L’internationale des agresseurs sexuels et pédocriminels : le cas de Patrick Bruel

L’internationale des agresseurs sexuels et pédocriminels : le cas de Patrick Bruel

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J’inaugure une nouvelle rubrique, alors que j’ai commencé il y a quelques années, un petit travail sur les réseaux pédocriminels. Même si je ne suis pas un spécialiste, c’est un sujet qui me tient à cœur et qui est toujours brûlant dans l’actualité. Dernièrement l’affaire Epstein a défrayé la chronique, mais depuis plus de 50 ans les affaires ne cessent d’éclater et de s’empiler. Médias et politiques font la sourde oreille, ou du moins le service minimum, car ces réseaux pédocriminels ou d’agresseurs sexuels sont souvent composés de gens de pouvoir, de personnalités, d’oligarques fortunés et de puissants. S’attaquer à eux peut-être dangereux. En France des gens mènent une lutte féroce contre ces réseaux… et sont parfois persécutés, moqués et qualifiés de « complotistes ».

Tous les milieux de pouvoir sont impliqués, avec des ponts s’établissant entre des personnalités de la culture, du cinéma, de la TV, des arts, du Show-business et le monde politique, celui de la finance, des puissants et des ultrariches. Depuis l’offensive pédophile dans les années 70-90, avec l’aide de médias comme les journaux Libération et Le Monde, sans parler de la TV française, des noms ont martelé l’actualité : Jack Lang, Frédéric Mitterrand, Roman Polanski, Gabriel Matzneff, Serge July, Daniel Cohn-Bendit, Leonide Kameneff, l’affaire Outreau, Marc Dumoulin, l’affaire d’Angers, Régis de Camaret, Jean-Luc Lahaye, Jean-Marc Morandini, Harry Weinstein, Olivier Duhamel ou dernièrement Epstein… Ils sont légions, ils sont puissants, ils sont riches et si certains sont rattrapés par leurs crimes, beaucoup d’autres sont encore dans l’impunité.

Je commencerai par un cas qui fait déjà du bruit en France, celui de l’acteur et chanteur Patrick Bruel, véritable star dans les années 80-90, incontournable, adulé et adoré des Français, il est sur le devant de la scène pour de multiples agressions, des viols et violences sexuelles concernant aussi des jeunes filles mineures.

Mais qui est Patrick Bruel ? Il naquit à Tlemcen, dans l’Algérie encore française, le 14 mai 1959. Son vrai nom est Patrick Maurice Benguigui, fils de deux enseignants d’origine juive séfarade. Accessoirement, il est aussi le cousin issu de germains de l’humoriste Élie Semoun. A l’indépendance du pays, ses parents quittèrent l’Algérie pour venir s’installer à Paris, dans la banlieue parisienne, à Argenteuil. Après un baccalauréat raté, puis validé en candidat libre, il fit un passage par les États-Unis, revenant en France pour suivre des cours d’économie à l’université. Il débuta une carrière au cinéma, par le film et succès Le Coup de Sirocco (1978), qui le propulsa sur le devant la scène. Il continua longtemps cette carrière dans le cinéma, puis se lança dans la musique et la chanson. Il obtînt son premier succès par le single Marre de cette nana-là ! (1984) et engrangea d’autres succès le portant au firmament de la célébrité (1984-1992).

Il fut l’une des figures des Enfoirés (à partir de 1993), dans les concerts et albums au profit des Restos du Cœur. Il poursuivit par la suite, se faisant connaître comme joueur de poker professionnel, remportant plusieurs championnats et concours de haut niveau (fin années 90-début 2000). En 2003, il fut autorisé officiellement à changer de nom, par un décret paru au Journal Officiel. Il fut encore nommé aux César 2008, 2012 et 2013, cette dernière année comme : « César du meilleur acteur en 2013 ». Ses apparitions se firent ensuite plus rares, mais il continuait des tournées de concerts dans tout l’Hexagone et bien au-delà, restant un symbole des années 80-90, ayant fait fantasmer de nombreuses jeunes filles et groupies…

L’affaire Patrick Bruel. Elle éclata par le journal Mediapart qui révéla les témoignages de plusieurs femmes accusant Bruel d’agressions sexuelles entre 1991 et 2019. Trois enquêtes judiciaires furent lancées contre lui, en France et en Belgique, pour agressions sexuelles et viols. Au moins huit plaintes furent déposées, dans ces deux pays, mais aussi au Canada. Plus de 30 témoignages de femmes agressées par le prédateur et multirécidiviste apparurent ensuite décrivant des viols, des tentatives de viols, des agressions sexuelles, des harcèlements sexuels et des faits d’exhibitions sexuelles. Les faits que nous connaissons sont une enquête pour tentative de viol et agression sexuelle, lors d’un festival français à Acapulco, au Mexique (1997). Cette affaire concernait Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, alors jeune assistante âgée de 26 ans. La seconde enquête concerne un viol présumé lors du festival du film britannique, à Saint-Malo (2012). La troisième enquête concerne une agression sexuelle en Belgique (2010). La victime avait été Karine Viseur qui a déclaré depuis : « Je voulais attendre d’avoir la force suffisante parce qu’il faut savoir que c’est beaucoup de négatif que de porter plainte contre une star, je n’en tire rien de positif ». Ces deux femmes avaient porté des plaintes, mais la procédure avait été classée sans suite (2019-2020). Elles se sont portées partie civile.

Les victimes sortent du bois. Une autre victime, Ophélie Fajfer, avait aussi déjà déposé une plainte pour viol (2021), pour des faits remontants à 2015, mais l’affaire avait été classée sans suite, par le parquet de Nanterre (2022). Elle déclarait à propos de la star : « Patrick Bruel m’a volé ma première fois, mon insouciance ». Elle s’épanchait un peu plus dans la presse, en ce jour : « j’ai été engagée comme figurante sur un clip des Enfoirés tourné à Montpellier en janvier 2015, alors que j’avais 19 ans. Suite à ce tournage, j’ai écrit à plusieurs artistes et Patrick Bruel a réagit. A la suite d’échanges uniquement professionnels, je l’ai rencontré dans un restaurant dans le Sud de la France, alors en vacances chez mes grands-parents. Le lendemain Patrick Bruel m’a proposé de venir chez lui. Il m’a proposé de faire le tour de la propriété. Nous avons fini par nous arrêter devant la piscine et c’est là que l’homme a changé. Je l’ai repoussé, il est allé dans la piscine, j’étais dans un état de sidération, j’ai subi ce que subissent beaucoup de victimes ». Son avocate ajoutait : « c’était une jeune fille de 19 ans, complètement naïve et extrêmement religieuse se réservant pour le mariage ».

L’animatrice et journaliste Flavie Flament a porté plainte dernièrement, accusant Patrick Bruel de l’avoir violé en 1991, alors qu’elle n’avait que 16 ans (15 mai 2026). Suite à cette déferlante, la procureure de Paris, Laure Beccuau a annoncé que toutes les plaintes déposées en région parisienne seraient regroupées au parquet de Nanterre, dont dépend le domicile de Bruel. Elle déclarait avoir été violée chez lui, en 1991, alors qu’elle n’avait que 16 ans et se disait convaincue d’avoir été droguée.

D’autres témoignages s’invitent dans l’affaire face au déni de la star. D’autres témoignages arrivent toujours, notamment celui de Valérie Bègue, ancienne Miss Réunion 2007 et Miss France 2008. Elle a témoigné à son tour dans un réseau social et déclarait le 18 mai 2026 : « il était président du jury lors de mon élection. Je l’ai vu. Je n’ai absolument aucun doute. Je crois toutes les femmes qui ont eu le courage de parler et j’encourage les autres ».

Pour l’instant Patrick Bruel est dans le déni le plus absolu et conteste formellement les accusations. Il déclarait : « je n’ai jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel et je dénonce l’agrégat de témoignages parfois très anciens ». A propos de Flavie Flament, les avocats de Bruel ont déclaré : « qu’il s’agissait d’une relation épisodique tout à fait consentie dans les années 60 », niant formellement le viol ou l’emploi de drogues pour contraindre la victime. Le lendemain de sa plainte, Flavie Flament déclarait à l’AFP: « 10 ans après la consolation, j’ai de nouveau rendez-vous avec mon passé, et un homme a pillé mon adolescence. Je porte plainte contre Patrick Bruel pour viol».

Affaire à suivre…