Un drame conjugal s’est transformé en une nuit d’horreur dans la ville de Tarse, dans la province de Mersin, en Turquie. Lundi soir, un homme de 37 ans, connu pour des troubles psychiatriques et une addiction aux stupéfiants, a ouvert le feu sur son épouse avant de semer la terreur dans les rues. Le bilan ne cesse de s’alourdir : six morts, huit blessés. L’assaillant a finalement mis fin à ses jours après avoir été encerclé par les forces de l’ordre.
Il était un peu plus de 20 heures, ce lundi, dans la ville antique de Tarse, berceau présumé de l’apôtre Paul, lorsque les riverains ont entendu les premières détonations. Dans une rue commerçante encore animée, un homme ouvrait le feu sur sa femme, employée d’un restaurant voisin. Selon les informations de l’agence de presse officielle Anadolu, après avoir blessé mortellement sa conjointe, le suspect aurait pris la fuite, tout en continuant de faire feu sur les passants.
Un adolescent, dont l’identité n’a pas encore été révélée, fait partie des victimes fauchées en pleine rue. En quelques minutes, un drame familial bascule en une tuerie.
Le gouvernement provincial de Mersin a très vite communiqué : le tireur était suivi pour des problèmes de santé mentale et des addictions aux drogues. Un profil qui interroge, dans un pays où la détention d’arme est pourtant très encadrée.
La Turquie dispose en effet d’une législation stricte : permis obligatoire, enregistrement auprès de l’État, test psychologique, certificat de moralité… L’acquisition d’une arme à feu est loin d’être une simple formalité. La possession illégale d’une arme est sévèrement punie.
Pourtant, comme le rappelle régulièrement une fondation turque spécialisée dans la sécurité publique, le pays reste inondé d’armes illégales.
« La loi existe, mais son application est inégale, et le marché noir prospère », explique un expert sous couvert d’anonymat.
Selon l’agence Anadolu, l’homme aurait rapidement été encerclé par les policiers. Acculé, sans issue, il aurait finalement retourné son arme contre lui.
Le président Recep Tayyip Erdoğan a réagi officiellement, exprimant ses « condoléances aux familles des victimes » et promettant que toute la lumière serait faite sur cette affaire.
Dans la nuit de mardi à mercredi, le gouvernement provincial a actualisé le bilan : six personnes ont perdu la vie, dont l’épouse du tireur, l’adolescent, et quatre autres civils pris pour cible. Huit blessés sont encore hospitalisés, certains dans un état critique. Les autorités redoutent que le nombre de victimes ne s’alourdisse encore dans les heures qui viennent.
Amine Sifaoui
