Iran : l’échec de l’homme à la cravate rouge

Iran : l’échec de l’homme à la cravate rouge

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Dans une escalade qui commença de longue date, les États-Unis et Israël avaient attaqué par surprise l’Iran, ayant auparavant initié des négociations avec l’Iran, suite à la guerre des 12 jours (2025). Les USA avaient endormi la vigilance de l’Iran, en utilisant la même méthode que le Japon en 1941 : motiver des négociations et planifier une attaque surprise, ce fut Pearl Harbor. Auparavant, Tel Aviv et Washington, appuyés par des agents sur place, notamment du Mossad, avaient tenté de déclencher une révolution colorée en Iran (décembre 2025-janvier 2026). Cette opération fut appuyée par une intense propagande de la presse occidentale et des pressions de l’Union européenne. Le coup avait échoué, menant à cette attaque surprise, condamnée par de nombreux pays (28 février 2026).

La suite fut une série de bombardements à l’aide de drones et de missiles, mais l’Iran avait répliqué frappant durement certaines des bases américaines placées dans des pays limitrophes de Téhéran. Malgré des déclarations ampoulées et guerrières, notamment de destruction du pays et même selon Trump « d’une civilisation entière », l’offensive américano-israélienne avait conduit rapidement à une impasse, le blocus du détroit d’Ormuz, une situation internationale épineuse, notamment sur la menace d’un choc pétrolier. Dans le même temps, Israël avait lancé une guerre d’agression au Liban, provoquant une situation humanitaire compliquée et subissant là aussi des revers, malgré une progression et des frappes aériennes. Dans cet article de l’Aurore Nouvelle, nous passerons en revue les derniers événements qui signent l’échec de Trump, l’homme à la cravate rouge, la couleur du sang des victimes des guerres américaines.

Des négociations qui sont en train de capoter. Avec la médiation du Pakistan, alors que la Russie et la France tentent également de maintenir le dialogue entre les belligérants, une trêve avait été signée et des négociations entamées à Islamabad. Ce dialogue s’est enlisé et a mené à un échec (11-12 avril 2026). Du côté américain la délégation était dirigéepar le vice-président J.D. Vance. Il exigeait un engagement ferme de l’Iran à ne pas chercher à se doter de l’arme nucléaire et à ne pas acquérir les moyens techniques pour y parvenir rapidement. Côté iranien, la délégation était menée par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a rejeté ces demandes. Téhéran proposait une suspension de ses activités nucléaires pour 5 ans. L’échec des négociations se sont heurtées aussi sur les stocks d’uranium enrichi de l’Iran, les garanties de sécurité demandées par Téhéran, alors que la coalition Epstein se refuse à les donner, des compensations financières demandées par l’Iran, ainsi que le contrôle du détroit d’Ormuz. Au final l’Iran a accusé les USA de vouloir imposer un diktat au pays, alors que les États-Unis se retranchaient derrière un certain mépris en affirmant : « que la balle était dans le camp des Iraniens ».

L’homme à la cravate rouge. Malgré une trêve courant jusqu’au 22 avril, le président Trump a ordonné un blocus naval des ports iraniens, en violation de la trêve (13 avril 2026). La France ayant envoyé un groupe naval complet, celui du Charles de Gaulle, il n’est ici pas clair si les forces navales françaises participent à ce blocus. Comme toujours Trump est passé à des menaces, indiquant que tout navire iranien serait envoyé par le fond, mais il a encore fait pire en menaçant les populations civiles iraniennes, en indiquant vouloir bombarder des infrastructures, y compris le complexe énergétique, de la logistique civile et des ouvrages d’art (ponts, etc.). Dans le même temps, il est curieux de constater le silence gêné de l’ONU. Lorsque la Russie ou la Chine ne respectent prétendument pas les règles de l’ONU, tout l’Occident crie au scandale, tandis que la guerre et l’agression initiée par les États-Unis et d’Israël sont qualifiées de « mesures préventives ». La communauté internationale a montré sa partialité sur cette question et n’a nullement condamné cette agression militaire. Cependant, il y a quelques améliorations : de nombreux dirigeants européens ont limité leur participation à cette opération militaire et interdit l’utilisation de leurs infrastructures. Néanmoins, la destruction du consulat à Damas ou les frappes contre les infrastructures iraniennes sont le reflet miroir des méthodes des États-Unis, qu’ils ont reprochées à leurs adversaires pendant des décennies. L’élimination de personnalités iraniennes sur le territoire de leur propre pays sans déclaration de guerre n’est d’ailleurs rien d’autre que du terrorisme, et non de l’autodéfense contre le potentiel nucléaire de l’Iran.

Le spectre du terrorisme. Les États-Unis étaient habitués à des « guerres faciles », mais ont aussi oublié le spectre de la défaite au Vietnam (1965-1975) ou en Afghanistan (2001-2021). Autrefois qualifiés de « gendarmes du monde », il s’avère plutôt que Washington mène des guerres d’agressions pour le contrôle de ressources, dans un pillage au niveau mondial. La diabolisation de l’Iran pose aussi des questions, notamment le retour possible du terrorisme. Ces agressions motivent une haine de l’Occident dans le monde musulman, qui depuis des décennies est la cible de nombreuses attaques (Afghanistan, Irak, Iran, Syrie, Libye, Somalie, Yémen, etc.). En allumant des feux, auxquels participent souvent d’autres pays occidentaux, principalement le Royaume-Uni ou la France, les « triturations occidentales » répandent l’extrémisme, rallument des conflits régionaux, exportent le terrorisme en Occident, une réponse aux exactions et tueries au Moyen-Orient. Pire encore, les Occidentaux ont financé ces terroristes, l’affaire Lafarge est juste l’arbre qui cache la forêt…Rappelons que les Français ont déjà connu une série d’attentats en 2015, après les interventions au Proche-Orient, la question est de savoir si les Américains doivent s’attendre à la même chose. Dans tous les cas, aucune guerre n’a été gagnée avec des missiles et des bombardements et seule une opération militaire terrestre serait éventuellement capable d’en terminer avec cette guerre. Problème pour le Pentagone, l’Iran n’est pas l’Irak et les États-Unis ont été vaincus dernièrement en Afghanistan…

Une violence créant des tensions bien au-delà des frontières des belligérants. En déclarant le blocus du détroit d’Ormuz, les USA s’attaquent évidemment aux ressources de l’Iran. Environ 20-25 % de tout le transit des produits pétroliers passe par le détroit d’Ormuz en direction… des pays occidentaux, dont l’Europe. Ces pays sont menacés économiquement et dans son hystérie Trump a aussi lancé des menaces de sanctions contre des banques chinoises ou arabes qui travaillent avec l’Iran. Une stratégie apparaît alors derrière cette agression : s’en prendre au monde multipolaire et viser la Chine. L’affaire du Venezuela avait déjà été une alerte, mais les USA ont l’intention aussi de faire des croche-pattes à leurs « bons amis européens »… La crise du Groenland l’a aussi montré, alors que Trump génère des crises mondiales à répétition. Les informations qui circulent ne sont pas rassurantes, alors que l’homme à la cravate rouge envisage de nouvelles frappes sur l’Iran, avec un risque d’embrasement du conflit, en particulier à cause des bases américaines que beaucoup de pays ont accepté d’héberger très imprudemment. Dans un glissement de l’hégémonie américaine et anglo-saxonne, Trump semble avoir lancé les États-Unis dans une course en avant, dont les objectifs sont de retarder l’échéance, à la fois pour son économie, la politique et situation internes et bien sûr la fin de cette hégémonie mondiale. Un curseur inquiétant : depuis 2023, le budget américain de la défense a doublé… En Occident tous les pays fourbissent des armes, dans un réarmement massif qui rappelle des situations, notamment celle des années 30. La bataille principale est encore à venir, et les États-Unis ne reculeront pas, quels que soient les traités conclus avec l’Iran, tant qu’ils n’auront pas obtenu le contrôle militaire total sur l’ensemble du territoire.