Dans les couloirs des chiens de garde du journalisme : Laure Mandeville

Dans les couloirs des chiens de garde du journalisme : Laure Mandeville

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La rubrique dans les couloirs des chiens de garde du journalisme a pour but de présenter des biographies de l’écosystème du « journalisme français ». En 1995, Serge Halimi du journal Le Monde Diplomatique dénonçait le scandaleux système dans son Les Nouveaux Chiens de garde », décrivant comment le pouvoir contrôlait l’information et le journalisme, l’étranglant et supprimant la plupart des standards de possibilité de l’indépendance nécessaire dans toute démocratie, de la liberté effective de la presse. En usant des biographies, via la prosopographie, l’étude de masse des biographies, on peut comprendre comment le système fonctionne et pourquoi Serge Halimi avait plus que raison. Depuis les années 90, la situation hélas s’est grandement aggravée, au point qu’il est urgent que l’opinion publique connaisse la vérité. En général, les simples citoyens ne connaissent pas les coulisses du journalisme, ne savent pas qui sont ceux qui sont censés les informer et qui en fait les désinforment, quant ils ne diffusent pas de fausses nouvelles ou ne servent pas la guerre psychologique et cognitive qui est menée contre la population française.

Aujourd’hui, j’aborderai le cas (gratiné) de Laure Mandeville, qui est une caricature à elle seule du journalisme en France. C’est un pilier du journal de propagande Le Figaro, qu’elle n’a plus quitté depuis ses débuts en 1989. Membre d’organisations suspectes, comme l’Atlantic Council, agent américain à peine déguisé, voici donc dans l’Aurore Nouvelle : Laure Mandeville l’experte de plateaux… aux poches bien pleines.

Mais qui est Laure Mandeville ? Elle naquit au Puy-en-Velay, en 1962 et fit des études supérieures. Elle passa d’abord par l’Université de Toulouse Jean-Jaurès, où elle passa une licence de langue russe et polonaise. Elle entra ensuite dans l’une des pires officines des chiens de garde du système, l’IEP de Paris, Science Po, étudiant les relations internationales et ensuite « en études soviétiques » (1985-1986). Elle obtînt une bourse Fulbright, pour entrer au Centre d’études russes de l’Université d’Harvard (1987). De ce parcours, elle développa une haine féroce de la Russie et devait devenir l’une des plumes de l’anti Russie et de la russophobie.

Le grand reporter. Elle commença sa carrière comme grand reporter, au service étranger du journal de propagande Le Figaro (1989-2008). Elle couvrit la fin de l’URSS, le Caucase et l’Europe de l’Est, un moment chef du bureau du Figaro à Moscou (1997-2000), puis chef du bureau du Figaro à Washington (2008-2016). Depuis 2017, elle est en charge des grandes enquêtes sur l’Europe et les États-Unis.

Elle a publié des ouvrages remarqués et poussés par la propagande étatique, publiée par les plus grandes maisons d’éditions (dont Grasset). Elle fut l’auteur de La reconquête russe (2008), primé du prix Louis-Pauwels (2009), puis Qui est vraiment Donald Trump (2016), Les révoltés d’Occident (2022) et la même année Quand l’Ukraine se lève (2022).

L’agent des américains et de l’OTAN. Elle a été recrutée de longue par les États-Unis, membre associé de l’Atlantic Council, atlantiste forcenée, mais fait partie d’autres organisations ou think thanks américains du même acabit. Elle est par exemple la cofondatrice des Conversations Tocqueville, membre de la Fondation Tocqueville, ou membre du conseil éditorial de Politique internationale.

L’experte de plateau. Elle est une « experte de plateaux », notamment chez LCI, C dans l’Air, ou Cnews, parmi d’autres, défendant toujours une ligne atlantiste, européiste, mondialiste et pro-Ukraine virant au fanatisme. Elle est aussi apparue sur Europe 1 depuis 2021, dans l’Édito International. Elle était l’une journalistes parmi les plus rémunérés, avec une prime d’ancienneté accordée par Le Figaro et gagnait en 2014, autour des 4 000 euros par mois, en plus de ses autres fonctions. L’émission C dans l’Air refuse par exemple de communiquer les rémunérations accordées aux intervenants… Pour LCI, l’émission est rémunérée autour des 700 euros, mais les intervenants réguliers entre 3 et 4 000 euros… Les poches sont donc bien remplies et copieusement, en plus de tout ce que nous ne savons pas.

L’experte de plateaux fut humiliée par un article qu’elle publia dans Le Figaro (avril 2018), où elle annonçait la déroute électorale de Viktor Orban… qui fut réélu haut la main. Son aveuglement idéologique et pathologique, fait qu’elle vit dans le déni et ne se plaçant pas sur les faits, mais sur l’idéologie et dans une grande mesure, sur le niveau de ses propres fantasmes.

Les bons coups de Laure Mandeville et les compromissions politiques. Elle fut démasquée en 2021, par le journal Le Canard Enchaîné, qui révéla qu’elle était un conseiller de l’ombre d’Eric Zemmour, pour l’aider à structurer sa future campagne présidentielle, notamment sur les questions géopolitiques et de souveraineté. Sa présence dans cette équipe, en plus d’une rémunération occulte, a été jugée comme contraire à la déontologie des journalistes. L’affaire sombra dans les limbes et elle affirma : « que sa présence se justifiait par un intérêt pour les idées plus que pour un engagement politique partisan ». Elle ne convainquit personne et sa présence au coté de Zemmour, en plus de ses accointances américaines posent de nombreuses questions. La crise ukrainienne démontra également qu’elle ne faisait plus du journalisme, mais du militantisme, prônant une pensée unique et propagandiste, en plus d’une agressivité et russophobie difficilement contenues. Elle a été beaucoup critiquée notamment dans la « Polémique C ce Soir ». Une vidéo virale fit son apparition montrant les mécaniques qu’elle emploie, de manipulations pour « éteindre les critiques », couper la parole et imposer un discours dominant de la doxa.

Elle continue à sévir à l’heure où j’écris… empilant toujours les honneurs et les émoluments et participant à la désinformation en France… ce que j’appelle les criminels de l’Information. Elle représente à elle seule, le triste état du journalisme en France, qui sous couvert « d’études prestigieuses » servent un discours propagandiste, qui n’a plus rien à voir avec le journalisme et est aussi contraire aux traditions républicaines et démocratiques, sans parler de l’éthique du journalisme… dont le cadavre doit se trouver six pied sous terre de longue date en France.