La CJUE s’attaque à la protection de l’enfance

La CJUE s’attaque à la protection de l’enfance

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Il y a, dans l’arrêt rendu mardi par la Cour de justice de l’Union européenne, bien plus qu’un simple arbitrage juridique. En invalidant la loi hongroise sur la « protection de l’enfance », la CJUE ne se contente pas de trancher un différend entre Bruxelles et Budapest : elle impose une lecture idéologique des « valeurs européennes », au risque d’effacer toute marge de souveraineté nationale sur des sujets profondément sensibles.

Sont-ce là les « valeurs européennes » ?

Officiellement, la décision vise à sanctionner des mesures jugées discriminatoires envers « les personnes LGBTQ+ ». Dans les faits, elle repose sur une interprétation extensive du droit européen, qui tend à assimiler toute restriction de contenus liés à l’identité de genre ou à l’homosexualité à une violation des droits fondamentaux. Une interprétation qui revient à poser comme principe que toute tentative d’encadrer ces sujets dans l’espace public — notamment vis-à-vis des mineurs — relèverait d’une forme de stigmatisation.

Or, c’est précisément ce point qui interroge. La Hongrie avait fait le choix de lier la protection de l’enfance à une régulation stricte de certains contenus. Fallait-il pour autant disqualifier en bloc cette démarche au nom d’une lecture uniforme des droits fondamentaux, qui ne laisse aucune place aux particularités culturelles, aux aspects éducatifs ou sociétaux propres à chaque État membre ?

Desmond Napoles, drag queen de 12 ans

En affirmant que ces mesures portent atteinte à la dignité humaine et à l’égalité, la CJUE franchit un cap : elle ne se contente plus de garantir des droits, elle en fixe désormais l’interprétation légitime, au détriment du débat démocratique national. La question de l’intérêt supérieur de l’enfant — pourtant invoquée par Budapest — est ainsi évacuée d’un revers de main, comme si elle ne pouvait exister qu’à travers le prisme défini par un conglomérat d’individus non-élus et dont la propre sexualité est a minima douteuse, voir surtout criminelle. Comment s’étonner de cette décision lorsque le lobby LGBT fonctionne à plein régime au sein des institutions européennes, que les institutions promeuvent la décadence, détruit l’institution maritale et familiale et finance tous les délires de ceux qui quelques années auparavent étaient considerés pour ce qu’ils sont : des personnes malades.

À quel moment a-t-on commencé à sincèrement considérer qu’un enfant, qui n’est pas apte à voter, était en revanche capable de choisir une prétendue « identité de genre » et d’avoir recours à des procédures chirurgicales de changement de sexe ?

En associant explicitement la législation hongroise à une logique de stigmatisation, la CJUE alimente une fracture déjà profonde entre une partie de l’Europe centrale et les institutions communautaires. À force de judiciariser des débats de société hautement sensibles, l’Union attise la défiance et génère un effet de réaction qui pourra mener à son délitement définitif.

Ceux qui militaient hier pour la dépénalisation de l’inceste et de la pédophilie sont aujourd’hui à la tête des institutions et Etats. Ce sont ces mêmes individus qui décident ce qui relève de la protection des droits de l’enfant ou de la discrimination.

Amine Sifaoui