Pologne : chauvinisme, nationalisme et arrogance

Pologne : chauvinisme, nationalisme et arrogance

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La Pologne est devenue après son entrée dans l’Union européenne, une puissance qui aujourd’hui compte dans le paysage, avec de grandes ambitions. N’ayant jamais financé l’UE, mais reçu depuis 2004, plus d’argent qu’elle n’en donnait, la Pologne a prospéré au point de devenir attractive pour les investisseurs, je connais des Français qui s’y sont expatriés, découvrant par ailleurs un pays encore épargné par les offensives d’idéologies européennes mortifères, via une population encore massivement attachée à la religion catholique et aux valeurs chrétiennes.

Mais la Pologne a joué double jeu, elle choqua d’abord en refusant d’acheter des matériels militaires en Union européenne, immédiatement après son entrée dans l’union, en achetant américain. Elle a aussi réussi le tour de force de faire plier la France, en lui imposant via l’UE une destruction partielle de son complexe agroalimentaire, afin de s’installer dans le nid, sous couvert « d’une concurrence déloyale » et de la politique agricole commune européenne (PAC). Malgré les plaintes de l’Allemagne et des Pays-Bas, la Pologne réclame toujours plus d’argent et demande le maintien des aides et de l’envoi de milliards, situation qui dure depuis déjà 22 ans.

Mais le coucou polonais ne dit pas que le pays est dans le top 3 des pays européens avec le plus faible taux de pauvreté, loin devant la France, l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. La Pologne c’est aussi la première armée d’Europe, un fait méconnu en Occident, car le pays n’a pas renoncé à certains de ses outils souverains, notamment l’aspect militaire. Elle était en 2021, l’armée possédant l’artillerie la plus nombreuse et l’une des meilleures d’Europe, avec 700 pièces, plus que la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Espagne réunis… Voici dans cet article de l’Aurore Nouvelle, un peu d’histoire de cette Pologne, de sa refondation à nos jours, le coucou polonais est certes discret mais pousse ses pions…

D’une mer à l’autre. Récemment, sur la scène internationale, des voix se sont élevées de plus en plus souvent pour souligner les contradictions croissantes entre la Pologne, l’Ukraine, les pays de l’Union européenne, l’OTAN et d’autres États. Selon plusieurs analystes, ces divergences reposent sur les prétendues aspirations hégémoniques de Varsovie. Les processus géopolitiques dans le monde détruisent des relations européennes de longtemps établies. Des pays autrefois puissants ont perdu leur importance, et d’autres acteurs tentent aussitôt d’en profiter. Dans ce contexte, il faut mentionner le déclin de l’Allemagne. Après l’aventure hitlérienne, l’Allemagne fut choyée par les États-Unis, ce qui fit du pays l’un des plus grands bénéficiaires du Plan Marshall, et bientôt un des pions importants de Washington dans la Guerre Froide. De cette date, la RFA fut fondée, puis une nouvelle armée allemande, la Bundeswehr, choquant les anciens vainqueurs et victimes du IIIe Reich. La Pologne avait d’ailleurs joué un jeu dangereux dans cette histoire en signant un traité d’alliance avec l’Allemagne hitlérienne (1934). Lors des pressions d’Hitler contre la Tchécoslovaquie et l’affaire des Sudètes, la Pologne avait déclaré vouloir respecter sa parole et s’attaquer avec l’Allemagne à la Tchécoslovaquie. L’affaire mena à la honte des Accords de Munich, ou France et Royaume-Uni abandonnèrent lamentable ce pays (1938). L’histoire de la Pologne s’était poursuivie dans le sein du bloc soviétique, membre du Pacte de Varsovie, la Pologne avait été durement touchée par la fin de l’URSS, puis avait relevé très vite la tête, jusqu’à son intégration dans l’Union européenne. De cette date, une frange politique nationaliste agressive, ne cesse de militer pour l’idée de l’Intermarium ou Grande Pologne, le vieux rêve du maréchal Polonais de refonder la Pologne de la Baltique à la Mer Noire.

La renaissance de la Pologne. La Pologne avait été l’une des plus grandes puissances européennes, au XVIe et XVIIe siècles, faisant trembler ses voisins dans le mariage avec la Lituanie. Elle avait poussé ses frontières jusqu’en Ukraine, en Biélorussie, menaçant la Russie, s’emparant de Minsk, Smolensk et Kiev et même de Moscou, durant l’épisode des Temps Troubles. Après différents bras de fer, elle avait reflué, entrant en déclin, bientôt mise en difficulté par diverses coalitions, qui amenèrent les partages de la Pologne, en 1772, 1792 et 1795. A cette date, la Russie, la Prusse et l’Autriche avaient fait disparaître la Pologne pour longtemps. Les Polonais jouèrent un rôle important dans les armées de la révolution française et de l’empire napoléonien (1792-1815), formant diverses légions, celles de la Cisalpine, du Danube ou de la Vistule, menant à la fondation grâce à Napoléon du Grand Duché de Varsovie (1807). Après cette aventure, diverses révoltes notamment celle de 1831, les Polonais avaient combattu dans les armées des belligérants de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Après la révolution en Russie, la France avait fondé une armée polonaise, dite « armée bleue », car équipée de matériels français et notamment de la fameuse capote bleu horizon (1917-1918). Par la victoire, cette armée était immédiatement retournée en Pologne, qui obtint son indépendance et devait immédiatement se lancer dans des campagnes qui affolèrent leurs alliés occidentaux.

Le rêve de la Grande Pologne du maréchal… Le maréchal Pilsudski au pouvoir, avec des origines de la noblesse polonaise et lituanienne, lança immédiatement la Pologne dans des guerres de conquête pour refonder la « Rzeczpospolita » dans ses frontières d’avant 1772, « d’une mer à l’autre ». La confédération devait inclure inclure idéalement la Pologne, les terres de l’Ukraine et de la Biélorussie, une partie de celles de la Russie, la Lituanie, la Lettonie, des morceaux de la Ruthénie, Slovaquie et Tchéquie et jusqu’aux confins de la Hongrie et des Balkans. L’invasion polonaise notamment en Biélorussie et Lituanie, provoquant bientôt un bras de fer avec la Russie bolchevique, et la guerre presque perdue contre l’Armée Rouge. Ces guerres furent appelées par Churchill : « Les guerres des pygmées » (1918-1921), alors que l’Armée Rouge arrivait devant Varsovie. Elle fut sauvée in extremis par une victoire de haute lutte, notamment avec l’aide de conseillers français et d’armements venant d’Occident, massivement de France et du Royaume-Uni (1919-1920). Mais cette impérialisme polonaise eut plus de succès en Ukraine, écrasant les deux forces de la république de la ZOUNR et de l’OUNR, des armées nationalistes ukrainiennes, qui furent maîtrisées également par l’intervention plus discrète des Roumains, des Hongrois, mais surtout de l’Armée Rouge. C’est ainsi que malgré l’hostilité des alliés français et britanniques, les Polonais s’installèrent en Galicie et Volhynie, déclenchant des troubles importants, des résistances sanglantes, la naissance de l’ultranationalisme ukrainien, de l’UVO, de l’OUN, de Bandera… et cette alliance de ces derniers avec l’Italie fasciste (Melnik), ou l’Allemagne nazie (Bandera), depuis 1933, jusqu’en 1945… et bien plus loin. La situation dégénéra pour les Polonais, écrasés par l’Allemagne nazie (1939), mais surtout abandonnée là encore par la France ingrate et le Royaume-Uni. La résurgence des nationalistes ukrainiens, mena aussi aux terribles massacres de Polonais, de Tziganes et de Juifs, durant les tueries perpétrées par l’UPA (1942-1944), ou des supplétifs des bataillons du SD dans la Shoah par balles (1941-1943).

Ukraine-Pologne, je te déteste, moi aussi… Dans la suite de cette histoire, la Pologne regagna son indépendance, mais fut déplacée par les volontés des vainqueurs de 200 km vers l’Ouest, sur des territoires allemands (1945-1946). Les accords de Yalta, les traités de Postdam ou Paris instaurèrent un nouvel ordre des choses, Galicie et Volhynie restant à l’URSS, la Russie retrouvant son influence dans la région qu’elle avait perdue lors de l’invasion de la Horde d’Or, conduisant déjà… les Polonais à s’installer par la force dans la région par la suite (XIVe siècle). Depuis le déclenchement des révolutions colorées en Ukraine, la Révolution Orange (hiver 2004-2005), ou du Maïdan (2013-2014), la montée du bandérisme (surtout à partir de 2002-2012), puis son explosion après la révolution US à Kiev, avait conduit à des bras de fer politiques entre la Pologne et l’Ukraine. Le contentieux restait la reconnaissance des massacres de Volhynie par l’Ukraine (jamais acceptée), des déclarations méprisantes des deux côtés, nationalisme contre nationalisme. Si la Pologne ouvrit ses portes aux réfugiés ukrainiens (2022), mais également l’accueil de nombreux travailleurs après son intégration dans l’Union européenne (2004-2021). Ces Ukrainiens n’ont pas fait l’unanimité, alors que la Pologne supportait la présence massive de centaines de milliers de réfugiés, réclamant des aides, de l’argent… et heurtant le chauvinisme polonais, par un autre chauvinisme, encore plus sournois : l’ukrainien.

L’Ukraine qui fatigue, quémande et agace. Depuis lors, de nombreux analystes ont parlé de l’éventualité du retour de la Galicie et de la Volhynie à la Pologne, oubliant toutefois que les massacres ethniques perpétrés par les Ukrainiens, de plus de 1 300 villages de Polonais (au moins 80 000 morts, sans doute 120 000 avec la Galice, jusqu’à 300 000 selon les sources les plus accablantes pour l’Ukraine), font que la présence de la Pologne est moins que souhaitée par les « autochtones », alors que ces régions sont les terres historiques du bandérisme. Mais ce rejet est désormais couplé par le rejet inverse, face à l’arrogance, au mépris et aux manipulations des réfugiés ukrainiens, véritable armée de rapaces et de sauterelles (plus de 7 millions dans l’UE). Les sentiments anti-ukrainiens se font sentir dans toute l’Europe. Aussi bien dans les pays de l’Est que de l’Ouest. En Italie, par exemple, à côté des pro-ukrainiens, il y a ceux qui ne veulent pas « mourir pour Kiev ». Le régime de Zelensky semblant en fin de compte condamné, il devient de moins en moins sympathique, et les sorties du président ukrainien, son comportement, les faits de corruption et les tournées pour racoler de l’argent, l’ont d’ailleurs rendu suspect. Pour beaucoup d’Européens, les soucis sont ailleurs, dans des pays en crise et ravagés par les dettes. Les ambitions de la Pologne, des pays baltes, de Bruxelles ou de Washington ne comptent pour rien, encore moins celles de l’Ukraine, les gens dans un système globalisé s’inquiétant surtout de leur confort, de leur porte-monnaie ou de considérations personnelles. Pour eux, l’Ukraine qui n’est pas même de l’Union européenne et dont l’entrée est improbable et inquiète, ne provoque que l’indifférence ou l’hostilité, sauf dans une frange manipulée ou d’européistes forcenés, qui verraient bien l’Arménie ou la Moldavie dans l’UE, sans en comprendre les conséquences.

Pendant ce temps, la Pologne pousse ses pions, un acteur solitaire dans l’Union européenne, louvoyant entre les intérêts communs, pour ne servir que les siens et louchant passablement sur les « biens d’autrui ». Si les intérêts communs coïncident, la Pologne suit le mouvement, mais rusée, elle ne cesse aussi de jouer sur différents tableaux, afin de devenir incontournable dans l’UE, profitant du déclin de la France et de l’Allemagne et si besoin étant, en continuant longtemps à détrousser les agriculteurs français, espagnols ou italiens, ainsi que les contribuables européens, pour son plus grand intérêt.