Conseillers, courtisans et chevilles ouvrières du régime… en principe républicain

Conseillers, courtisans et chevilles ouvrières du régime… en principe républicain

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Ils sont dans l’ombre, ils n’apparaissent que rarement sur le devant de la scène, ce sont les hauts-fonctionnaires, les conseillers des ministères, des puissants. Ils sont toute une élite vorace, qui se nourrit du système et le sert en tout. Ils sont les chevilles ouvrières du système, qui ne fonctionnent que grâce à ces gens. Comme dans tous les régimes, y compris l’Allemagne nazie, c’est grâce à leur zèle que le système « tourne », vaste machine, broyeur impitoyable de l’intérêt public, des populations françaises, hachoir de notre souveraineté et des droits premiers des citoyens.

Personne ne parle jamais d’eux, et lorsque le système s’effondrera, même si le pouvoir tente de faire croire que nous sommes arrivés au port, ces gens s’égailleront dans la masse… Ils diront qu’ils obéissaient… d’autres qu’ils savaient mais ne pouvaient rien faire, les autres rejetteront la faute sur le voisin… le chef ou une quelconque autorité. Ils ont parfois des parcours lisses, certains sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche, d’autres portent un nom, le reste a le petit doigt sur la couture du pantalon, espérant ramasser les plus grosses miettes du gâteau républicain…

Voici une nouvelle rubrique, plongeant dans les profils de ces inconnus, qui pour beaucoup sont des courtisans et des serviteurs. Mais c’est à cause d’eux que notre pays est dans le triste état où il se trouve. J’ouvrirai la danse avec l’obscure Frédérique Lahaye, cachant son idée complète pour des raisons « pudiques », car son vrai nom est Frédérique Lahaye de Fréminville. Elle grenouilla dans les ministères, fut conseillère de Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve, médaillée de la Légion d’honneur… et finissant actuellement sa carrière sous l’ère Macron en croquant d’importants émoluments… Pour l’Aurore Nouvelle, voici une vie de serviteur, celle de Frédérique Lahaye de Fréminville… une talon rouge dans les couloirs républicains…

Mais qui est Frédérique Lahaye de Fréminville ? Probablement née dans les années 50, elle fit des études supérieures et obtint un DEA de droit privé, puis un DESS de conseil juridique et fiscal. Elle apparut d’abord dans les secteurs publics et associatifs et fut d’abord secrétaire nationale puis vice-présidente de la Confédération générale du logement (CGL). Cette association avait été fondée à l’initiative de l’abbé Pierre, pour défendre les usagers du logement (1981-1991). Ce passage dans cette association très médiatisée l’a conduisit par des travers dont je n’ai pas découvert les tenants et aboutissants, à être nommée chargée de mission à l’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL, 1992-1998). Durant la même époque, probablement par l’encartement dans un parti politique (PS), ou sur recommandation et parrainage, elle occupa des fonctions dans les cabinets ministériels.

Personne ne saura jamais comment elle atteignit les sommets du pouvoir, liens familiaux, népotisme, clientélisme, réseaux de pouvoir et politiques ? Toujours est-il qu’elle fut intégrée dans les cabinets de deux secrétaires d’État au Logement, Louis Besson, puis Marie-Noëlle Lieneman (1989-1990), frayant longuement dans les milieux socialistes et de la Gauche Caviar. Elle fut ensuite bombardée directrice juridique de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH), puis passa dans le privé, intégrant l’équipe d’un des principaux bailleurs de la ville de Paris, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP). Elle fut aussi conseillère du maire de Paris, Bertrand Delanoë, pour les questions de logement et directrice du Logement et de l’Habitat de la Ville de Paris (2012-2014).

La consécration vînt lorsqu’elle fut nommée conseillère des Premiers ministres, sous la présidence de Hollande (2014-2017). Elle fut notamment la conseillère de Manuel Valls (2014-2016), puis de Bernard Cazeneuve (2016-2017). Elle eut le temps d’être recyclée avant l’ère Macron, propulsée bientôt comme présidente du GIP Habitat Interventions Sociales, un groupement d’intérêt public intervenant dans ce secteur, puis présidente du Conseil d’administration d’Adoma (2021-2023). Adoma est un acteur majeur du logement social en France, une société anonyme d’économie mixte (SAEM), régie par le droit privé mais exerçant… une mission de service public. La société était une filiale du groupe CDC Habitat, le groupe de la Caisse des dépôts et consignations, avec l’État comme principal actionnaire. La société gérait en 2023, plus de 88 000 logements sociaux et hébergements. Son nom historique fut la fameuse SONACOTRA (fondée en 1956), plus tard rebaptisée Adoma (années 2000). Enfin, sa fin de carrière se déroulera probablement comme présidente d’Emmaüs Habitat, ayant été nommée dernièrement (27 juin 2023). Retour à la source de l’abbé Pierre, dans une entreprise sociale fondée sous un autre nom, par le célèbre abbé (19 février 1954). L’entreprise gérait 15 000 logements sociaux, pour un chiffre d’affaires de 108 millions d’euros (2024). Un guide internet, le guide du pouvoir ne s’est pas trompé sur elle… proposant sa biographie.

Le salaire de présidente du Conseil d’administration d’Adoma… est tenu au secret, seuls des salaires de cadres inférieurs sont disponibles (autour des 70-75 000 euros par an), ce qui rend plausible que son propre salaire soit bien supérieur (entre 80 et 90 000 ?), soit entre 6 600 et 7 500 euros par mois… A sa décharge, notons toutefois une cohérence dans son parcours, l’habitat, le logement social, le logement, alors que d’autres « conseillers » ont butiné dans de nombreux domaines. Au moins, pouvons nous espérer qu’elle « connaît son affaire »… Une de ses dernières photos nous montre cette « brave dame » arborant la rosette de la Légion d’honneur. Pourquoi s’en priver ? Sera-t-elle passée dans la Macronie, assurément non, disparaissant ensuite des ministères. Aura-t-elle profité du système, assurément oui ! Est-elle une brave dame ? Sans doute, mais elle reste une cheville ouvrière du régime, qui aura bien vécu, s’imagine sans doute avoir bien agi pour l’intérêt public, tout en servant les puissants, le pouvoir et tout un système détruisant patiemment tout un pays, toute une civilisation.