La rubrique dans les couloirs des chiens de garde du journalisme a pour but de présenter des biographies de l’écosystème du « journalisme français ». En 1995, Serge Halimi du journal Le Monde Diplomatique dénonçait le scandaleux système dans son « Les Nouveaux Chiens de garde », décrivant comment le pouvoir contrôlait l’information et le journalisme, l’étranglant et supprimant la plupart des standards de l’indépendance nécessaire de la liberté effective de la presse. En usant des biographies, via la prosopographie, l’étude de masse des biographies, on peut comprendre comment le système fonctionne et pourquoi Serge Halimi avait plus que raison. Depuis les années 90, la situation hélas s’est grandement aggravée, au point qu’il est urgent que l’opinion publique connaisse la vérité. En général, les simples citoyens ne connaissent pas les coulisses du journalisme, ne savent pas qui sont ceux qui sont censés les informer et qui en fait les désinforment, quant ils ne diffusent pas de fausses nouvelles ou ne servent pas la guerre psychologique et cognitive qui est menée contre la population française.
Aujourd’hui nous aborderons le cas de Delphine Ernotte Cunci, qui est président du groupe France Télévisions, énorme machine de propagande d’État du gouvernement français. Elle en est déjà à son troisième mandat, ce qui pose déjà des questions sur le fait qu’elle soit vissée à ce siège, alors qu’elle est mise cause dans plusieurs affaires. Dernièrement elle était entendue par une commission d’enquête de l’audiovisuel public. Mais Delphine Ernotte Cunci n’est pas seulement un pion central des chiens de garde des médias publics, elle entre aussi dans la case des fonctionnaires corrompus. Dans cet article de l’Aurore Nouvelle, nous aborderons les affaires… 69 cadavres dans un placard d’Orange, les têtes coupées à France TV de personnalités masculines du groupe, des accusations graves d’être un agent européiste et enfin la vie de château aux frais des contribuables : Cannes, hôtels de luxe, petits fours et champagne…



Mais qui est Delphine Ernotte Cunci ? Elle naquit à Bayonne, le 28 juillet 1966, dans une famille de la bourgeoisie, fille de médecins. Elle fit des études supérieures qui n’avaient rien à voir au départ avec le journalisme et les médias, réussissant le concours d’entrée à l’École Centrale Paris, dont elle sortit diplômée (1989). Elle devait alors faire une longue carrière chez France Télécom, plus tard devenu Orange, à des postes de cadre supérieur pendant plus de 25 ans.
La très suspecte durée de ses mandats comme présidente de France Télévisions. Elle fut d’abord analyste financière (1989-1993), puis ingénieur économiste (1993-1999), directrice générale de la filiale SDR (2000-2004), directrice régionale du Centre-Val-Loire (2004-2006), directrice de la communication chez Orange (2006-2008), directrice commerciale France (2008-2009), directrice générale adjointe chargée des opérations France (2010), puis enfin Directrice générale d’Orange France (2011-2015). Arrivée au fait de sa carrière, elle fut alors élue présidente de France Télévisions(2015-à nos jours), collée à son siège sans discontinuité depuis la fin de la présidence d’Hollande et durant toute l’ère Macron… un fait déjà très suspect. Son deuxième mandat fut reconduit le 22 juillet 2020, et le troisième le 14 mai 2025, ce qui en principe la laissera à cette place stratégique jusqu’en 2030…



Delphine Ernotte Cunci…les affaires et l’agent européiste. Mais la présidente de France Télévisions n’est pas seulement un pion central du système des chiens de garde, elle entre aussi dans la catégorie des fonctionnaires publics corrompus et traîne derrière elle un certain nombre d’affaires qui posent beaucoup de questions sur son maintien à la tête du groupe. Elle fut d’abord mise en cause dans l’affaire des suicides chez Orange (2008-2014). Une vague de suicides, près de 60 entre 2008 et 2010, puis encore 9 entre janvier et mars 2014, secoua le groupe France Télécom en raison d’un management toxique et violent. Devenue directrice générale d’Orange France (2011), elle finit par admettre : « avoir ressenti un mélange de profonde culpabilité et de déni et une remise en question fondamentale ». Des paroles qui ne pouvaient cacher les 69 cadavres présents dans son placard… Arrivée à la tête de France Télévisions, ses propos ne furent pas mis en action, car elle se lança dans une politique des têtes coupées. Elle fit mettre dehors des personnalités du groupe, qu’elle jugeait : « trop âgées » mais aussi surtout « trop masculines ». Elle déclara : « qu’on a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans ». Les victimes furent David Pujadas, Julien Lepers, Patrick Sébastien et William Leymergie, des animateurs appréciés des Français. L’affaire suivante fut celle des « primes européistes » (2021), où le journal Le Monde révéla qu’une partie variable des rémunérations des rédacteurs en chef de France Télévisions dépendait de leurs efforts pour renforcer la couverture de sujets comme la diversité, l’Union européenne et l’Outre-Mer. Le journal Marianne dénonça alors : « une prime financière et de contrainte éditoriale pour mettre en avant l’européisme et pour pousser les Français à aimer l’UE ».



Le chien de garde du système. Elle fut bientôt accusée de la « wokisation » de France Télévisions, d’orientation de l’information à gauche et en faveur de la Macronie. Sur les antennes, des voix exprimèrent le fait que le groupe ne représentait plus la France réelle, mais une France virtuelle présentée sous un aspect de propagande. Sur Cnews, Pascal Praud déclara carrément : « qu’elle est l’Eva Peron du camp du bien et qu’elle a wokisé France TV ». Devant un scandale montant en puissance (2024), une commission d’enquête parlementaire fut diligentée pour se pencher sur la neutralité de l’audiovisuel public, alors qu’une vidéo avait circulé montrant des journalistes de France Inter (Patrick Cohen, Thomas Legrand) en discussion privée avec des responsables du PS, afin de manipuler l’opinion publique en vue de la présidentielle 2027. Elle a été auditionnée par la commission d’enquête (8 avril 2026) et répondit vertement au rapporteur, Charles d’Alloncle, indiquant : « ce que vous dites est absolument faux et je trouve ce procédé manipulatoire », des propos d’accusations inversées particulièrement cyniques (2025-2026).



La basse corruption de Delphine Ernotte Cunci. Mais l’affaire la plus grave fut sans doute celle des hôtels de luxe à Cannes et les détournements de fonds (2026). L’affaire commença par plusieurs plaintes du syndicat CFE-CGC concernant plus de 110 000 euros de frais d’hôtel de luxe réglés par France Télévisions pour la couverture du festival de Cannes (mai 2023). Plusieurs dirigeants étaient bénéficiaires de cette pluie de luxe, de petits fours, de paillettes et de champagne, dont Delphine Ernotte Cunci et les deux fondateurs du média Brut, partenaire du groupe public. Dans le déni total, elle nia : « avoir dépensé un euro d’argent public », invoquant une pratique de Barter, l’échange de chambres contre des espaces publicitaires invendus, une pratique suspecte qu’elle affirmait être pratiquée par tous les médias. Immédiatement, le syndicat s’est constitué partie civile, alors que l’avocat du syndicat déclarait : « nous nous attendons à ce que Delphine Ernotte Cunci soit personnellement entendue ». Une information judiciaire a été ouverte, pour détournements de fonds et abus de confiance, visant au premier chef Ernotte Cunci… La pudeur et la décence auraient voulu qu’elle démissionne ou soit déposée de ses fonctions, mais comme souvent, les criminels pris la main dans le sac s’accrochent aux branches. Elle avait déjà été mise en garde à vue, dans une autre affaire, celle d’événements à Nice dans le cadre d’une enquête judiciaire impliquant le couple Estrosi (juin 2025). L’affaire est aussi très ennuyeuse pour le pouvoir, car sa condamnation poserait des questions épineuses et l’enquête pourrait révéler tout un système de « la vie de château » de ces hauts fonctionnaires des médias publics. Affaire à suivre.
