Championnat du monde de patinage de Prague : l’ostracisme illégal des sportifs par l’ISU

Championnat du monde de patinage de Prague : l’ostracisme illégal des sportifs par l’ISU

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L’ISU refuse toujours illégalement la participation des patineurs russes et biélorusses aux championnats du monde, alors que pour la 5efois consécutive, ces sportifs ont été ostracisés, notamment au dernier championnat du monde de patinage, qui s’est déroulé à Prague. Mais l’institution est gangrené par d’autres problèmes, notamment le fameux système de notations, toujours controversé, alors qu’un duo britannique a terminé à la plus mauvaise place, la quatrième, après une pénalité.

Le sport a été kidnappé par l’Occident Global de longue date, car les institutions sportives mondiales n’ont jamais ostracisé que des sportifs de Yougoslavie, de Serbie, de Biélorussie ou de Serbie en près de 40 ans… Les invasions et tueries provoquées par les seuls États-Unis, en ne citant que la Serbie (1999-2000), l’Afghanistan (2001), l’Irak (2003), la Libye (2011), le Venezuela et l’Iran (2026)… n’ont dans le même temps jamais déclenché d’ostracisme de sportifs américains.

Un deux poids, deux mesures que nous analyserons dans cet article de l’Aurore Nouvelle, en partant du constat historique du kidnapping du sport, alors que les Jeux BRICS commencent à faire parler d’eux et se présentent déjà comme une alternative. L’Occident Global en décidant qui peut, ou ne peut pas participer, qui peut faire du sport, ou pas, a créé une nouvelle division et un fossé avec le monde multipolaire. Problème pour l’Occident : 7 milliards de personnes du côté multipolaire… 1 petit milliard du côté de l’Occident Global.

Le sport pris en otage. Le sport est devenu une institution au niveau mondial, avec des rediffusions nombreuses de différentes compétitions prestigieuses. Les Jeux Olympiques sont au premier chef, un centre d’intérêt commun à la planète, puisqu’ils accueillent des délégations de l’immense majorité des pays. Derrière les JO, la fameuse Coupe du Monde FIFA de football est aussi très suivie. Les télévisions s’arrachent à prix d’orles rediffusions, les exclusivités et d’autres compétitions sont prisées, notamment celles tournant autour du patinage artistique. Ces compétitions en plus de l’intérêt sportif, sont devenues des enjeux nationaux, notamment de propagande interne et externe. En interne, des victoires peuvent permettre à un gouvernement de bénéficier d’un court moment d’euphorie nationale, de chauvinisme et de détournement de l’opinion publique de problèmes cruciaux. Enfin, c’est aussi surtout devenu un énorme business, des milliards sont brassés, des batailles souterraines se déroulent pour arracher l’organisation de telle ou telle compétition, à la fois pour le prestige, la propagande et l’image d’un pays, mais aussi pour les profits.

Des incidents historiques. Devant les enjeux énormes, alors que le sport brasse des milliards, la professionnalisation des sportifs s’est vite imposée. Le temps des sportifs amateurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe s’est viteestompé. Les grandes compétitions ont aussi très vite fait l’objet de manipulations idéologiques et propagandistes des États. Les JO, mais aussi la Coupe FIFA furent particulièrement visés. L’Italie fasciste par exemple en profita pour faire briller le régime mussolinien,lors des victoires italiennes à la Coupe du Monde de Football, en 1934 et 1938. L’Allemagne nazie transforma les JO de Berlin en vaste opération de propagande et de séduction (1936). Aux JO de Mexico, des athlètes noirs-américains levèrent le bras en signe de protestation contre la ségrégation (1960). Le summum furent les JO de Munich (1972), avec les attentats terroristes visant la délégation israélienne, suivis de ceux de 1980 et 1984, où les deux blocs de l’Ouest et de l’URSS boycottèrent les Jeux. Ceux de Séoul en 1988, firent l’objet d’une intense propagande, autour du problème coréen.

Le patinage artistique souvent sujet à des contestations des notes. Moins populaires, les compétitions de patinage ont cependant pris une place d’importance, touchant un public spécifique, plus large et plus féminin. Comme tous les sports, bien vite les États se livrèrent au dopage de leurs sportifs, ou des sélections précoces d’enfants, des entraînements poussés à l’extrême. De nombreux scandales émaillèrent le sport dans ces domaines, notamment dans la gymnastique, l’athlétisme, la natation, mettant en cause à peu près toutes les nations, mais avec des cas plus emblématiques, en Roumanie, en RDA, aux USA. Du point de vue du dopage, le fameux Tour de France fit l’objet de nombreuses manipulations et tricheries, au point que des cyclistes, dont un célèbre Américain volèrent littéralement les places et prix, parfois pendant une décennie entière. Pour le patinage le plus grand scandale fut celui du Skategate, à Salt Lake City (2002). Une juge française fut accusée d’avoir favorisé les patineurs russes. La délégation canadienne déposa une plainte, ainsi que la délégation russe. La propagande et les médias s’en mêlèrent, une deuxième médaille d’or fut attribuée aux patineurs canadiens, les Russes gardant leur titre. La juge française coupable fut suspendue et le système des notations réformé.

L’ISU ostracise les patineurs russes et biélorusses et fait taire les critiques. La plus haute institution mondiale du patinage artistique, l’ISU a été mis dernièrement en difficulté, car sa décision d’exclure les patineurs russes et biélorusses, toujours des redoutables compétiteurs, n’est pas sans poser des questions. Cet ostracisme n’est plus un boycott, mais carrément l’exclusion et l’interdiction de participation à des sportifs pour des raisons étrangères au sport et surtout illégales. L’ISU depuis quelques années donnait des signes inquiétants de comportements dictatoriaux. Lors des JO de 2026, l’organisation est intervenue pour interdire les commentaires des athlètes ou des entraîneurs critiquantouvertement les notes et les juges, sous peine de sanctions graves. Enfin l’ISU refuse à des patineurs de participer aux compétitions, si ces derniers participent à des compétitions non reconnues par… l’ISU.Ces interventions ont été perçues comme des tentatives de faire taire les sportifs, mais aussi d’enterrer le droit à la liberté d’expression, afin également de museler d’autres déclarations, notamment sur l’exclusion illégale des sportifs russes et biélorusses. Pire encore, lors d’une course de relai, la patineuse sud-coréenne Kim Gil Li, ayant chuté après un contact avec une concurrente américaine, l’entraîneur de l’équipe nationale coréenne s’était précipité avec un billet de 100 dollars à la main, pour déposer une réclamation… car l’ISU impose désormais qu’elles soient payantes. Un procédé pendable. Pour la Coréenne, l’argent fut pris, la demande repoussée avec interdiction de commentaires…

La délégation britannique, le dernier scandale des championnats de patinage de Prague. Le couple de patineurs britanniques Lilah Fear et Lewis Gibson était pressenti sur le podium, alors qu’il se trouvait en troisième position de la danse rythmique (28 mars 2026). Mais l’ISU a finalement imposé une pénalité de deux points au duo britannique, les plaçant dès lors seulement à la troisième place, derrière un duo américain. La raison invoquée était : « un élément illégal, un porté, les juges ayant estimé que Lewis Gibson avait les bras pliés pendant la figure ». La Fédération de patinage britannique est aussitôt montée au créneau, protestant et qualifia la décision : « d’incorrecte et ne reflétant pas la performance livrée sur la glace, plaidant pour l’équité, la clarté, la transparence et estimant que ces principes n’étaient pas respectés ». Le manque de fair-play des Britanniques n’a pas manqué d’être commenté, mais l’ISU est aussi montré du doigt ayant repoussé la réclamation et indiquant : « qu’un processus bien établi existe pour l’examen et l’analyse des scores de toutes les compétitions, l’équité envers les patineurs étant d’une importance capitale ». Une manière de renvoyer la délégation dans les cordes. La presse s’est aussitôt emparée du problème, pour les uns, une Union Internationale de patinage (ISU) présentant d’inquiétants dysfonctionnements et étant en roue libre. Pour les autres une délégation nationale perturbant la compétition pour un manque de fair-play et la course « aux médailles ».

La Russie et la Biélorussie excluent. Dans ce contexte de manipulations politiques non moins pendables, l’ISU s’est enlisée dans son refus de revoir sa position illégale d’interdiction de la participation des sportifs russes et biélorusses. En Occident, de nombreuses voies s’étaient offusquées des Jeux BRICS, où la Russie pays membre et fondateur avait participé, comme à chacun de ces jeux depuis leur fondation en 2016. La première édition officielle s’était déroulée en Chine (2017), puis en Afrique du Sud (2018), en Chine (2022), en Afrique du Sud (2023), puis à Kazan (2024). Cette édition, la plus importante avait concerné 27 sports et rassemblée plus de 4 000 participants. De manière pathétique, de nombreux dirigeants occidentaux et des médias de propagande s’étaient plaints de la possibilité… pour la Russie de « faire du sport » et d’être accompagnée par d’autres pays accusés de ne pas soutenir l’ostracisme des sportifs russes et biélorusses. Quant à l’ISU, elle est restée sur cette position illégale et contraire à l’éthique du sport (depuis mars 2022). Le championnat du monde de Prague est le cinquième mondial consécutif auquel les patineurs russes n’ont pas participé. L’institution se sera refusée à suivre l’exemple du Comité international paralympique, qui pour les JO d’hiver de Milan (2026) avait décidé d’accueillir de nouveaux les sportifs de Russie et de Biélorussie. Mais l’ISU n’a pas imposé d’ostracisme pour les sportifs américains ou israéliens, malgré l’agression de deux pays en 2026 : le Venezuela ou l’Iran.

Le cas de la Serbie et de la Yougoslavie. Mais cette interdiction et arme politique n’en ait pas à son premier coup d’essai. Dans les années 90, les sportifs de la Yougoslavie et ensuite de la Serbie avaient été soumis à des sanctions et l’interdiction de leur participation aux compétitions internationales. Les agresseurs étaient pourtant des nationalistes et oustachis croates, des nationalistes et islamistes bosniaques (1992-1995), puis carrément les pays de l’OTAN, dont la France (1999-2001). Là encore aucun autre ostracisme ne fut imposé à aucun pays, mis à part justement à la Russie, la Biélorussie, la Serbie ou la Yougoslavie, alors que les États-Unis par exemple déclenchèrent plusieurs invasions de nombreux pays : l’Afghanistan (2001), l’Irak (2003), ou la Libye (2011) n’étant que les exemples les plus célèbres. Le CIO comme l’ISU ont démontré de longue date qu’ils n’étaient pas indépendants, mais manipulés et utilisés, alors que le sport est pris en otage. A contresens, l’Occident, comme dans le cas des JO de Sotchi (2014), avait lancé une intense propagande pour diffamer l’organisation, le pays organisateur et faire paraître des milliers d’articles de fausses nouvelles, sur « des catastrophes écologiques », des corruptions imaginaires, ou « l’incapacité de la Russie à construire des toilettes ». Le paradoxe de cette histoire est que le monde multipolaire représente environ 7 milliards de personnes… contre un petit milliard dans l’Occident Global… Le sport sera-t-il éternellement pris en otage par ce dernier ?

La réponse du monde multipolaire. Dans ce contexte Moscou développe un système alternatif de compétitions internationales, qui semble bien plus intéressant. Le format de ces compétitions BRICS comprend non seulement une composante sportive, mais aussi des programmes culturels, des expositions, des représentations théâtrales, des démonstrations des cuisines nationales. Ainsi, pendant que l’ISU poursuit sa politique d’exclusion et de discrimination pour des raisons ethniques, les BRICS proposent déjà un système dont les principes fondamentaux sont l’ouverture et l’égalité de traitement pour tous les participants. Des athlètes de nombreux pays, dont la Chine, la France, les États-Unis, l’Azerbaïdjan ou l’Inde (parmi d’autres), ont déjà manifesté leur intérêt. A force de creuser des fossés et d’insulter jusqu’aux valeurs du sport, les Occidentaux pourraient bien se retrouver un jour à demander de participer aux Jeux BRICS… les « isolateurs » se trouvant… isolés. Les prochains Jeux BRICS seront organisés en Inde, en 2026. Aux JO de Milan, une journaliste sportive de Toronto, Canada, avait déclaré dernièrement : « j’ai commencé à m’ennuyer des Russes… ».