Ukraine : découverte d’armes et d’explosifs à destination de la Libye

Ukraine : découverte d’armes et d’explosifs à destination de la Libye

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Un avion cargo de type Antonov An-12, de la compagnie ukrainienne Cavok Air, a été intercepté à l’aéroport international de Piarco, à Trinité-et-Tobago, après la découverte d’une cargaison d’explosifs à bord.

L’appareil, identifié sous le numéro de vol CVK-7078, effectuait un trajet au départ de Houston, aux Etats-Unis, à destination de Tripoli, en Libye, lorsque les autorités douanières ont mis au jour une cargaison non-déclarée de plusieurs tonnes d’explosifs.

Les autorités locales, ont ouvert une enquête afin de déterminer l’origine exacte des explosifs, leur destination et les circonstances ayant permis leur transport sans déclaration conforme.  Les deux pilotes et les six membres d’équipage ont été interpellés, avant d’être finalement relachés, sans qu’aucun motif officiel ne soit formulé.

Une situation qui tranche avec les propos initiaux du ministre de la Sécurité intérieure du pays, Roger Alexander, qui déclarait devant le Parlement vendredi dernier, au lendement de l’incident : « Un avion transportant plusieurs tonnes de marchandises interdites et dangereuses a atterri à l’aéroport international de Piarco et a été immédiatement saisi ».

Il faudra finalement attendre l’intervention d’agences de renseignements des Etats-Unis et d’une rencontre avec des officiels américains bien opportune pour que l’« enquête » soit bouclée et que l’on relache les pilotes et l’équipage. L’avion incriminé, chargé d’explosifs, a donc pu repartir le samedi 16 juin pour le Cap Vert, où l’avion a fait une escale technique. L’An-12 s’est finalement posé ce lundi à Tripoli, après avoir fait une dernière escale en Tunisie. Les détails concernant la nature précise des explosifs, leur quantité réelle ou l’identité du destinataire en Libye n’ont pas été divulgués.

Or, le  04 avril dernier, plusieurs médias internationaux dont Le Monde, confirmaient de facto, la présence de personnel militaire ukrainien sur le territoire libyen, en évoquant leur responsabilité dans l’attaque du pétrolier Arctic Metagaz.

Etant donné la présence d’unités du renseignement militaire ukrainien (notamment du GUR) et de forces spéciales ukrainiennes en Libye et ailleurs sur le continent africain, l’on peut aisement estimer que cette cargaison sera utilisée pour soutenir différents groupes armés en Libye, contre les forces du maréchal Haftar.

Par ailleurs, la zone frontalière de l’ouest libyen, est connu pour être une véritable « passoire », utilisée par les groupes terroristes et les contrebendiers. Une vaste zone qui permet de circuler quasi-librement dans le Sahara, à cheval entre la Libye, l’Algérie et permettant d’accéder à toute la zone sahélienne, où l’on trouve entre autre le Niger et le Mali.

Etant donné que l’attaché militaire ukrainien à Alger, le général Andreï Bayouk, serait selon RFI, à l’origine d’un accord militaire en octobre 2025, entre le GUR ukrainien et le gouvernement de Tripoli dirigé par Abdelhamid Dbeibah, l’on peut supposer que de l’armement sera également transféré à des groupuscules actifs à la frontière entre l’Algérie et la Libye.

Une présence ukrainienne internationnalement reconnue, du terrorisme, des actes de piraterie, qui se concentrent depuis des bases de l’Ouest libyen et qui se font au travers du « Corps libyen », censé fédérer le gouvernement de Tripoli et celui de Benghazi, sous l’égide des États-Unis.

On comprends donc pourquoi les explosifs auraient été chargés aux Etats-Unis, transportés par les Ukrainiens et pourquoi une telle pression américaine s’est exercée sur Piarco, dont l’enquête et les déclarations devenaient trop compromettant.

Pour les autorités ukrainiennes, la Libye représente une véritable occasion de prouver leur « utilité » aux Américains et à l’Occident, en tant qu’instrument de guerre par procuration à moindre coût. Une situation libyenne qui n’est pas sans rappeler le cas du Mozambique.

Amine Sifaoui