J’inaugure une nouvelle rubrique, à l’instar de celle visant « les chiens de garde » du journalisme, mais qui concernera la corruption des milieux politiques, les élites politiques, les politiciens professionnels. Le propos n’est pas d’attaquer une ou plusieurs formations politiques, mais de les attaquer toutes, à travers les biographies des politiciens corrompus, oligarques, barons locaux et tout l’aréopage politicien de France et de Navarre. C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires explosèrent sous la présidence de François Mitterrand, puis se multiplièrent par la suite sous les autres présidences jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a explosé, montrant une corruption massive des milieux politiques, à l’exemple des plus coupables se trouvant aux plus hautes places de l’État français, jusqu’aux occupants de l’Élysée. Mon propos sera de balayer toute la période de la présidence de Giscard d’Estaing, jusqu’à nos jours, soit un demi-siècle de corruption désormais devenue endémique.
Aujourd’hui j’évoquerai le cas de Rachida Dati, quasiment une dinosaure de la politique, qui fut la star des ministres de Sarkozy. Elle avait en effet l’avantage de justifier les puissants, originaire de l’immigration, d’une famille pauvre de 12 enfants… Cosette Dati faisait rêver aussi par son courage, son ascension et son arrivée dans un siège de ministre. Depuis, elle est aussi dans les petits papiers d’Emmanuel Macron, qui a recyclé « le phénomène » de foire. Mais elle est aussi perclus d’affaires sinistres de corruption, avec des sommes énormes à clef. De l’affaire Renault-Nissan, à celle de GDF Suez, puis des cadeaux somptueux non déclarés d’Henri Proglio, lui-même proche de Macron, mais dans le collimateur des Américains… voici Rachida Dati, dans l’Aurore Nouvelle :
Mais qui est Rachida Dati ? Elle naquit à Saint-Rémy, en Saône-et-Loire, le 27 novembre 1965, deuxième enfant d’une famille nombreuse de 12 frères et sœurs, d’un père d’origine marocaine et d’une mère, d’origine algérienne. Ses parents étaient venus s’installer en France, dans les années 50. Son père était un modeste maçon. Elle fut marié de force avec un architecte algérien (1992), faisant annuler ce mariage et fit des études de droit, en droit des affaires. Elle devint avocate et entra dans la magistrature française, s’élevant au poste de juge d’instruction.
Ambitieuse, elle s’encarta dans le Parti de l’UMP, devenu ensuite Les Républicains. Elle devint la conseillère d’un certain Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur ce qui propulsa sa carrière à des hauteurs vertigineuses (2002). Elle fut porte-parole de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy (2007-2009), qui l’a nomma Garde des Sceaux après son élection. Elle fut la première femme avec des origines des anciennes colonies, à occuper un poste présidentiel en France. Cela lui conféra longtemps un statut « d’intouchable ».



Cumularde de mandats éhontée, elle fut élue maire du 7e arrondissement de Paris (2008), réélue ensuite à plusieurs reprises. Elle démissionna du gouvernement, pour se faire élire comme députée au Parlement européen, où elle réussit aussi à se maintenir longuement (jusqu’en 2019). Après la défaite de Nicolas Sarkozy à sa réélection (2012), elle se concentra sur sa mairie et les luttes politiques parisiennes, remarquée par un absentéisme au Parlement européen.
Elle fit sensation en ralliant le camp d’Emmanuel Macron (janvier 2024), nommée Ministre de la Culture, alors qu’elle avait été mise en examen pour une sale affaire dès 2021. Emmanuel Macron, dès 2015-2016, avait pourtant promis que les « gamellards » de la République ne feraient pas partie de ses gouvernements…. Elle se trouvait en 2024, la 3e ministre la plus riche de la Macronie, avec un patrimoine entassé à hauteur de 5,6 millions d’euros (2024). Elle déclarait dans ses activités professionnelles, notamment d’avocate, plus de 2 millions d’euros de revenus en 2022. En 2024, elle raflait 241 164 euros de salaire comme avocate et 84 907 euros comme ministre.



En 2026, elle apparut toutefois dans son ancienne posture politique, la droite libérale, mais toujours Ministre de la Culture et candidate à la mairie de Paris, pour les Municipales 2026. Elle démissionna du gouvernement pour se lancer dans cette campagne électorale (2 mars 2026). Elle a terminé le premier tour de l’élection (16 mars 2026), à la 2e place, avec 25,46 % des voix, mais devancée par le candidat de gauche, Emmanuel Grégoire (37,98 %). Ces chances de l’emporter semblent faibles et les affaires et procès successifs pourraient l’envoyer dans les limbes de la politique, cependant, elle est connue pour sa rapacité et ténacité. Elle pourrait encore surprendre son monde…
L’affaire Renault-Nissan. L’affaire commença entre 2010 et 2012, à la grande époque Sarkozy. Elle était députée européenne et empocha 900 000 euros de la filiale néerlandaise de Renault-Nissan, au titre : « de conseil juridique »… Le scandale mit du temps à éclater. Elle fut suspectée de travailler pour des activités illégales de lobbyings au Parlement européen, en faveur du groupe Renault-Nissan. Elle fut placée comme témoin assisté (2019), mais finalement mise en examen pour « corruption passive et trafic d’influence ». Le parquet ordonna un procès, après une improbable procédure d’une lenteur incroyable (novembre 2024). Les juges d’instructions renvoyèrent l’affaire devant le tribunal correctionnel (22 juillet 2025), avec une audience pour fixer un procès (29 septembre 2025). Il fut annoncé pour au mieux septembre 2026… Elle a nié jusqu’à lors les faits, indiquant qu’il s’agissait : « d’un vrai travail de conseil juridique, pour le développement du groupe au Moyen-Orient ». Sa mise en cause faisait suite à la mise en accusation de Carlos Ghosn, coaccusé et complice, ancien PDG du groupe Renault-Nissan. Mais l’homme a pris la fuite au Liban, après une évasion spectaculaire au Japon (2019). Il est poursuivit et sous le coup d’un mandat d’arrêt international (depuis 2023), mais le criminel court toujours.
L’affaire Engie, GDF Suez. C’est une autre affaire où trempa la ministre corrompue de Macron et Sarkozy. Entre 2010 et 2011, Rachida Dati toucha environ 299 000 euros du groupe GDF Suez (Engie) au titre de : « contrats de conseil », alors qu’elle était députée européenne. L’affaire a été lancée par une information judiciaire ordonnée par le Parquet national financier (14 octobre 2025), puis mise en examen pour : « corruption et trafic d’influence ». Des perquisitions furent effectuées au Ministère de la Culture, à la mairie du 7e arrondissement de Paris, dont elle est maire et à son domicile.



L’affaire des cadeaux d’Henri Proglio. Rachida Dati était devenue : « une relation personnelle de longue durée avec Henri Proglio », un cadre supérieur de diverses entreprises françaises, dont EDF, Veolia ou Dassault Aviation. Le couple se sépara finalement en janvier 2024, l’homme était beaucoup plus âgé, originaire d’Antibes et né en juin 1949. Elle est accusée de n’avoir pas déclaré des cadeaux somptueux de son compagnon, entre 2017 et 2023, notamment d’une pluie de montres, bracelets, colliers des marques Chopard, Cartier, Bulgari ou Repossi, pour la bagatelle de 420 000 euros de breloques de luxe… Le généreux amoureux avait aussi pris à charge son appartement parisien, un minuscule 225m2, rue Cassette dans le 6e arrondissement, pour la somme de 12 500 euros par mois. Le parquet de Paris avait lancé une enquête préliminaire pour vérifier si tous ces cadeaux avaient été déclarés, l’enquête est pour l’instant préliminaire et durera sans doute des mois… La peau de banane a sans doute été glissée par des réseaux antirusses et anglo-saxons, car Henri Proglio est accusé de liens avec la Russie, siégeant dans une société, l’ABR Management gérant des biens supposés d’oligarques russes. La société est sous sanction américaine depuis 2016. Sans doute quelques « conseillers » seront venus tirer les oreilles de l’agent Macron… pour « faire le ménage ». Mais celui-ci a résisté à toutes les tentatives de l’évincer du gouvernement, actant cependant son renvoi devant des tribunaux, mais affirmant : « qu’elle continuerait son travail et qu’elle était insubmersible… ». Quant à Henri Proglio, il fut acquitté pour des soupçons de corruption et d’utilisation abusive de biens sociaux, pour des contrats… sans mise en concurrence dans le domaine du conseil pour le groupe EDF (2023). Des perquisitions menées à son domicile avaient mises à jour un magot de 300 000 euros en espèce. La presse a beaucoup communiqué sur « ses liens avec la Russie », indiquant qu’ami proche de Macron, celui-ci : « aurait tenté sans succès de l’éloigner de la Russie à partir de 2015 »… Probablement à l’époque, les petites voix américaines avaient soufflé des recommandations au futur président !
