Voici une rubrique sur la corruption des milieux politiques, les élites politiques et les politiciens professionnels. Le propos n’est pas d’attaquer une ou plusieurs formations politiques, mais de les attaquer toutes, à travers les biographies des politiciens corrompus, oligarques, barons locaux et tout l’aréopage politicien de France et de Navarre. C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires explosèrent sous la présidence de François Mitterrand, puis se multiplièrent par la suite sous les autres présidences jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a explosé, montrant une corruption massive des milieux politiques, à l’exemple des plus coupables se trouvant aux plus hauts niveaux de l’État français, jusqu’aux occupants de l’Élysée. Mon propos sera de balayer toute la période de la présidence de Giscard d’Estaing, jusqu’à nos jours, soit un demi-siècle de corruption désormais devenue endémique.
J’aborderai en ce jour le cas de Nicolas Jagoudet, un obscur maire du département du Morbihan, à Josselin. L’homme est un escroc de bas étage, qui a sévit dans le cadre privé, dans une entreprise d’Ille-et-Vilaine, où il déroba par un astucieux système, entre 314 000 et 566 000 euros, entre 2015 et 2019. Élu maire de Josselin aux municipales de 2020, puis reconduit à son siège en mars 2026, il a réussit à faire traîner l’affaire pendant près de 6 ans, le temps de lui permettre de mener à bien un premier mandat et de commencer un second. C’est un cas « banal », mais il ne faut pas les sous-estimer car ils sont des centaines en France qui déshonorent à la fois leurs fonctions, tout en se moquant des institutions. Sommé de démissionner, Monsieur le Maire est resté à son siège, il est « innocent » ayant bloqué la procédure par un appel. Voici un autre exemple de la triste corruption des milieux politiques, l’affaire Nicolas Jagoudet, dans l’Aurore Nouvelle :



Mais qui est Nicolas Jagoudet ? Il naquit le 1er avril 1972, probablement dans l’Ouest de la France et la région Bretagne. Il était un citoyen comme les autres, exerçant la profession d’employés puis de cadre dans le privé. Il fut employé notamment par les Abattoirs de Jean-Chapin, à Vezin-le-Coquet, en Ille-et-Vilaine (2015-2020). Il avait début comme un simple technicien, puis avait monté les grades pour devenir cadre et responsable de la partie élevage.
Il se lança en politique tardivement, briguant la mairie de Josselin, dans le Morbihan (2020), par ailleurs réélu en mars 2026, pour un nouveau mandat de 5 ans. Il s’était infiltré par cette fonction comme Président du Conseil de surveillance du Centre hospitalier de Josselin, fonction qu’il occupe toujours et comme administrateur de Morbihan Habitat, l’office public de l’habitat, membre suppléant de la commission des appels d’offres et membre de la commission d’attribution des logements sociaux. Lors des élections, il n’affichait pas d’étiquette politique, mais apparu lors de sa campagne pour le Conseil départemental du Morbihan, dans le canton de Ploërmel, avec un binôme classé divers droite ou soutenu par Les Républicains, la droite libérale, européiste et atlantiste. Il réussit à cumuler un mandat de conseiller départemental du Morbihan (2021).



L’affaire Nicolas Jagoudet. Elle remontait en fait à ses fonctions dans la société des Abattoirs Jean-Chapin, à Vezin-le-Coquet, en Ille-et-Vilaine, qui déclencha finalement son licenciement le 31 janvier 2020. Une enquête judiciaire révéla qu’il avait créé un système de sociétés écrans pour surfacturer son employeur et détourner des fonds. Les sociétés écrans n’étaient pas à son nom, un homme de paille ou « locataire » était désigné à sa place, notamment une autre employée de la société qui était sa maîtresse. L’entreprise avait déjà des soupçons sur lui, ce qui déclencha son licenciement, alors qu’il se présentait aux municipales 2020, pour la mairie de Josselin. Après son élection, la société déposa une plainte en bon et due forme (27 juillet 2020). L’enquête de police révéla tout un système mafieux, alors qu’une ancienne collègue déclarait à la presse : « Nicolas Jagoulet avait la réputation d’être mafieux, tordu dans le cadre des affaires ».
L’escroquerie de Jagoudet. Comme cadre des abattoirs, il avait passé un contrat avec un producteur de compléments alimentaires pour la production de veaux de boucherie sans antibiotiques. Sans informer son employeur, Jagoudet était en fait actionnaire de deux sociétés intervenants dans le contrat. Trois sociétés écrans étaient impliquées dans ce savant montage, deux dont il était actionnaire, une troisième facturant la prestation finale aux abattoirs, gérée par sa complice et maîtresse. Le complément alimentaire survendu aux abattoirs était en réalité composé à 99 % d’eau… L’arnaque dura entre 2015 et 2019, jusqu’à son licenciement au début de l’année 2020. Devenu maire de Josselin, il était plus difficile de l’attaquer, mais la justice se mit en branle.



Une condamnation en justice bloquée. Après une longue procédure, le tribunal correctionnel de Rennes le condamna à 5 ans d’inéligibilité, 16 mois de prison avec sursis et une confiscation sur saisie des biens, de 63 251 euros (17 juin 2024). Sa complice et maîtresse, « la gérante de paille » fut condamnée à 6 mois de prison avec sursis, et associée à la confiscation des biens, plus comme gérante de la société écran, une amende de 10 000 euros. Mais le tribunal avait encore à juger la question du préjudice civil, dans une audience qui avait été fixée au 12 septembre 2025. L’enquête révéla, que les Abattoirs Jean-Chapin, employant 140 salariés, avaient subi un préjudice de 314 000 à 566 000 euros… Nicolas Jagoudet annonça faire appel de la décision judiciaire, bloquant de nouveau la procédure judiciaire et lui faisant gagner du temps. Les jugements ne furent pas frappés d’exécution provisoire. Pour sa défense, la gérante de paille affirma que le montage criminel : « avait permis aux Abattoirs Jean-Chapin de répondre aux exigences des cahiers des charges de Carrefour pour la viande de veau », et donc de remporter des marchés, une manière de se défausser sur l’entreprise…
Un refus de démissionner de son mandat de maire. Le scandale et la condamnation auraient du provoquer la démission du maire de Josselin, mais il décida de s’accrocher aux branches, et fut même élu pour un second mandant en mars 2026. Mais un élu de son équipe, Elouan Le Flohic, conseiller municipal, préféra donner sa démission pour ne pas être mêlé à la suite. Il déclara : « Cette décision n’a pas été prise à la légère, les conditions actuelles ne me permettent plus de poursuivre ma mission de manière sereine » (23 juin 2024). Son refus de quitter sa fonction de maire provoqua de fortes résistances. Marie-Noëlle Amiot, maire de Guégon, demanda sa démission immédiate de la présidence du syndicat scolaire. Sous la pression, il annonça finalement quitter cette fonction (septembre 2024). Des remous secouèrent aussi le Conseil départemental du Morbihan, alors que l’opposition de gauche tentait d’obtenir sa démission. Ils furent déçus. Damien Girard, un élu de gauche déclara : « les élus qui fraudent et escroquent déshonorent la politique, abîment le lien aux citoyens et les éloignent des urnes et des bulletins républicains. Il faut une parole et des actes forts contre les élus indignes ». Jagoudet refusa de partir et resta collé à son siège.



Réélu à Josselin… où ne se présentait qu’une seule liste. Sa réélection fut rendue facile par le fait qu’il n’y eut qu’une seule et unique liste, « Bien vivre à Josselin » (mars 2026)… de fait, avec un taux de participation faible de 53,31 %, Nicolas Jagoudet était sûr de rester coller à son siège… il fut réélu pour un mandant filant jusqu’en 2032. L’affaire étant en instance d’appel, le second jugement ne s’étant pas tenu le 12 septembre 2025 (pour des raisons inconnues et incompréhensibles), l’escroc était donc toujours « innocent » et maire de Josselin… Finalement, ce jugement se déroula le 25 mars 2026, se penchant de nouveau sur son cas et celui de sa désormais ex-maîtresse. Le parquet requérait la confirmation de la peine pour les deux prévenus, mais avec l’interdiction de gérer une société pendant 10 ans. La cour a mis sa décision en délibéré, pour un jugement qui devrait être rendu dans un délai de deux mois… fin mai 2026… peut-être ! En attendant, Nicolas Jagoulet est toujours le maire de Josselin !
