C’est suite à un article du média de propagande français, FranceInfo, que cette histoire des « dîners » de collectes de fonds pour les campagnes présidentielles s’invite dans l’information. C’est au départ un article qui affirmait expliquer aux Français les moyens mis en œuvre par les partis pour financer la campagne présidentielle à venir. Mais sournoisement, des accusations se glissent et surtout des comparaisons. Il faut savoir lire entre les lignes pour comprendre pourquoi l’article a été publié. Ce sont des raisons politiques dans une guerre de serpents, où l’Élysée se permet d’user et d’abuser des médias publics pour frapper des ennemis politiques. La manœuvre est grossière de la part de FranceMacron, car le média est public et c’est une des voix de l’Élysée. Un tel article ne peut pas avoir été publié sans qu’un ordre ait été donné en haut lieu… en très haut lieu.
Dans cet article de l’Aurore Nouvelle nous décrypterons le narratif de l’article, qui s’adresse à une opinion publique naïve. Cette manipulation des médias ne date pas d’hier, mais autrefois les hommes politiques faisaient plutôt passer des informations à des médias comme Mediapart ou Le Canard Enchaîné, pour tirer à boulets rouges sur des ennemis politiques, dans des contextes de campagnes électorales. Au besoin un candidat gênant peut aussi être diffamé ou piégé dans un imbroglio médiatique (DSK). Les dîners qui sont dénoncés dans l’article sont-ils réels ? Oui, mais nous ne saurons rien des sources… seulement l’évocation d’un « stratège » et une phrase anodine qui en dit long : « selon nos informations »… La source n’étant évidemment pas citée… Son nom : Emmanuel Macron et la Macronie.
Vous serez par ailleurs surpris par l’épilogue des dîners…
Appâter les badauds. L’article commence sur un ton plutôt badin, sous le titre : « dons, prêts, cotisations… Comment les candidats financent leurs frais de campagne présidentielle ». Le titre est plutôt neutre, mais le corps du texte ne l’est pas du tout. Plusieurs politiciens sont évoqués, dont François Ruffin (Debout!), David Lisnard (Nouvelle Énergie), Édouard Philippe (Horizons, macronie), Xavier Bertrand (LR), Raphaël Gluksmann (PS), Bruno Retailleau (LR), Pierre Danon (LR) et enfin Kévin Pfeffer (RN).








Pour François Ruffin, c’est plutôt un texte neutre avec un petit coup de griffe sur la fin : « chaque semaine un cellule s’active pour trouver des financements, via du démarchage téléphonique. Des petits dons, entre 1 et 50 euros en moyenne, pour récolter 1,5 million d’ici la fin de l’année et payer les meetings, tracts et campagne numérique. On a aujourd’hui 6 000 particuliers qui donnent et l’objectif c’est de passer à 10 000, à 15 000, à 20 000 explique le candidat, tout ce qu’on pourra prendre, on le prendra. Si Bernard Arnault veut donner, il est bien sûr le bienvenu ».
Frapper l’ennemi sournoisement. Mais pour LR l’artillerie lourde est sortie pour diffamer et scier les branches du parti Les Républicains. Surfant sur l’image d’un parti des riches et des puissants, des bourgeois et des chefs d’entreprises, FranceMacron frappe fort : « certains candidats courtisent ces généreux donateurs dans des dîners discrets. Un stratège de LR se vante : « On peut lever jusqu’à 50 000 euros par dîner ». Et certains candidats ont visiblement convaincu ». Plus loin ce sont les dettes du parti qui sont évoquées, pour ajouter un peu plus d’informations négatives sur le parti visé : « Côté LR, malgré 7 à 8 millions de dette, Bruno Retailleau désormais candidat officiel du parti, pourra compter sur un trésor, les cotisations des 76 000 adhérents ».
Brosser un tableau idyllique des partis macronistes. A l’inverse les partis de la Macronie, Renaissance et Horizons se sont pas touchés et même valorisés, en commençant d’abord par Horizons : « Il y a 4 ou 5 millions de réserve pour Édouard Philippe » et l’opulence financière du deuxième parti macroniste est aussi évoquée pour exprimer leur supériorité et confort financier : « mais dans la course à l’Élysée, le plus efficace reste d’avoir le soutien d’un parti. Renaissance par exemple, dispose d’une fortune de 40 millions d’euros, dont la moitié provient de la vente de son ancien siège ».
Évoquer de vieilles affaires mine de rien. Pour faire le contraste avec les ennemis politiques de l’Élysée, l’article termine par un discret coup d’épée contre le RN, là encore en évoquant par contraste les difficultés financières de ce parti : « Le RN par exemple souhaite emprunter 10 millions d’euros. Problème : le parti a essuyé deux refus de banques françaises. « On a donc également essayé ce dossier de demande de prêt dans plusieurs pays, dans les établissements européens en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Hongrie, comme la fois précédente ». Cet ajout est aussi très subtil et fait une référence discrète aux supposés prêts obtenus par le FN/RN en Russie. Une manière d’enfoncer subtilement le couteau dans la plaie.
Conclusion : l’article dépeint donc des candidats en difficulté… dont ceux du Parti Les Républicains organisant des dîners de récolte de dons et ayant des dettes, ou le parti RN qui n’ayant pas d’argent frappe aux portes des banques… Et puis, c’est l’évocation de deux partis bénéficiant « de fortunes », sous-entendant une force politique, une bonne gestion… et que donc à la tête de la France cette gestion ne pourrait être que brillante ! C’est une basse propagande, mais le scandale se situe au niveau de l’utilisation perverse et cynique des médias publics. Le Président Emmanuel Macron se sert donc sans vergogne des médias publics, qui en principe appartiennent à tous les Français et à tous les partis… mais cela c’était il y a bien longtemps… avant la Macronie !





Quant aux dîners ? J’ai cherché profondément et avec divers moyens sur Internet et j’ai bien trouvé des références à des dîners pour financer la campagne présidentielle… par Emmanuel Macron (2022), ou encore un scandale : « pour préparer la campagne de 2017, 120 000 euros d’argent public dépensés en dîners de luxe par Emmanuel Macron ». D’autres articles évoquent ailleurs ces dîners gargantuesques, citant la somme de 150 000 euros… en une seule soirée, pour rincer des oligarques ensuite invités à faire quelques chèques… Moralité… l’équipe de campagne de la Macronie se sera souvenue de ces savonnettes, ici recyclées à son avantage, c’est dans les vieux pots que l’on fait de la bonne soupe !





