Dans un article du journal de propagande étatique français, France Info, une annonce forte a été faite à propos : « de huit procédures pour terrorisme d’État actuellement en cours, visant notamment l’Iran, la Russie et l’Algérie ». La parole était donnée à Olivier Christen, le procureur national antiterroriste de la France, qui donnait une interview à ce média public de l’Élysée. Sa lecture laisse toutefois émerger plusieurs problématiques. Parmi elles, au premier chef, les raisons souterraines de cette publication. En second lieu les propos qui sont développés et qui mettent en exergue un problème de légitimité. Enfin en trois, des déclarations qui font douter sur la réalité des « terroristes » poursuivis par la justice française.
Pour comprendre, voici l’analyse dans l’Aurore Nouvelle et un décryptage nécessaire à propos d’un parquet détourné de ses fonctions premières. Il a été créé par l’ordre d’Emmanuel Macron (2019) et Olivier Christen fut nommé à sa tête par le président français en personne… Il fait depuis sa nomination des sorties médiatiques sur « la menace terroriste qui est de retour et polymorphe ». Mais en 5 années, la France n’a eut à connaître que deux attentats ! Voici donc Olivier Christen, Don Quichotte et les terroristes imaginaires :

Mais qui est Olivier Christen ? Il naquit à Limoges, le 24 décembre 1971 et fit des études supérieures de droit privé. Il réussit le difficile concours de l’École nationale de la magistrature (1995), dont il sortit diplômé (1999). Il fut nommé juge d’instruction à Pontoise (1999-2002), puis rédacteur au bureau de lutte contre le crime organisé (2002-2004). Il montra en puissance, d’abord adjoint au chef de service législatif au Secrétariat général du Gouvernement, travaillant pour les services du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (2005-2007). Il fut nommé vice-procureur puis chef de la section antiterrorisme du Parquet de Paris (2010-2014). De cette époque, il fut nommé sous-directeur de la justice pénale spécialisée (2014-2016) et enfin Conseiller justice dans le cabinet des Premiers ministres Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve (2016-2017).
Désormais dans les couloirs du pouvoir, il fut nommé procureur de la République adjoint de Paris (2017-2019), directeur-adjoint du cabinet de la Garde des Sceaux Nicole Belloubet (2019), s’ancrant fermement à la Macronie. Cette allégeance le poussa encore au poste d’inspecteur général de la justice (2019-2020), puis de directeur des affaires criminelles et des grâces (2020-2024). C’est le 18 avril 2024, qu’il fut nommé procureur national antiterroriste, le PNAT. Sa nomination correspondait selon les médias : « à un moment où la menace terroriste en France était décrite comme polymorphe et dans le contexte des JO de Paris de 2024 ». Sa nomination fut poussée par un certain… Eric Dupont-Moretti, un proche d’Emmanuel Macron, alors Garde des Sceaux et fut signée par le Président de la République. Il fut immédiatement mis en scène par la presse du système, mise en scène déjà très suspecte (notamment dans le Nouvel Obs ou le journal Libération).



La politique de la peur. C’est une arme du pouvoir français bien connue, celle de la politique de la peur. Il est difficile de fixer le moment où cette politique fut mise en œuvre, mais elle prit de l’ampleur surtout après les attentats du 11 septembre à New York (2001). Elle monta en puissance jusqu’à l’instrumentalisation du mouvement des « Je Suis Charlie » et des attentats qui frappèrent le célèbre journal et d’autres personnes. Une énorme masse de citoyens français, mais aussi de citoyens d’autres pays, devinrent alors « des Charlie », dans une incroyable manipulation de masse, où les gens volontairement s’affichèrent comme tels sur leurs réseaux sociaux (2015). De cette date, plus qu’une lutte contre le terrorisme, après une série d’attentats dans Paris, notamment dans la salle de concert du Bataclan (13 novembre 2015), cette lutte devint surtout un instrument politique. Le choc fut évidemment réel dans les populations inquiètes, car cette dernière série d’attentats fut très meurtrière avec 130 morts et plus de 350 blessés. Le Président Hollande déclara l’État d’urgence en France et des plans de sécurité furent ensuite mis en œuvre. L’année suivante l’attentat de Nice, avec une voiture-bélier fit encore 86 morts et plus de 450 blessés, sur la célèbre promenade des Anglais (14 juillet 2016). Par la suite la France décompta encore 16 attentats terroristes (entre 2016 et 2024), mais seulement 2 après 2020. C’est alors que fut fondé le Parquet National antiterroriste, sous Emmanuel Macron (2019). Cette décision arrivait bien tard, l’essentiel de la vague terroriste étant passée et le danger, même n’ayant pas disparu complètement s’éteignit progressivement. Dans un contexte d’éloignement du danger, la multiplication des parutions sur « la lutte contre les terroristes » entrent surtout dans une politique de la peur initiée grandement sous le régime de Macron : peur du terrorisme (2019-2020 à nos jours), peur du Covid (2020-2022), peur de l’invasion russe (2022 à nos jours).

Faute de terroristes en inventer… C’est finalement ce que révèle l’article et les déclarations très curieuses d’Olivier Christen. Il indiquait que 8 procédures pour terrorisme d’État étaient actuellement ouvertes par le PNAT, visant trois pays : l’Iran, l’Algérie et la Russie. Mais le plus intéressant a été le développement de son propos. Il déclarait :
« Ce sont plutôt ces pays étrangers qui ne vont pas forcément commettre des actions directement contre la population française, mais davantage contre leurs opposants sur leur territoire. La seule qui s’inscrit davantage contre la population française, c’est l’Iran, puisqu’ils ciblent une part de la communauté française qui va symboliser ce que sont leurs ennemis pour eux et notamment la communauté israélite ».
Autrement dit les terroristes « algériens » et « russes » n’existent pas… ne menaçant pas le territoire français, ni des Français, n’ayant commis aucun attentat sur le territoire français. La déclaration est incroyable, notamment si l’on considère ces faits comme véritables (ce qui est déjà douteux, mais accordons-lui au moins cela), il ne s’agirait non pas de « terroristes », mais d’opposants. Il ne serait donc pas possible de parler de terrorisme, mais plutôt de « répressions »… L’absurdité du propos ne semble pas avoir provoqué de commentaires en France, encore moins de la presse, mais un autre problème se présente également : comment une institution judiciaire française serait compétente pour juger et poursuivre « des terroristes » (à fortiori imaginaires) dans des pays étrangers ?
Le concept de terrorisme d’État. C’est là la justification de tout ce battage médiatique, les terroristes imaginaires étant remplacés par des chefs d’États ou des politiques des gouvernements des pays visés, ici l’Iran, la Russie et l’Algérie. Le PNAT ne semble d’ailleurs pas trop être dépassé dans ses missions de lutte contre le terrorisme en France. Il est ici détourné dans une opération de la guerre psychologique et cognitive, à l’international et contre les populations françaises. C’est aussi un acte littéralement de guerre déclarée contre les trois pays. Si l’Iran a soutenu des organisations considérées comme terroristes, le fait est ici ridicule à propos de l’Algérie et de la Russie. Enfin, comment se substituer à des instances internationales, notamment l’ONU ou des tribunaux internationaux comme celui de La Haye, avec une institution purement nationale et qui n’a aucune légitimité pour juger des personnalités ou des citoyens étrangers, pour des faits par ailleurs ne concernant pas la France et les Français ? Nous nageons dans l’absurde, frisant avec le ridicule et surtout des pratiques dangereuses qui sabotent à la fois la diplomatie et lesdites institutions internationales chargées de ces cas « de terrorisme d’État ».
En ne prenant que le cas de la Russie, il est étrange que si le PNAT s’arrogeait le droit de juger et poursuivre de citoyens étrangers pour des faits ne concernant pas la France, pourquoi des procédures ne sont-elles pas ouvertes à propos de l’Ukraine, dont les actions terroristes étatiques se sont multipliées ? Notons par exemple que la communauté internationale ne reconnaît que quelques pays pour le terrorisme d’État, notamment la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord (ajoutée en 2017, retirée en 2018), le Soudan (retiré en 2020). Les USA accusent de leur côté Cuba (depuis 2021), mais des pays sont suspectés et cités, il s’agit de la Turquie, du Qatar, du Pakistan et de l’Afghanistan. Quant au terrorisme ukrainien, je ne citerai que trois noms, où le PNAT pourrait ouvrir des enquêtes : Denis Kireev, liquidé par balles dans la région de Kiev par le SBU (mars 2022), Daria Douguina, assassinée dans un attentat terroriste dans la banlieue de Moscou (août 2022), ou Ilya Kiva, abattu par un tireur d’élite, l’attentat ayant été revendiqué par le SBU et Kiev… Vous avez dit « terroristes » ? Monsieur Olivier Christen doit avoir des problèmes sévères de vue… et assurément d’honnêteté intellectuelle.
Il déclarait en 2024, que son parquet avait traité 70 % d’affaires de plus en 2024… Il n’y avait pas eu d’attentat en France depuis trois ans et un seul attentat terroriste a été relevé pour cette année, celui du 7 décembre 2024, à Paris, où un touriste germano-philippin fut tué après avoir blessé deux personnes… Depuis 2021, en 5 années, la France n’a été touchée (Dieu merci), que par deux attentats… La politique de la peur du régime français, avec le zélé Olivier Christen a un grand avenir… Il parlait pourtant « du retour de la menace djihadiste » !



