Une rubrique sur la corruption des milieux et élites politiques, alors que depuis l’apparition des politiciens professionnels, cumulards de mandats, les affaires éclatent les unes après les autres sous la Ve République. Ces politiciens sont devenus une caste, à la manière de l’aristocratie sous l’Ancien Régime. Ils ne s’intéressent pas à l’intérêt général, ni de la France, ni du Peuple français, mais à des objectifs personnels, de carrière, d’enrichissement, de pouvoir. Ils sapent le tissu social, détruise la souveraineté de la France, pratiquent le clientélisme, vivent dans des milieux endogames et népotiques, ils viennent hélas de toutes les franges politiques et mon propos ne sera pas d’attaquer un ou plusieurs partis politiques, mais de les attaquer tous. Pour le faire une arme simple : la biographie. A travers l’étude des biographies, apparaît alors la vraie nature de ces politiciens corrompus, d’oligarques, de barons locaux et d’une faune cravatée.
C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires furent plus nombreuses à partir de la présidence de Giscard d’Estaing et François Mitterrand, puis se multiplièrent jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a pris une ampleur inquiétante. Nous assistons à une corruption massive des milieux politiques, le mauvais exemple étant donné au plus haut niveau de l’État. Mon propos sera de balayer un demi-siècle de corruption endémique, un état des lieux effrayant mais nécessaire.
Aujourd’hui j’aborderai le cas de Marlène Schiappa et de l’affaire du fonds Marianne, nous partirons dans les coulisses de la Macronie, une affaire de détournements de fonds, de favoritisme, d’abus de confiance, le magazine Play Boy, un recyclage dans un cabinet de conseil en communication sulfureux, une Légion d’honneur… et toujours un procès en suspens. Voici les frasques dans l’Aurore Nouvelle de Marlène Schiappa.



Mais qui est Marlène Schiappa ? Elle naquit à Paris, le 18 novembre 1982, dans une famille de la bourgeoise et de fonctionnaires. Ses parents étaient des militants trotskistes lambertistes, son père étant historien et sa mère proviseure adjointe dans un établissement scolaire. Elle fit des études supérieures de géographie à la Sorbonne, qu’elle abandonna au bout d’une année. Elle persista cependant vers une licence en communication et nouveaux médias, à l’Université de Grenoble, lors d’un congé de maternité, bien des années plus tard.
Avec un simple baccalauréat, elle fut recruté par l’agence de publicité Euro RSCG (aujourd’hui Havas Worldwide, (2007), qu’elle quitta très vite pour s’occuper de sa fille (2008). Femme au foyer, elle avait créé un webzine (Les Pasionarias, 2007), qui devint une association loi 1901, pour la défense de l’égalité parentale et la conciliation de la vie professionnelle et privée (2008). Elle prit la plume rapidement, publiant plus de 36 livres, dont des romans érotiques sous le pseudonyme de Marie Minelli (2011 à nos jours).



L’engagement en politique. A l’exemple de ses parents très politisés, elle s’engagea très jeune, candidate sur une liste de gauche, aux élections municipales de la mairie du 14e arrondissement de Paris (2001). Elle s’encarta dans le Parti Socialiste et fut pour la première fois élue adjointe du maire du Mans (Jean-Claude Bourlard, PS, 2014). Elle cofonda alors un Mouvement des élus français pour l’égalité (2014). Elle échoua l’année suivante à se faire élire aux élections départementales, pour le canton du Mans-3 (au deuxième tour, 43,1 % des voix). Ayant échoué devant les électeurs, elle fut toutefois nommée conseillère de Laurence Rossignol, alors ministre de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes (2016), s’infiltrant dans les milieux de pouvoir. L’année précédente, elle avait rencontré un certain… Emmanuel Macron et lui avait offert l’un de ses livres (fin 2015).
L’une des pièces maîtresses de la Macronie. Elle se rallia immédiatement à la candidature de Macron et mena campagne à ses côtés. La récompense fut sa nomination comme Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes (2017-2020). Elle monta encore quelques marches, nommée ministre déléguée chargée de la Citoyenneté (auprès du ministre de l’Intérieur, 2020-2022). L’engagement politique de son père pour la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon marqua cette période, avec des prises de position ferme contre sa propre fille (2021-2022). Cumularde de mandats, elle s’était faite élire conseillère régionale d’Île-de-France (2 juillet 2021-à nos jours). A la réélection d’Emmanuel Macron à l’Élysée, elle fut nommée secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale et solidaire et de la Vie associative (2022-2023). Pendant ces années au plus proche du pouvoir, elle fut largement mise en scène par la propagande étatique, se rendant très vite impopulaire dans l’opinion publique, pour des prises de positions controversées, des déclarations « de plante verte » et un style méprisant. Dans les seules actions positives durant ses fonctions ministérielles, il faut mettre à son actif des lois pour la protection des enfants contre les châtiments corporels et violences, et elle demanda dès 2019, une enquête sur les activités pédophiles du condamné en France… en vain. Mauvaise communicante, sa carrière paraissait toutefois à bout de souffle, recyclée avec un simple secrétariat d’État, c’est alors que l’affaire du fonds Marianne éclata (2023).





Mais qu’est-ce que l’affaire du fonds Marianne ? Marlène Schiappa avait été la fondatrice d’un fonds Marianne (avril 2021), doté de 2,5 millions d’euros, dont les fonctions étaient : « de lutter contre les discours haineux sur les réseaux sociaux ». Deux ans plus tard, les médias Marianne et France 2 révélaient des dysfonctionnements dans le fonds, une opacité, une gestion catastrophique et des résultats dérisoires. Il est intéressant de noter qu’elle fut sans doute victime de son propre camp politique, car un média public comme France 2, ne pouvait attaquer un membre de la Macronie, ni avoir des renseignements confidentiels de ce genre, sans avoir reçu des ordres d’en haut… de très haut. Très vite les révélations provoquèrent des investigations. Il fut révélé que le fonds Marianne pratiquait le favoritisme, allouant d’incroyables sommes d’argent à des improductifs. La plus grosse subvention était allouée à l’USEPPM, l’association Mohamed Sifaoui, ayant produit 13 vidéos sur une chaîne YouTube pour environ 200 vues… Or cette subvention était de 355 000 euros d’argent public ! Le Parquet national financier lança une procédure pour favoritisme, détournement de fonds publics et abus de confiance. Mise en cause, son procès traîne dans les couloirs de la justice, mais elle fut évincée du gouvernement (20 juillet 2023).



Play Boy et Tv réalité. Déjà éclaboussée par le scandale et l’enquête étant en cours, elle avait fait la une du magazine érotique Play Boy, en tenue habillée mais très suggestive, pour une interview sur les droits des femmes (8 avril 2023). L’édition fut un record, avec 100 000 magazines écoulés en moins de trois heures, mais elle créa un malaise et détruisit un peu plus sa notoriété. L’incompréhension du public et le côté indécent de la situation devait déclencha la polémique, en plus de la souillure sur la cause des droits de la femme. Elle fit de nouveau un faux pas, en participant à une émission de TV réalité, Traîtres (M6). Cette participation fut jugée comme incompatible avec ses fonctions ministérielles. Elle était également montrée du doigt pour une vie dissolue, avec une succession de trois mariages, le premier en 2001, le second avec un cadre supérieur et consultant RH (2006), le dernier avec Matthias Savignac, Président de la MGEN, la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (2025). Elle fut éconduite suite à cette série de frasques, s’ajoutant à l’accumulation d’impairs médiatiques et de déclarations stratosphériques en public, provoquant les moqueries ou le scandale.






Épilogue. Elle attend toujours son procès, à une date inconnue… mais ses protections devraient lui éviter des désagréments. La punition fut son éviction de la proximité d’Emmanuel Macron, largement commentée par la presse française, parlant comme au temps des rois : « de disgrâce ». Elle se recycla dans le privé, entrant dans l’agence de relations publiques Tilder (15 novembre 2023), dans le conseil en communication. Elle avait rencontré Matthias Savignac lors d’un voyage au siège de l’ONU, à New York (fin 2022), alors qu’ils étaient tous les deux mariés, avec chacun deux enfants. Les deux amants quittèrent leurs conjoints et l’annonce officielle de leur nouveau couple fut faite dans le magazine people, Gala (mars 2024). Elle fut comiquement décorée de la Légion d’honneur par le Président Macron (janvier 2025), décoration totalement incompréhensible, mais dont vous découvrirez les raisons après l’épilogue de cet article. Elle se maria avec Savignac la même année et donna naissance à un troisième enfant (2025). Enfin, elle se décida à un retour en politique par la petite porte, réussissant à se faire élire conseillère de Paris (mars 2026). Elle était candidate dans la liste de Pierre-Yves Bournazel, pour les partis Horizons et Renaissance, les deux entités de la Macronie et cumule toujours son autre mandat comme conseillère régionale d’Île-de-France. En plus de son salaire sans doute très confortable chez Tilder, elle touche environ 3 000 pour chacune de ses fonctions de conseillère, pour un salaire total se plaçant sans doute vers les 12-15 000 euros… Les droits de la femme ont parfois du bon… mais pas pour toutes les femmes.



Mais qu’est-ce que l’agence Tilder ? L’agence est un cabinet de conseil en communication très influent auprès des grands patrons français, mais connu pour des méthodes controversées. Il fut fondé en 1991, à Paris, par Matthias Leridon… un ancien de Sciences Po Paris. Le cabinet a été épinglé par la presse dans divers scandales, le management de Léridon étant considéré comme : « violent, mégalomane, dictatorial » (Libération), alors que le cabinet avait perdu de nombreux clients, dont Engie, Air France, la SNCF, le groupe Casino et subi le départ de nombreux associés et d’employés n’étant restés parfois que quelques semaines (2018-2020). Mathias Léridon a été surnommé « le gourou de la com », avec des montages financiers opaques et à la limite de l’illégalité. Il défraya la chronique en promettant à des clients la Légion d’honneur… que justement Marlène Schiappa obtînt après son entrée dans le cabinet… Une dizaine de clients l’obtinrent effectivement, via le quota de Michel Sapin, membre du comité consultatif de Tilder… Le cabinet propose des services en stratégie d’image et de réputation, en gestions des situations sensibles et de crise, en relations avec les médias, avec les investisseurs et en formation des dirigeants aux médias. Il est aussi spécialisé dans le lobbying et les relations institutionnelles… avec le pouvoir. Aux côtés de Léridon d’autres Schiappa hantent les corridors de l’agence, notamment des conseillers politiques…
