi sans doute beaucoup d’autres, qui ont profité de l’Ukraine pour s’enrichir. Pour comprendre sa biographie éclaire finalement l’ensemble du problème : Maxime Bronchain (3 août 1990-), originaire de Metz, Moselle, France, néonazi et sataniste Français qui décida de s’enrôler dans les rangs ukrainiens (mai 2022). Il fut membre du groupe fasciste des Zouaves, et lié à l’extrême-droite française la plus dure. C’est pour ses raisons et non celles qu’il donna plus tard, que séduit par l’aventure, il se décida à venir en Ukraine. Il raconta : « j’ai entendu le président Zelensky au début de la guerre qui a appelé tout étranger à venir aider et apporter son expérience. J’avais été militaire par le passé, j’avais été pompier. Du coup je pensais me rendre utile. Je partais pour une mission de reconnaissance, je passais en premier et, en fait, j’ai sauté sur une mine. Il y avait un Américain qui était juste derrière moi qui a voulu me porter secours, mais qui lui, a sauté deux fois sur une mine et qui est décédé pendant son évacuation » (27 novembre 2022). Il fut blessé ce jour-là à Novosevilsk, au Nord de Svatovo, grièvement blessé au pied gauche, et criant sa douleur, tandis que d’autres voix françaises étaient audibles autour de lui (au moins 5 autres Français). Il fut rapatrié vers un hôpital militaire à Kharkov puis à Kiev subissant pas moins de 6 opérations pour tenter de lui permettre de vivre de nouveau normalement. Il déclara « qu’il ne regrette pas du tout d’être allé en combattre en Ukraine, et qu’il voudrait revenir en Ukraine, car ils ont vraiment besoin d’aide, qu’il se fasse amputer ou qu’ils sauvent son pied, il pense revenir » (14 décembre). La vidéo montrait clairement ses tatouages, dont une croix antéchrist sataniste sur la main gauche, mais aussi un patch avec le Trizoub ultranationaliste ukrainien aux couleurs de l’UPA, le noir et le rouge de l’armée collaborationniste ukrainienne de Stepan Bandera. Il arborait également le symbole néonazi Valknut, également utilisé et apprécié par les suprémacistes de la race blanche, et autres amoureux de la culture nordique dans les fantasmes de la race supérieure aryenne, scandinave ou germanique. Enfin, il portait aussi l’insigne du groupe néonazi Misanthropic Division, organisation ukrainienne qui s’est répandue dans toute l’Europe dans la foulée de l’après Maïdan. Le reportage terminait en affirma « que le Français avait tout le soutien et l’aide du Ministère des Affaires Étrangères français » mais que sa famille s’inquiétait et réclamait son évacuation en France craignant les risques d’infections (et donc l’amputation). Il était devenu le papa d’un enfant d’une femme ukrainienne originaire d’Odessa. Il se plaignit amèrement du gouvernement français, ce qui fut relaté par LCI et Sputnik : « le jeune combattant affirme cependant ne pas avoir reçu de soutien de la part de la diplomatie de son pays. Et il en veut un petit peu à l’ambassade, parce que quoi qu’ils fassent, il reste un résident français blessé en Ukraine […] La France envoie beaucoup de matériel et d’argent sur place, elle donne beaucoup de choses à l’Ukraine. Ils veulent défendre et aider l’Ukraine à tout prix, et ils ne veulent pas aider les ressortissants français qui ont vraiment besoin d’aide sur place ». Selon Nicolas Cinquini, il servait dans le DUK, le corps des volontaires ukrainiens, organisation fondée par le Pravy Sektor, parti néonazi fondé par Iaroch (2014), ainsi que ledit corps. Malgré ses plaintes pour être rapatrié et soigné en France, le gouvernement français traîna des pieds pour tenter d’empêcher les médias de se focaliser sur ce nouveau néonazi français. Il fut finalement rapatrié à Strasbourg (21 décembre 2022), et fut amputé d’un pied. Il donna une interview pour LCI où il assuma finalement ses opinions néonazies (8 mai 2023). Il apparut avec de nouveaux tatouages sur le mollet de sa dernière jambe (11 juillet), des runes, un aigle et de nouveau le Valknut. Il vînt ensuite en Ukraine, se trouvait sur le Maïdan, à Kiev, où il se mit de nouveau en scène (25 juillet). Finalement affolé par les parutions à son égard, il écrasa une grande partie de ses publications néonazies et se fit un peu plus discret. Il publia une lettre où il avouait avoir fait des collectages de dons pour son unité (en 2024), mais avoir volé l’ensemble des fonds, soit 57 654 euros, 2,8 millions d’UAH (24 août 2025). Sans doute acculé par ses camarades mercenaires, la situation étant connue de sa hiérarchie militaire ukrainienne (janvier 2025), il se résigna à avouer publiquement son vol, déclenchant un énorme scandale. Le sort de l’argent n’est pas connu. Il fit traduire son aveu par la Chambre de Commerce de Kharkov. Mais soudainement dans l’automne 2025, des mercenaires français le dénoncèrent pour ses forfaits et firent aussi une vidéo. Bronchain avait en effet fait des déclarations où il déclarait avoir été torturé, menacé et inquiété par ses camarades et des soldats ukrainiens suite à son forfait. En réponse, ses anciens camarades firent cette vidéo de dénonciation, alors que Bronchain se trouvait en difficulté en Ukraine et sans revenu, ni ressources. Le groupe annonça qu’il était en cours d’évacuation par une association, qui ne pouvait être que celle de Camille Bertrix, une néonazie et bandériste française à la tête d’une association humanitaire (UAid63), avec qui Bronchain s’était précédemment affiché en Ukraine (2025). Il prit ensuite la fuite d’Ukraine et plus personne n’entendit parler de lui. Il n’est pas certain qu’il est rendu la somme volée, sa reconnaissance publique du vol n’indiquait pas qu’il allait le faire ou le ferait. Enfin ses allées et venues entre les deux pays font penser qu’il aurait pu mettre à l’abri tout ou partie de l’argent dérobé.

Le don de 400 bus par la région Île-de-France (novembre 2025). C’est le journal Le Figaro qui annonçait le 28 novembre 2025 : « La région d’Île-de-France va faire don de 400 bus d’occasion aux oblasts ukrainiens de Kiev et de Tchernigov début 2026. Sur le total 260 bus diesel iront à la région de Kiev et 140 à celle de Tchernigov, le besoin exprimé par les villes ukrainiennes correspond à des bus simples, non articulés, car ils ne devraient pas être utilisés pour assurer la mobilité urbaine classique, mais plutôt des services d’évacuation d’urgence, pour les villages, les hôpitaux, les écoles et maisons de retraite ». Les bus seront acheminés par la SNCF en Ukraine, mais l’article précisait que : « les gouverneurs des deux régions concernées ont assuré qu’ils prendraient en charge les coûts inhérents à la logistique d’acheminement et de dédouanement »… Il est évidemment difficile de chiffrer le coût pour les contribuables de la région Île-de-France, mais le budget moyen pour un bus d’occasion se trouve autour des 30 000 euros, pour des véhicules ayant déjà servi pour le transport scolaire et le tourisme. La facture serait donc d’environ 12 millions d’euros, alors que la région Île-de-France ne cesse de couler, sa dette étant passée de 5,3 milliards d’euros (fin 2015), à 8 milliards d’euros (fin 2026). La région a aussi annoncé faire un emprunt record en 2026, creusant la dette de 1,331 milliards d’euros supplémentaires pour une seule année… L’annonce que les gouverneurs ukrainiens ont promis de payer les coûts de transport n’est donc pas anodine, il faut rassurer le contribuable. Une fois endormi, les promesses ukrainiennes pourront être jetées aux orties, sans que personne ne puisse s’en inquiéter.

Laurent BRAYARD, Journaliste, reporter de guerre, historien de formation et auteur de 3 ouvrages