L’Éducation nationale annonce la perte de 1,7 million d’élèves d’ici à 2035

L’Éducation nationale annonce la perte de 1,7 million d’élèves d’ici à 2035

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Plusieurs articles dont celui de FranceInfo, via l’agence de propagande du gouvernement français, l’AFP, évoquent des projections du ministère de l’Éducation nationale pour la perte de 1,7 million d’élèves dans les écoles, que l’on parle du public ou du privé. Cette déclaration a été faite par le ministre Édouard Geffray, le 7 avril dernier, mais les publications ne s’attardent pas sur les causes, qui sont ici ignorées, avec un unique passage en revue de la situation. La date annoncée est également choquante, puisqu’il s’agit de l’année 2035, une échéance très courte de 9 ans.

Nous essayerons dans cet article de l’Aurore Nouvelle d’analyser les raisons d’un tel effondrement, qui concerne évidemment la vitalité de la natalité en France et donc devrait provoquer un débat sur les raisons de cette catastrophe annoncée. Car au final, ne s’agit-il pas de la responsabilité de gouvernants qui depuis un demi-siècle ont engagé le pays vers ce déclin ? A ma connaissance, aucun débat national, ou cause nationale n’a été lancée sur cette thématique, alors que l’avenir d’une civilisation, d’un pays, passe évidemment par une dynamique démographique, qui devrait être motivée par le gouvernement.

Plusieurs points sont à prendre en compte, que nous allons passer en revue, certaines des politiques gouvernementales sont d’ailleurs très anciennes, d’autres plus récentes. Les causes sont aussi sociétales et d’une profonde mutation et transformation de la société, avec des phénomènes supranationaux. Mais c’est seulement en essayant d’embrasser l’ensemble du tableau que l’on peut comprendre cette dramatique embolie.

Politiques nationales de l’avortement et de la contraception. Elles furent initiées de longue date, avec des lois votées au milieu des années 70. Le combat politique de cette époque était d’affirmer que les femmes devaient avoir accès à l’avortement, notamment toute une frange de jeunes femmes fragiles et mises en danger par une naissance impromptue. En surfant sur le féminisme, ces lois furent votées sous la présidence de Giscard d’Estaing (1975). Elles s’étendirent autour de la crise et d’une « épidémie » de Sida (années 80), avec des campagnes massives pour la contraception, féminine ou masculine, « mécanique » ou « médicamenteuse ». Là encore les arguments furent ceux de la santé, du féminisme, de la protection des plus faibles et de l’amélioration du niveau de vie, par rapport à des enfants non désirés. Mais dans les faits, l’offensive étatique s’est poursuivie dans une politique eugéniste, dont l’Allemagne nazie n’aurait pas même rêvé. Les délais de l’avortement furent repoussés progressivement, permettant d’intervenir tardivement, tandis que les bonnes intentions se transformèrent vite en l’élimination de tous les enfants pouvant être atteints de maladies, ou d’handicaps. C’est ici exactement les termes de l’idéologie eugéniste développée en Occident à partir du XIXe siècle. Mais ces politiques n’auraient pas eu de graves conséquences sans l’apparition de la civilisation du confort et des loisirs.

Civilisation du confort et des loisirs. Apparue à partir des années 50-60, magnifiée par la société de consommation, supportée par le capitalisme, puis le mondialisme, la naissance de cette civilisation supranationale du confort et des loisirs s’est répandue en Occident et au-delà de ses frontières. Elle fut permise par un gaspillage de ressources, paraissant alors illimitées, par l’explosion du marketing, de la publicité et de politiques agressives de ventes. Dans le même temps, la possibilité de contracter des crédits auprès des banques, avec des évolutions constantes (cartes de fidélité, crédits à taux 0, crédits à la consommation, crédits proposés par les grandes enseignes de la distribution, etc.), permit l’accès à un niveau de confort d’une large part des populations, avec l’émergence d’une classe dominante : la classe moyenne. Explosion des équipements dans les foyers, acquisition de voitures (parfois plusieurs par foyer), acquisition de biens immobiliers, démocratisation des vacances (y compris des destinations lointaines), ce phénomène a placé plusieurs curseurs sur le devant de la scène : le matérialisme, l’individualisme, le carriérisme, l’oisiveté. En quelques décennies, toute une France industrieuse, travailleuse, économe et populaire fut détruite, au profit d’aspirations de la majorité de la masse pour atteindre cette civilisation et avoir accès à ses possibilités. Cette évolution a commencé dans les années 50, avec une accélération dans les années 70-80 et une explosion dans les années 2000-2010. Ce cheminement a été le résultat d’un globalisme international, qui n’a connu aucun frein, encore moins de réactions des gouvernements.

Individualisme, égoïsme : l’homme est Dieu et omniscient. Après la vague du Baby Boom (1945-1952), puis la phase des Trente Glorieuses (1945-1975), la société a été secouée par plusieurs crises existentielles, autour de la liberté sexuelle, la condition de la femme, le féminisme, le sexisme, la théorie du genre, la liberté des minorités sexuelles et la frontière ténue entre les interdits et la morale. Les chocs commencèrent avec la Révolution de Mai 68, une démocratisation de la pornographie, qui explosa plus tard avec l’arrivée d’Internet. L’offensive féministe, mais souvent en réalité sexiste, connue une montée en puissance, avec des étapes. Les gouvernements participèrent parfois à ces chocs, notamment avec la crise du Mariage Pour Tous (2012-2013), l’arrivée sur le devant de la scène des FEMEN (2013-2015), ou une intense propagande autour « des féminicides » (fin des années 2010-début des années 2020). Couplée avec la civilisation du confort et du loisir, avec un écroulement notable de la foi et de la pratique religieuse dans le même temps, la France passa de l’époque « de Germinal », au XXIe siècle, à une entrée sur le marché du travail de plus en plus tardive. Actuellement la moyenne de sortie du système éducatif est autour des 23 ans, mais l’arrivée ferme sur le marché du travail se situe plutôt vers les 25-26 ans. Tous ces curseurs reliés ensemble ont impacté l’arrivée d’un premier enfant dans un couple, alors qu’en 2025, la moyenne d’âge pour un premier enfant est de 31 ans pour les mères et de 34 ans pour les pères. Le phénomène s’explique par une conjonction d’allongement des études, de l’envie de libertés (y compris sexuelles), de soutien propagandiste étatique des minorités sexuelles forcément stériles, de désirs de carrières, de jouissances et de possessions matérialistes, où l’enfant ne prend plus sa place que tardivement dans le calendrier de vie.

L’absence de politique nationale démographique et de natalité. Pendant toute cette durée, aucune politique nationale de natalité n’a été mise en place. De fait l’indice conjoncturel de fécondité s’est effondré pour passer de 2,02 enfants par femme (2010), à 1,56 (2025). La population n’étant plus remplacée par une natalité dynamique, les politiques gouvernementales n’ont trouvé qu’une parade : l’ouverture en grand des frontières et l’accueil de plusieurs millions de migrants. Que l’on soit pour ou contre et là n’est pas la question, la France a compensé cet effondrement de la natalité par des flux migratoires de plus en plus importants. Malgré des politiques d’allocations familiales, ce mécanisme n’a pas réussi à compenser la civilisation des loisirs et de l’individualisme. De fait, après un certain temps, les migrants sont eux-mêmes totalement intégrés dans les standards de la société française, alors que la future disparition de la génération du Baby Boom creuse un vaste abîme. Elle sera ensuite suivie de la disparition des enfants de la génération du Baby Boom (nés dans les années 60-70). Ces derniers avaient d’ailleurs provoqué un sursaut de natalité (fin des années 90-début années 2000), mais derrière ces trois générations « prolifiques », il y a un vide, compensé pour l’instant uniquement par l’acceptation de l’entrée de centaines de milliers de migrants. De manière assez surprenante, aucune politique nationale n’a été initiée par aucun gouvernement français. Aucune cause nationale n’a été déclarée, aucune action tentée auprès des plus jeunes. Au contraire ceux-ci sont assaillis simultanément par « la liberté sexuelle », la « liberté du genre », le désir de carrières, jouissances, profits, loisirs ou vacances, le tout aggravé par les politiques eugénistes et se complétant désormais avec l’offensive sur l’euthanasie (y compris des jeunes).

La seule réponse d’Emmanuel Macron qui : « a pris conscience de ce défi démographique » aura été d’annoncer de nouvelles mesures et la création : « d’un congé de naissance rémunéré pour tenter d’inverser la tendance et la mise en place d’une allocation universelle de 250 euros par mois dès le premier enfant » (pour juillet 2026). La réponse de « l’homme Dieu » reste totalement décalée, il ne s’agit pas d’amour, des joies de la maternité ou paternité, du devoir de transmission, de passage du relai, ni du plus bel acte dans une vie humaine… mais d’argent… encore de l’argent ! La réponse est d’autant plus décalée, que les mesures seraient urgentes. Rappelons toutefois que le Président Emmanuel Macron n’a jamais eu d’enfants… qu’attendre dès lors d’un citoyen « stérile » de la civilisation du confort et des loisirs ? Une nation qui ne sait plus rêver, ne pense que confort et argent, avec des politiques économiques désastreuses et contraires aux intérêts de sa population ne peut qu’aller vers le « Baby Crash ».