Voici une rubrique sur la corruption des milieux et élites politiques, depuis l’apparition de politiciens professionnels, dont les aspirations premières, sont leurs propres intérêts. Ils sapent le tissu social, détruise la souveraineté de la France, pratiquent le clientélisme, vivent dans des milieux endogames et népotiques, ils viennent hélas de toutes les franges politiques et mon propos ne sera pas d’attaquer un ou plusieurs partis politiques, mais de les attaquer tous. Pour le faire un arme simple : la biographie et la prosopographie. A travers les biographies, la nature des politiciens corrompus, oligarques, barons locaux et tout l’aréopage politicien de France et de Navarre éclate au grand jour.
C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires explosèrent sous la présidence de Giscard d’Estaing et François Mitterrand, puis se multiplièrent sous les autres présidences jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a pris une ampleur inquiétante, une corruption massive des milieux politiques, à l’exemple des plus coupables se trouvant au plus haut niveau de l’État français, jusqu’aux occupants de l’Élysée. Mon propos sera de balayer un demi-siècle de corruption endémique, en me concentra de manière préférentielle sur les 15 dernières années.
Aujourd’hui j’aborderai une affaire qui vient d’exploser et qui a été révélée en France par le journal Le Canard Enchaîné, le 14 avril 2026. L’affaire est atypique car elle concerne… le Palais de l’Élysée, la présidence française, le Président Emmanuel Macron et toute une clique de « bons amis »… L’article de l’Aurore Nouvelle vous emmènera vers un système mafieux de monopole sur les cérémonies de l’État, le groupe Havas, la famille Bolloré et des dépenses éhontées et injustifiées pour ces événements « républicains », dans un système de dépenses pharaoniques : les fameux « Ors de la République ». Les millions coulaient à flots et dernièrement le Président Macron a bloqué une perquisition au Palais de l’Élysée… Deux seulement ont été ordonnées, toutes durant l’ère Macron.



Mais qu’est-ce que l’affaire des cérémonies du Panthéon ? C’est un cas rare, alors que la présidence française n’a que très rarement été mise en cause dans des affaires. Cependant, l’une des plus graves, encore non résolue fut l’affaire Grossouvre, où un conseiller présidentiel fut « suicidé » dans le palais de l’Élysée, le 7 avril 1994. Des perquisitions ne furent d’ailleurs pas opérées, une simple enquête fut menée dans le palais et l’affaire classée très rapidement. Les documents saisis dans le bureau et le domicile de Grossouvre disparurent et furent mis au secret. Depuis lors, l’Élysée n’avait pas été directement mis en cause dans une autre affaire, jusqu’à un certain… Emmanuel Macron. Dans l’affaire Benalla, des perquisitions furent menées dans le palais, chacun se souviendra de cette sordide affaire des barbouzes de la Macronie, de violences et de passages à tabac de manifestants, le tout sombrant dans un désastre judiciaire inédit en France (2018-2021). C’est désormais une deuxième affaire qui vient d’apparaître, mais la brigade financière et anticorruption de la police judiciaire de Paris s’est cassée… les dents devant la porte de l’Élysée. Se cachant derrière l’article 67 de la Constitution, Emmanuel Macron a interdit l’accès au palais (14 avril 2026), pour empêcher l’enquête d’aboutir… L’affaire des cérémonies du Panthéon a été ouverte début octobre 2025, par le Parquet national financier pour : « favoritisme, prise illégale d’intérêt, corruption et trafic d’influence ».



Les bons amis de Macron et la société Shortcut Events. La société Shortcut Events est une agence événementielle. Elle est mise en cause pour l’organisation de toutes les cérémonies d’entrée au Panthéon entre 2022 et 2024, facturant pour chacune 2 millions d’euros à l’État. Cependant, si l’affaire est ouverte pour cette seule période, la société a la main mise sur les cérémonies de l’État depuis plus de 20 ans. Dernièrement la société fut employée par l’État pour l’inauguration de la Cité de la Francophonie de Villers-Cotterêts (2023), le 80e anniversaire du Débarquement allié à Omaha Beach (juin 2024), les célébrations (délirantes) pour les 10 ans de la loi Taubira, ou encore les JO de Paris (été 2024). Selon le journal Libération, l’installation à domicile de la société et son omniprésence, puis monopole avait fini par décourager la concurrence, ce qui en soit est déjà un scandale, ces pratiques mafieuses étant strictement interdites par la loi. Les factures sont également incroyablement élevées, pour des événements ne durant qu’une journée ou deux et ne justifiant nullement de telles dépenses. La société qui ne compte qu’une trentaine d’employées fut fondée en 1997, par Christophe Pinguet (28 % des parts) et Lionel Laval (dans le capital jusqu’en janvier 2015), qui étaient associés. Les deux hommes sont restés à la tête de l’agence se partageant les tâches au sein de Shorcut Events. Cependant l’Havas Group avait pris une participation dans la société (novembre 2021), pour une somme dissimulée et jamais publiée. Le groupe Havas est un géant historique de la communication, poids lourd dont le siège est à Paris et qui pèse des milliards d’euros, avec une présence dans plus de 100 pays. Le groupe Havas est entré en bourse en 2024, après avoir été séparé du groupe Vivendi (fin 2024). Que l’on parle d’Havas ou de Vivendi, les deux groupes sont la propriété de la famille Bolloré… (Vincent et Yannik Bolloré). Dans les médias, le conflit entre Emmanuel Macron et Vincent Bolloré est souvent mis en scène, mais dans les faits c’est une hostilité de façade, les uns et les autres ayant des intérêts communs, formant des alliances. La famille Bolloré possède d’ailleurs de nombreux intérêts financiers dans des secteurs régulés par l’État, dont un empire médiatique. Bien que financier du nouveau parti de Zemmour, les plus avertis auront remarqué que cette apparition subite affaiblissait notoirement l’extrême-droite, en la divisant… au profit de la Macronie. C’est sans doute par des négociations souterraines que le monopole fut confié à la société Shortcut Events… en échange d’autres services.



Shortcut Events dans le viseur. Avec des factures aussi importantes et injustifiées, la société réalisait en 2022, la coquette somme de 28,7 millions d’euros de chiffre d’affaires. La société est aujourd’hui épinglée pour la période 2022-2024, mais elle a en réalité organisé presque toutes les grandes cérémonies nationales depuis plus de 20 ans… sous Macron, Hollande, Sarkozy et Chirac. Dernièrement la société s’est encore étendue avec dixit : « la confiance de Yannick Bolloré », et l’ouverture de Shorcut Havas à Milan, en Italie (2026). Il avouait dans un article : « Cannes est un lieu particulier pour moi, c’est là que tout a commencé, il y a près de 40 ans, avec Lionel Laval, qui depuis trois décennies et la création de Shortcut, de magnifiques événements référents pour le secteur du luxe, de l’institutionnel et du corporate » (26 mars 2026). Il affirmait même ouvrir aujourd’hui cette nouvelle entité en Italie… et « demain en Inde » (déjà implanté à Singapour). Avec 2 millions d’euros pour une simple cérémonie du Panthéon et 6 entrées depuis 2022, 11 depuis 2002, c’est déjà pour 11 journées de travail, même avec de la préparation, un chèque énorme de 22 millions d’euros… Les ors de la République peuvent effectivement briller aux frais des contribuables et enrichir un réseau mafieux qui a vampirisé les événements nationaux, afin de se remplir les poches.



L’affaire dans l’affaire. Mais ce qui pose question en plus de ce système mafieux, c’est justement le vaste système que j’appelle « les ors de la République ». Dans un contexte de crise, de difficultés budgétaires, l’État ne compte pas et déploie des fastes éhontés, qui s’ils engagent le prestige de la République française, ne doivent pas dépasser le raisonnable. Même si dans l’affaire Groussouvre des perquisitions ne furent pas effectuées à l’Élysée, dans toute l’histoire de la République française et à fortiori durant la Ve République, des perquisitions ne furent ordonnées qu’à deux reprises… et durant l’ère Macron. Faisant fi de la justice et des lois, l’Élysée aura donc bloqué la deuxième tentative, créant un précédent dangereux, où le chef de l’État se place clairement au dessus des lois, mais au moment des manifestations des Gilets Jaunes, Emmanuel Macron n’avait-il pas déclaré avec un mépris pour le Peuple français : « venez me chercher ! ». Ce dernier épisode prouve bien que cette république est entre des mains criminelles, où la justice ne concerne que le commun des mortels, le simple citoyen, mais pas des oligarques ayant capturé le pouvoir, sous le couvert de la démocratie et se moquant éhontément de l’intérêt général des Français.
