CDU : financements occultes, or des nazis, UE et CIA

CDU : financements occultes, or des nazis, UE et CIA

Facebook
Twitter
WhatsApp

C’est une histoire incroyable, qui a pourtant secoué l’Allemagne dans les années 80. La CDU, l’Union chrétienne démocrate d’Allemagne, qui domine le paysage politique depuis 70 ans est entachée d’une lourde et sulfureuse histoire. Prenant ses racines dans la Guerre Froide, la CIA et les Américains avaient besoin d’un grand parti en Allemagne de l’Ouest, complètement à ses ordres, qui serait une machine à gagner des élections, empêcherait l’émergence des autres tendances politiques et surtout celles de gauche : socialistes et communistes. Depuis la création de l’Allemagne de l’Ouest (RFA), qui vit naître une réponse soviétique, l’Allemagne de l’Est (RDA), l’Allemagne fut l’enjeu de manipulations, d’autant plus faciles qu’elle était occupée par les alliés, avec trois zones pour ceux de l’Occident, la zone américaine, la zone britannique et la zone française. Occupée, constellée de bases militaires, d’agents, d’espions, Washington conspira… pour le plus grand profit de… l’Allemagne. Voici l’histoire de soufre de la CDU, le parti allemand encore au pouvoir, dans cet article de l’Aurore Nouvelle :

Schwarze Kassen der CDU… des financements occultes pour un faux parti. Face au bloc soviétique, les Américains ne firent pas dans la dentelle, avec un pragmatisme de plus en plus cynique. Ce fut d’abord la création de la Bundeswehr, l’armée fédérale de l’Allemagne de l’Ouest (1952). Sept ans après la défaite d’Hitler, une armée allemande était remise sur pied, en opposition à l’URSS, la France et d’autres pays. Pour la financer, les Américains n’hésitèrent pas à piocher dans un trésor de guerre, qui jusqu’à lors a fait l’objet de désinformations et de propagandes : l’or des nazis. Il ne disparut pas dans un sous-marin, en emportant Adolf Hitler, une légende qui est restée populaire… Il ne fut pas jeté dans un lac autrichien, ni même planqué dans un puits de mine. Il ne fut pas emporté par Martin Bormann, ou Heinrich Muller, dit Gestapo Muller, recherchés pendant des décennies, mais dont les morts furent finalement avérées dans la bataille de Berlin, plus de 50 ans plus tard. Le documentaire Système Octogon dont je parle souvent, des journalistes Fabrizio Calvi, Franck Garbely et Jean-Michel Meurice a raconté cette histoire. La chaîne franco-allemande Arte refusa de diffuser le documentaire. L’historien français Marc Ferro avait dit après avoir visionné le film : « vous aurez des ennuis et des procès »… Finalement, après deux ans de négociations, le film fut diffusé sous une version censurée en 2011, 15 minutes du film ayant été censurées (j’ai eu la chance de voir la version complète). Même sous sa version censurée, le film était une bombe, mais il ne déclencha… que des critiques, le silence et des sourires ennuyés, à la fois en Allemagne et au Parlement européen.

L’échec du projet américain « d’une Europe de la Défense ». L’or des nazis fut en effet partiellement retiré des banques suisses, par des compromissions qui restent occultes. Le film raconte par ailleurs comment des gens furent liquidés, pour avoir eu des velléités de parler. Les fonds, des centaines de millions de dollars furent employés à financer cette nouvelle armée allemande, mais aussi à financer un faux parti : la CDU. L’idée était de maintenir au pouvoir cette entité politique, pour en faire le parti dominant et le champion européiste de l’Europe. C’est une autre histoire, mais une vaste opération fut déclenchée dans le même temps en France, non pas pour fonder des partis, mais pour financer des groupes d’influences qui poussèrent à la fondation de l’Union européenne. Après la fondation de cette armée, les Américains tentèrent même subtilement d’imposer l’idée d’une « Europe de la défense », une armée européenne. La France tomba d’abord dans le piège, signant un traité jamais annulé (1952), au moment où la Bundeswehr était fondée. Par miracle, dans un sursaut de souveraineté, les parlements français et italiens bloquèrent le projet (1954), l’enterrant jusqu’à ce jour… Mais il est aujourd’hui repris par des personnages très suspects, de Madame van der Leyen… à un certain Emmanuel Macron.

L’Union européenne, une fondation de la CIA. Mais l’Union européenne fut fondée, dès le traité de Rome (1957), liant pour longtemps l’Allemagne à la France. Dans le projet américain, l’Union européenne devait former un bloc compact, assurant une plus grande solidité face au bloc soviétique. Pour l’Allemagne, la chance était inespérée, elle retrouva petit à petit sa place dominante en Europe de l’Ouest. Le coup se réalisa plus fortement à la réunification de l’Allemagne (1990). Elle replaçait le pays dans une position de force. Si le sergent Allemagne dominait le continent, le modeste caporal France se trouvait enchaîné à lui, pieds et poings liés. Replié dans son île, le lieutenant Royaume-Uni avait un peu traîné les pieds (1973), avant de fuir l’UE un demi-siècle plus tard (1er février 2020). Entre temps… une mauvaise surprise pour les plans américains : l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle (1958). Le président français devait suivre la politique de la chaise vide à la Commission européenne, dont les marionnettes n’étaient pas élues démocratiquement, mais « choisies », selon des rouages qui sont toujours occultes. Dix ans plus tard, une révolution colorée devait en finir avec le grand homme d’État français : Mai 68. La suite vous la connaissez, un plan qui reste à ce jour surtout celui de la haute-finance et des banques internationales, l’Euro (1999-2001), et des traités instaurant une dictature cachée, d’une entité supranationale : l’Europe de Bruxelles. Ce fut d’abord le traité de Maastricht (1992), puis celui de Lisbonne (2005-2007). Il rencontra des résistances, notamment en France et au Danemark, mais les électeurs furent trompés, les élections refaites à grand renfort de propagande (Danemark), ou pire en France, où elles furent foulées au pied par le Président Nicolas Sarkozy (2007). La cerise sur le gâteau fut le retour de la France sous le commandement unifié de l’OTAN. Les derniers drames de cette histoire furent la guerre atlantiste du proxy ukrainien commencée en avril 2014 et qui dure encore.

Mais revenons à notre CDU… Le Système Octogon partait de très loin, d’une réunion de dignitaires nazis et surtout d’industriels, qui eut lieu à Strasbourg, à l’hôtel de la Maison Rouge, le 2 août 1944. Nous en connaissons tous les tenants, car elle était infiltrée par un agent du 2e Bureau français… le rapport a été depuis déclassifié. La réflexion des nazis était simple : Adolf Hitler était perdu, la guerre était perdue et il fallait penser une stratégie pour reconstruire l’Allemagne, la replacer au centre de l’échiquier et faire en sorte qu’elle domine le continent par d’autres moyens que ceux militaires. Ces anciens nazis et ceux qui prirent la tête de la RFA eurent la chance de trouver des intérêts communs avec les États-Unis. Ainsi furent créés l’Organisation Gehlen (1946), avec le soutien américain, les services secrets de l’Allemagne de l’Ouest… mais recyclant les agents nazis, spécialistes « de l’anticommunisme ». Gehlen lui-même avait été le chef des renseignements nazis sur le Front de l’Est (et nazi plus que convaincu). Pour financer cette armée, l’obscur Rudolf Ruscheweyh fonda l’Octogon Trust au Liechtenstein (1952). C’est par ce trust que transita l’or des nazis, pour financer l’armée allemande, la CDU et la fondation de l’UE. Mais l’affaire fit du bruit, notamment lors d’un scandale qui éclata au sujet des contrats et marchés d’armement pour cette armée (l’affaire HS 30, en 1956). Elle fut étouffée, alors que tous les témoins gênant étaient assassinés… Une Commission d’enquête parlementaire Ouest-allemande se pencha sur le cas, mais elle fut classée sans suite… faute de témoins et de preuves (1966-1967).

Les caisses noires, Adenauer et la CDU. Une partie des fonds inonda les caisses de la CDU, qui ne cessa de remporter les élections (avec le SPD, autre formation européiste, mais plus libérale), dans une domination de plus en plus écrasante. Son premier chancelier fut Konrad Adenauer (1876-1967). Il fut choisi comme étant un « antinazi ». Il fut élu sans problème et devint le premier Chancelier de la République fédérale d’Allemagne (1949-1963). Pour lui assurer le pouvoir le plus absolu, il fut aussi, fait incroyable, doté du portefeuille du Ministère des AE (1951-1955). C’est dans cet espace de temps que fut fondé la Bundeswehr (1952), qu’échoua à cause de la France le projet d’armée européenne (1954) et que la RFA devint membre de l’OTAN (1955). C’est aussi lui qui deux ans plus tard signa le traité de Rome, fondant la Communauté économique européenne qui devait devenir l’UE (1957). Il fut maintenu à la tête de la CDU jusqu’à son dernier souffle… jusqu’en 1966, mourant l’année suivante.

Épilogue 1. Les témoins ayant disparu, les autres morts depuis longtemps, la commission d’enquête allemande ayant fermé le dossier, tous les financements occultes de la CDU, de la Bundeswehr et de l’Union européenne sont impossibles à définir, dans leur importance ou les différentes sources. Le documentaire System Octogon fut rendu possible par la déclassification d’archives en Suisse. Mais celles d’Allemagne ou des États-Unis n’ont pas parlé, tant est si bien qu’elles existent encore. Il ne devait plus rester grand-chose du trésor des nazis au moment de l’enquête clôturée en 1966-1967. Mais la Suisse a reconnu que ses banques avaient gardé une partie de ce trésor. Une commission d’enquête avait défini que la Banque nationale suisse avait acheté de l’or volé par les nazis, notamment de pays occupés, comme la Belgique ou les Pays-Bas, ainsi que des spoliations de Juifs (1996). Une enquête fut lancée pour identifier les comptes des victimes juives (ou autres) qui étaient restés en dormance en Suisse (1962, 775 comptes seulement, mais largement sous-évalués). En 1997, un employé de l’Union des Banques suisses se rendit compte que la banque était en train de détruire des centaines de preuves et de documents d’archives des années 30-40. Christoph Meli remis des documents qu’il sauva à l’Organisation juive zurichoise, il fut ensuite licencié et menacé de mort. Il dut quitter la Suisse et s’exila aux USA, où il demanda l’asile politique…

La commission Volcker (1996-1999) était déjà au travail, elle éplucha les archives restantes de 41 banques, soit 4,1 millions de comptes des années concernées. Un total de 53 886 comptes furent identifiés, pour une valeur jamais dévoilée, mais estimée entre 643 millions de 1,43 milliard de dollars, avec les intérêts depuis 1945. La Suisse se résolut à un accord et versa 1,25 milliard de dollars aux descendants des victimes (1998). Mais l’affaire des comptes ouverts par l’Allemagne nazie, de dignitaires, etc, ne fut jamais évoquée ni examinée… L’accord précisait que les plaignants renonçaient à toutes les poursuites judiciaires dans l’avenir. En 2020, enfin… une enquête interne du Crédit Suisse (UBS) détermina qu’il existait 890 comptes de dignitaires nazis, dont des SS, des hauts fonctionnaires, notamment du Ministère des AE (2020-2026). L’enquête fut finalement bloquée par UBS, lorsqu’elle refusa de communiquer des documents invoquant le « secret professionnel ». Une commission judiciaire fut réunie par le Sénat américain (février 2026), le Crédit Suisse ayant été racheté par une banque américaine, la UBS (2023). L’affaire est actuellement à ce stade… le sénateur républicain Charles Grassley, président de la commission a déclaré : « qu’il s’agit d’une honte historique qui dépassera cette audience ». Le Centre Simon Wiesenthal s’est engagé pour faire sauter le verrou de la banque… qui pour l’instant résiste. Et ce n’est qu’un des banques suisses… (même devenue américaine).

L’affaire Flick et la révélation des magouilles de Kohl et la CDU. Désormais fermement implantée, les Allemands ayant atteint leurs objectifs et les Américains au-delà de leurs espoirs les plus fous, le Système Octogon ne s’arrêta pas là… Après avoir fait enterrer l’affaire HS 30 et envoyé six pieds sous terre les témoins gênants, la CDU continua de recevoir des financements occultes de nouvelles sources. Dans le silence et les alcôves du pouvoir, les millions de DM coulèrent à flots, jusqu’à l’explosion d’un scandale près de 20 ans après la mort d’Adenauer : l’affaire Flick. Le groupe industriel Flick, à la manière des grands industriels allemands qui avaient financé Adolf Hitler, avait versé des millions de DM à deux partis politiques, la CDU et le FDP. Tout un montage savant et sophistiqué de blanchiment d’argent avait été organisé, via des associations, dont la Staatbürgerliche Vereinigung von 1954, collectant innocemment des fonds, ensuite reversés en douce à la CDU. La fraude était aussi fiscale, à grande échelle, car elle permettait des déductions fiscales. Une première personne fut démasquée  en 1986 : Helmut Kohl, Ministre-Président de Rhénanie-Palatinat et Chancelier de l’Allemagne. A lui seul, il avait reçu le coquette somme d’un demi-million de DM. Il fut envoyé devant une commission d’enquête formée à Mayence, mais il fit l’imbécile, feignit la surprise et nia… Une enquête pour faux témoignage fut ensuite lancée contre lui, classée sans suite la même année… Il faut dire qu’alors Chancelier depuis 1982, l’homme était intouchable et resta vissé dans son siège jusqu’en 1998. Pendant toute cette période, toute l’affaire fut entravée et enterrée.

L’affaire Ehrenwort. Immédiatement après la fin de son mandat, en 1999, l’affaire Ehrenwort éclata. Elle révélait que l’armurier Karl-Heinz Schreiber avait versé illégalement à la CDU la somme de 2,1 millions de DM. De nouveau l’enquête s’intéressa aux caisses noires de la CDU, de la CIA, à l’or des nazis en passant par les industriels et millionnaires. A ce jour, nous ne savons pas combien d’argent fut englouti dans la CDU depuis 1949… des centaines et des centaines de millions. Pris la main dans le sac, Helmut Kohl fit alors une chose incroyable : devant la justice il refusa de révéler le nom des donateurs : « par un serment d’honneur, j’ai donné ma parole d’honneur, point final ». Devant l’énormité du scandale, il fut obligé de démissionner de son poste de Président de la CDU (2000), et le parti fut condamné à 41 millions d’amendes pour ses caisses occultes. Kohl ne livra jamais ses secrets, qu’il emporta dans la mort en 2017. Il ne fut jamais inquiété par la justice… Une enquête pour détournement de fonds avait bien été ouverte contre lui (en 2001), elle fut classée faute de preuves…

Quelques condamnations pour la forme de particuliers. Plusieurs grosses huiles du parti furent toutefois condamnées, dont Manfred Kanther, ex Ministre de l’Intérieur, il avait organisé le transfert de Suisse de plus de 20 millions de DM, par des comptes secrets, sous l’excuse d’indemnité à donner « aux Juifs » (ignoble…). Il fut condamné à 18 mois de prison avec sursis et une amende, la CDU de Hesse dont il était le président dû rembourser plus de 8 millions à l’État (2005). L’ancien Ministre de l’Économie, Otto Graf Lambsdorff, avait accepté des enveloppes du groupe industriel Flick, en échange de faveurs fiscales. Il fut l’un des premiers condamnés (1987), à une amende de 180 000 DM, pour complicité de fraude fiscale. L’ancien trésorier de la CDU, Walther Leisler Kiep, avait reçu de l’armurier Schreiber un million de DM. Il fut condamné en 2002, à l’amende de 90 000 DM pour fraude fiscale et à rembourser la somme à l’État. Schreiber fut condamné à 8 ans de prison ferme, pour corruption, fraude fiscale et trafic d’influence (mai 2010). Wolfgang Schäuble, président de la CDU, avoua avoir reçu 100 000 DM de Schreiber en 1994, il ne fut pas poursuivi, mais démissionna de ses fonctions de chef du groupe CDU au Bundestag et de président de la CDU (février 2000).

Épilogue 2. Depuis 1949, 10 chanceliers allemands ont été élus, dont 7 de la CDU, parmi lesquels Angela Merkel et Friedrich Merz, l’actuel chancelier allemand. Adenauer, Kohl et Merkel ont cumulé à eux trois… 46 ans de pouvoir. Quant au trésor des nazis qui fait toujours fantasmer, il a de puis longtemps été dépensé jusqu’au dernier denier… et ce qui pouvait en rester dort toujours en Suisse ou aux États-Unis. Officiellement il n’a jamais été retrouvé dans sa totalité… Cependant l’armée américaine mit la main sur l’or des banques centrales du IIIe Reich, le 7 avril 1945, dans les mines de sel de Merkers (255 millions de dollars de l’époque), des milliards de DM en espèce, des œuvres d’art volées, des sacs remplis du fruit des pillages de l’Europe et des victimes. La Suisse avait accepté de livrer aux alliés une partie de l’or déposé par le IIIe Reich, en 1946 (250 millions de dollars en or, mais estimé en réalité à 500 millions). Plusieurs trésors sont perdus, dont un hypothétique train nazi chargé d’or, dit train de Walbrzych (Pologne), la chambre d’Ambre du palais de la Grande Catherine, le trésor d’Ommeren (4 caisses de pierres précieuses, qui a déclenché une folie en janvier 2026, mais qui a sans doute été déterré de longue date… disparaissant à jamais). Le reste ? Des broutilles emportées par des nazis en fuite et… ce trou de 250 millions de dollars en or… englouti dans la Bundeswehr, la CDU et l’Union européenne dans les années 50-60…