C’est un sujet qui revient sur la scène médiatique de manière récurrente, car les fonctionnaires de l’administration pénitentiaire alertent régulièrement le public. Le monde des prisons est évidemment un sujet épineux pour le régime et le pouvoir en place, car les moyens engagés au fur et à mesure des présidences n’ont jamais été à la hauteur du défi. La France est devenue également au fil du temps, la championne d’Europe pour le taux de criminalité, devançant tous les pays européens. Devant ce fléau, la population française a également augmenté pour se porter à plus de 68 millions d’habitants, avec une fatale augmentation de la population carcérale. Enfin, l’administration pénitentiaire ne fait pas rêver, difficiles conditions de travail, absence de soutiens politiques, violences de plus en plus fréquentes dans les prisons, les salaires n’incitent d’ailleurs pas à commencer une carrière, dans une institution nécessaire et vitale pour le pays, mais écrasée par le désintérêt des politiques et du régime.
Dernièrement, le syndicat Ufap-Unsa Justice a été rejoint par la CGT-Pénitentiaire et la SPS-CEA menaçant de bloquer les prisons pour commencer un bras de fer avec le régime en place et les autorités. En ce jour, 27 avril le blocage concerne de nombreux établissements carcéraux, alors que la colère et l’exaspération des personnels sont à leur paroxysme. Dans cet article de l’Aurore Nouvelle nous tenterons de donner quelques chiffres pour comprendre la situation et le drame que vivent les fonctionnaires, abandonnés de longue date par le pouvoir. Les personnels lançaient un appel au secours et un cri de colère. Le syndicat Ufap-Unsa Justice déclarait : « quitte à crever autant le faire devant les portes ! ». Il faut dire que la France est probablement devenue aussi la championne d’Europe de la surpopulation carcérale… En route pour le monde clos des prisons !



La surpopulation carcérale au cœur du problème. Des prisons obsolètes et vieillissantes, des structures inadaptées, des moyens parfois dérisoires, c’est la situation récurrente des établissements carcéraux. Si certaines prisons modernes et nouvelles ont été construites en France, la situation reste dramatique car les syndicats annoncent une population carcérale de 88 000 détenus (pour 64 400 places). Entre l’an 2000 et 2026, l’augmentation du nombre de prisonniers a été de 80 %… du jamais vu en France. Ils étaient 48 049 prisonniers en l’an 2000, 55 633 six ans plus tard (2006), 62 467 en 2011… et déjà 72 796 en 2014. Après une petite période de stagnation, la population carcérale enregistra de nouvelles hausses : 74 244 en 2018, 77 183 en 2022, 86 229 en 2025 et déjà plus de 88 000 en 2026. Le profil des prisonniers est très divers, avec 3,5 % de femmes, 1 % de mineurs, mais surtout 24,6 % de citoyens étrangers… C’est aussi une des conséquences d’une migration massive en France et des politiques gouvernementales non adaptées et échouant à intégrer les primo-arrivants. Enfin c’est une conséquence également de l’Union européenne, avec des frontières qui n’existent plus que sur le papier et la possibilité des criminels, dans un vaste espace géographique, de circuler et commettre leurs méfaits en France. La dernière cause est l’incurie de la Justice française, complètement débordée par l’explosion de la criminalité. En décembre 2025, 31,5 % des prisonniers étaient détenus en attente d’un jugement, un chiffre énorme et hallucinant.



La France en passe de devenir (ou qui est déjà) championne de la surpopulation carcérale. La France n’est pourtant pas dans les pays ayant la plus grande population carcérale dans le monde, les champions restant les États-Unis (1,67 million de prisonniers), la Chine, le Brésil ou l’Inde. Pour le taux d’incarcération de prisonniers, pour 100 000 habitants, la France n’est pas non plus dans les pays de tête, alors que les champions sont le Salvador, les états américains de Louisiane et du Mississipi, Cuba ou le Rwanda. Au niveau de l’attente des jugements, c’est le Sri Lanka qui emporte le pompon, avec 72,4 % de détenus dans cette attente. Enfin, au niveau européen, la France est hélas en deuxième position pour la surpopulation carcérale… Le premier pays est la Slovénie avec un taux d’occupation des prisons de 134 %. Elle est suivie par la France (entre 124 et 137 % selon les sources), Chypre (132 %), puis à égalité, l’Italie, la Belgique ou la Roumanie (113 %). Deux autres pays sont au bord de l’étouffement, à savoir le Royaume-Uni et les Pays (99 et 95 %), mais la situation est encore maîtrisée. Rien que pour la France, c’est une augmentation constante de 200 nouveaux prisonniers chaque semaine, une situation infernale et ingérable pour les personnels de l’administration pénitentiaire. Malgré l’aspect écœurant de ces solutions, deux pays pourtant considérés comme progressistes, la Suède et le Danemark préfèrent payer des pays comme le Kosovo et l’Estonie pour déporter des prisonniers et les incarcérer sur leurs territoires… En France, au vu de l’importance du nombre de prisonniers étrangers, c’est l’expulsion sèche des criminels qui est privilégiée, mais le problème reste… la lenteur et le peu de moyens de la Justice… Enfin, les chiffres étatiques sont peut-être faux, car des sources anglo-saxonnes parlent pour la France, d’un taux de surpopulation carcérale de… 160 %. En 2026, la France ne disposait que de 64 400 places dans les prisons… pour plus de 88 000 prisonniers, selon des chiffres officiels. Le phénomène est d’ailleurs si inquiétant que le Conseil de l’Europe et Comité pour la Prévention de la Torture, les traitements inhumains et punitions (CPT) s’inquiétait de la situation et des conséquences sur les détenus et les personnels.



5 000 postes vacants dans l’administration pénitentiaire en France. L’administration pénitentiaire en France comprend un total d’environ 30 000 agents et personnels de surveillance. Il faut y ajouter les personnels d’insertions, les personnels de directions et ceux techniques, pour la maintenance, la logistique et l’entretien des infrastructures. Le problème est que les gouvernements successifs n’ont pas anticipé l’augmentation de la population carcérale, y compris depuis la macronie, laissant la situation se dégrader jusqu’à atteindre un seuil proche de l’implosion. La France fait partie des mauvais élèves en Europe, derrière la Pologne, la Grèce, la Roumanie ou l’Espagne, avec un taux déjà très limite, de 1,7 prisonnier par personnel. La moyenne européenne se situe vers les 1,5, mais les bons élèves sont à 1, voire 0,8 prisonnier par personnel. Dans l’urgence le gouvernement a annoncé un plan pour l’année 2027… A cette date, Emmanuel Macron sera dans la nature, ses deux mandats dans le passé et après Macron… le déluge ! Toutefois dans la fin de l’année 2025, le Ministère de la Justice a annoncé le recrutement massif de 10 000 personnels surveillants. Avec un salaire de 2 000 euros pour commencer, les candidats ne se bousculent pas au portillon, notamment en Île-de-France, où pour attirer des gens, une prime de 8 000 euros est proposée… à la fin d’un contrat de 6 ans.



Des politiques irresponsables pendant 35 ans. Pour combler la surpopulation carcérale, après 25 ans d’abandon des personnels de l’administration carcérale, les marrons de la farce et dernière roue du carrosse… il faudrait construire 35 nouvelles prisons… pour 23 000 places supplémentaires. Des années 1990 à 2020, des plans avaient été mis en place pour construire de nouvelles prisons ou des aménagements, pour environ 25 000 places supplémentaires. Ce programme inadapté n’a pas réussi à régler le problème endémique, qui existait déjà à l’époque des présidents Mitterrand et Chirac. En 2018, la macronie avait annoncé le plus ambitieux plan de constructions et de places pour les détenus, le fameux plan « des 15 000 places »… Problème, 7 ans plus tard seules 4 500 places avaient été livrées et le plan ne partait pas sur le déficit réel de 25 000 places. Il était voué à l’échec avant même d’avoir été mis en œuvre. Cette gestion catastrophique et l’abandon de l’administration pénitentiaire depuis 35 ans… sont de la responsabilité des gouvernements. Hélas, la situation s’est encore aggravée sous Emmanuel Macron… Les prisons ne font pas rêver, n’apportent pas de voix dans les urnes, ne rapportent pas d’argent… ni ne sont prioritaires pour remplir des intérêts dictés de l’étranger. Les seuls milliards envoyés par la France à l’Ukraine auraient permis bien de régler bien des choses… Triste réalité.
