Aujourd’hui j’aborderai le cas très particulier « des premières dames » en France, même si ce statut n’existe pas officiellement. Pendant très longtemps, les épouses des présidents furent invisibles, mais dans la Ve République elles ont pris une importance, avec une mise en scène médiatique. Après les présidences de Charles de Gaulle et de Georges Pompidou, la France inaugura deux présidents infidèles, et un suspecté de l’être, dont les frasques privés finirent tôt ou tard par s’inviter sur la place publique, mais souvent tardivement, ou après leur passage à l’Élysée. La période suivante fut inaugurée par un président divorcé, Nicolas Sarkozy, mais remarié avec une personnalité publique populaire, Carla Bruni. La rupture vint avec le président suivant, François Hollande, l’homme aux trois femmes, Ségolène Royal, Valérie Trierweiler et Julie Gayet. L’affaire Hollande-Gayet débuta en plein dans son quinquennat (2014) et connu des rebondissements jusqu’en 2025…
Voici dans l’Aurore Nouvelle, l’histoire du président aux trois femmes et l’affaire Hollande-Gayet qui éclaboussa la République française. Les commanditaires et informateurs qui permirent au journal Closer d’avoir l’information, à la fois de cette relation adultère, de l’identité de sa maîtresse, et de l’adresse où se déroulait les galipettes présidentielles, ne pouvaient être que des proches du président français ou des gens bien informés en haut lieu… Les noms d’Emmanuel Macron ou de Nicolas Sarkozy sont persistants dans les hypothèses présentées dans l’article de l’Aurore Nouvelle, alors que l’ex couple Hollande-Gayet pourrait se retrouver devant la justice pour des faits de corruption et trafic d’influence dans l’affaire des Rafale indiens :
L’explosion de l’affaire Hollande-Gayet. Lorsque François Hollande fut élu Président de la République (mai 2012), il ne se trouvait plus en couple avec Ségolène Royal, qui fut à son bras dans une union libre de 1978 à 2007. Cette séparation fut officiellement annoncée peu après l’élection présidentielle, où Ségolène Royal fut battue par Nicolas Sarkozy (2007). Elle avait été gardée secrète pour ne pas interférer dans l’élection. Le couple avait eu cependant 4 enfants, Thomas (1984), Clémence (1985), Julien (1987) et Flora (1992). L’annonce de cette séparation fut faite par François Hollande lui-même, dans une interview accordée à l’AFP (juin 2007), mais la surprise est qu’il annonça avoir une nouvelle compagne, Valérie Trierweiler, une journaliste sulfureuse. A l’élection de son compagnon, elle devint « la première dame » et s’afficha bientôt publiquement, créant le scandale, dans un épisode d’une visite à Tulle, où pour empêcher un journaliste de filmer, elle attrapa par la capuche cet homme, le tirant en arrière. Personnage cassante, peu populaire, altière et arrogante, elle détonnait beaucoup par rapport aux « premières dames » précédentes, par ses comportements et une certaine forme de jubilation à être devenue « la femme du Président ». Mais le 10 janvier 2014, le magazine people Closer publia des photos explosives. Elles montraient le Président Hollande arrivant en scooter, escorté par un garde du corps et rendant visite à Julie Gayet, une actrice de cinéma, ayant un appartement très proche de l’Élysée, rue de la Circulaire, à Paris.





L’affaire Hollande-Gayet. Aucune scandale de ce genre n’avait éclaté dans la République française depuis plus d’un siècle, et la mort cocasse du Président Félix Faure (1899). Aussi la presse se rua sur l’affaire avec un retentissement international et des moqueries qui atteignirent la République française elle-même. Pris en flagrant délit d’infidélité et de tromperie, « la première dame » Valérie Trierweiler apprit la nouvelle par la presse et fut hospitalisée deux jours plus tard (12 janvier 2014), « pour fatigue », en réalité mortifiée par le choc émotionnel, une hypotension sévère et surtout la risée du monde entier. Elle quitta en catimini l’Élysée quelques-jours plus tard, alors que le Président Hollande était obligé d’affronter l’opinion publique. Ne pouvant nier, il ne confirma pas la liaison, ni ne l’infirma et demanda le respect de sa vie privée, déclarant : « tout le monde sait que j’ai des épreuves à traverser », avec de sévères difficultés conjugales. La marée médiatique toucha bien évidemment également Julie Gayet, tandis que le Président Hollande prenait la parole, dans un épisode ubuesque de la République, pour annoncer sa séparation définitive d’avec Valérie Trierweiler (25 janvier 2014). Les journaux évoquèrent le fait que cette relation secrète durait déjà depuis plus de deux ans (2011-2014). L’événement faisait suite à une impopularité grandissante, d’un président brocardé et présenté souvent comme « un idiot », un bonhomme débonnaire et ventripotent, volage et sans moralité, n’ayant aucun des talents nécessaires à la stature d’un chef d’État. La suite devait être une longue dégradation de cette image, au point que pour la première fois dans la Ve République, un président n’était pas candidat à son siège. Il déclara en 2017, que conscient que sa candidature serait une déroute (en employant d’autres mots), il ne se représentait pas.






La contre-attaque Hollande-Gayet qui jeta de l’huile sur le feu. L’affaire aurait pu en rester là, mais soit fierté déplacée, soit pour complaire à Julie Gayet qui devait ruer dans les brancards, le couple porta plainte pour « atteinte à la vie privée » contre le journal Closer. Cet acte incroyable, presque une accusation de « crime de lèse-majesté », ressemblait à l’épisode de l’Affaire du Collier, qui avait ébranlé la couronne de Louis XVI et éclaboussé la reine Marie-Antoinette (1785). Un problème toutefois… la monarchie n’existait plus en France. Perçue comme une vengeance déplacée et « aristocratique », cette plainte devait enflammer encore pour longtemps le débat, avec une procédure judiciaire. Un tribunal condamna finalement le magazine Closer, alors que de manière peu honorable, Hollande et Gayet réglèrent le contentieux en obtenant un accord financier, qui jusqu’à présent est un secret d’État. Personne ne sut jamais combien d’argent le couple avait soutiré au journal. Mais le vaudeville se poursuivit aussi par une autre vengeance, cette fois-ci de la compagne humiliée et débarquée : Valérie Trierweiler. Elle publia bientôt un best-seller, Merci pour ce moment (septembre 2014), où elle raconta sa relation avec Hollande, puis la rupture, évoquant la liaison avec Julie Gayet avec amertume. Dans le livre elle révéla aussi l’immense mépris que le Président Hollande avait du Peuple Français : « les sans dents ». En 2018, après la fin de son mandat, François Hollande se décida à écrire ses propres mémoires, Les leçons du pouvoir (2018), où il occulta complètement l’affaire…






Le rebondissement de l’Affaire Hollande-Gayet. Plus de 9 ans plus tard, l’affaire se réinvita sur le devant de la scène, car les poursuites judiciaires contre le magazine Closer n’avaient pas été closes. La Cour d’appel de Paris, puis la Cour de Cassation (2023 et 2024) étaient saisies pour déterminer si les photographes avaient commis une violation illégitime de la vie privée. C’est alors qu’un autre journal, Mediapart fit une nouvelle révélation explosive : Emmanuel Macron aurait été informé très tôt de l’existence des photos, alors que l’apparatchik du Parti Socialiste était Ministre de l’Économie. Macron et ses proches auraient alors conseillé à François Hollande de ne s’opposer à la publication de l’article, pour éviter un scandale plus grand. Mais d’autres analyses furent faites de cet épisode. Certains pensent peut-être avec raison, que le coup avait été monté avec des informations confidentielles obtenues de proches de Hollande. Aucun journaliste ne pouvait être en capacité de suivre le président, de connaître l’existence de cette liaison secrète et surtout l’adresse et la nature de la maîtresse du président français. Des membres du PS, Macron y compris, auraient monté ce coup fourré, en fournissant aux journalistes de Closer, l’information de la garçonnière du président et des balades discrètes en scooter dans Paris.. Le coup porté aurait eut pour objectif de l’éliminer de l’élection présidentielle de 2017, or nous savons après coup qui fut le principal bénéficiaire : Emmanuel Macron. Cette accusation fut lancée par Valérie Trierweiler en personne, qui réédita son livre Merci pour ce moment (2023), avec une nouvelle préface où elle accusait : « Hollande de mensonges institutionnels et que Macron était au courant avant tout le monde »… Jusqu’à présent, l’actuel président français a toujours nié et démenti cette hypothèse et les personnes qui ont trempé dans le « bon coup » sont restées muettes. Il faut dire que celui qui parlerait, signerait sa mort politique, sociale ou même sa mort tout court… Quelques cadavres de « suicidés » qui sont dans les placards de la République sont là pour en témoigner.
L’épilogue Julie Gayet. La Cour de cassation confirma que les photos publiées par Closer étaient : « une atteinte à la vie privée », mais que la publication était justifiée : « par le droit à l’information du public », le président étant une personnalité publique (février 2024). La plainte des deux compères fut finalement rejetée (mars 2024). Julie Gayet participa à cette date à un documentaire, Julie se tait. Elle ne révéla pas grand-chose, craignant sans doute les conséquences et les rebondissements. Mais d’autres biographies récentes, notamment celle de Laurent Binet, L’Ex-Président, ou le livre Le Système Macron, ont révélé d’autres choses : que Gayet avait : « eu une influence politique discrète sur Hollande, notamment dans les nominations dans la domaine de la culture ». Julie Gayet avait eu l’imprudence également d’attaquer un blogueur, qui l’avait traitée : « de maîtresse d’État ». Elle perdit son procès après une longue procédure judiciaire, le tribunal ayant considéré qu’il s’agissait : « d’une expression politique légitime » (septembre 2024).


La piste Macron. En 2024 et 2025, des députés ont demandé qu’une commission d’enquête soit créée afin de se pencher : « sur l’utilisation des moyens de l’État pour protéger la vie privée des présidents ». L’idée fut bloquée et repoussée. Le magazine Closer était la propriété d’un des meilleurs amis d’Emmanuel Macron… Arnaud Lagardère, qui était aussi propriétaire d’Europe 1, de Paris Match, du JDD et de Hachette Livres. Les deux hommes se connaissaient de l’époque de la banque Rothschild et se sont fréquentés au point de passer des vacances ensembles (2018). Deux hypothèses existent : celle que Lagardère aurait informé Macron à l’avance de ce qui se tramait. L’autre, moins citée est que Macron aurait donné les informations qui ont permis le coup… l’homme voulant détruire la réputation d’un président qu’il méprisait et dont il briguait déjà la place… Officiellement la candidature d’Emmanuel Macron fut lancée vers décembre 2015. Toute la presse de Lagardère à Xavier Niel inonda la France d’articles sur le couple Macron. L’affaire rebondira peut-être de nouveau, car des langues pourraient se délier. Cependant, qu’il existe une troisième version, la piste Sarkozy.


La piste Sarkozy. En 2020, un journal anglo-saxon, reprenant des propos du livre Monsieur le Président, déclarait : « l’ancien président français n’a jamais caché son aversion pour l’actuel couple présidentiel et on apprend aujourd’hui que et sa compagne aime se moquer de l’écart d’âge de 25 ans entre Macron et son épouse […], ils qualifient Brigitte Macron de vieille. […] Julie Gayet aurait envoyé un texto en colère à Brigitte Macron pour l’avoir exclue d’une fête à l’Élysée, et avoir invité à sa place Valérie Trierweiler. L’affirmation a été rapportée par le magazine Paris-Match qui a interviewé Hollande et Gayet, mais l’actrice a demandé à ne pas être citée directement dans le reportage {…] Sarkozy est celui qui a alerté la presse sur la liaison de son successeur François Hollande en 2014, ont affirmé deux journalistes, François Lhomme et Gérard Davet, qui travaillent pour le journal Le Monde ont fait cette révélation lors d’une émission radio sur Europe 1 en février 2020. Les deux hommes ont affirmé avoir été informé de l’infidélité de Hollande par Nicolas Sarkozy lui-même, qui les a convoqués dans ses bureaux car il était agacé par leur enquête sur des allégations d’irrégularités financières lors de la campagne de 2012 »
Le couple Hollande-Gayet n’aura finalement pas traversé le temps… et l’histoire s’acheva en 2022. La séparation fut révélée par des proches l’année suivante et publiée (mars-septembre 2023) . Mais une autre affaire est apparue, une enquête ; « pour des soupçons de corruption et de trafic d’influence, le couple Hollande-Gayet étant embourbé dans le contrat indien des Rafales » (juin 2025). Le couple pourrait être réuni à nouveau devant des tribunaux, mais ceci est une autre histoire !
