Liban : le retrait israélien du sud-Liban n’est pas négociable

Liban : le retrait israélien du sud-Liban n’est pas négociable

Facebook
Twitter
WhatsApp

Alors que les pourparlers entre le Liban et Israël se poursuivent sous médiation américaine, Beyrouth pose une ligne rouge claire : le départ des soldats israéliens du sud du pays ne sera jamais un sujet de marchandage. « Les négociations ne sont pas une reddition », a martelé lundi le président Joseph Aoun.

À l’occasion de l’anniversaire du retrait israélien de l’an 2000, Joseph Aoun, le président libanais, a voulu dissiper tout malentendu : oui, son pays discute avec l’État hébreu, mais non, il ne cédera rien sur l’occupation de ses terres.

« La libération du sud du Liban est une responsabilité nationale, et le retrait complet des troupes israéliennes n’est pas une question de négociation », a-t-il martelé. Avant d’ajouter, comme pour rassurer une opinion publique sceptique : « Négocier ne veut pas dire capituler. »

Les deux pays ont entamé en avril des pourparlers historiques, sous la médiation des États-Unis. Les délégations libanaise et israélienne doivent même se retrouver le 2 juin prochain à Washington pour une nouvelle session. Mais sur le terrain, la méfiance reste de mise.

Car si l’État libanais affirme sa volonté de reprendre en main le sud du pays – allant jusqu’à interdire début mars les activités armées du Hezbollah dans la région – les faits sont têtus. Les affrontements entre l’armée israélienne, qui occupe toujours illégalement le sud du Liban, et les combattants chiites n’ont pas cessé. Et pour cause, si Tsahal prétend être dans la « réaction », avec des frappes aériennes régulières et destructions de villages entiers, c’est pourtant bien Tel Aviv qui est l’occupant et non l’occupé.

Dimanche soir, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a balayé les espoirs d’une avancée rapide. Il a réaffirmé que l’appel du gouvernement à désarmer sa milice « ne sera pas appliqué », et exprimé ses « soupçons » sur le processus de paix.

Cette sortie a immédiatement provoqué une réaction cinglante de Washington. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a accusé le Hezbollah de vouloir « replonger le Liban dans le chaos ».

Joseph Aoun n’a pas non plus mâché ses mots pour évoquer la situation actuelle. « L’agression israélienne se poursuit », a-t-il déclaré, dénonçant les dégâts subis par des « colonies entières » dans ce qu’il appelle la « nouvelle occupation ».

Plus d’un quart de siècle après le retrait d’Israël du sud Liban, en mai 2000, la frontière reste une poudrière, largement soumise à la volonté expansionniste d’un Etat hébreu qui n’est jamais inquiété pour ses crimes.

Amine Sifaoui