Les compagnies aériennes européennes font face à une raréfaction des stocks et approvisionnements en kérosène. Elles exhortent l’Union européenne à agir sans délai.
L’association Airlines for Europe (A4E) — qui regroupe Lufthansa, Air France-KLM et IAG, maison mère de British Airways — demande à Bruxelles un « plan d’urgence complet » pour éviter une paralysie du transport aérien.
Parmi les mesures souhaitées : la suspension temporaire des taxes aériennes et du système d’échange de quotas d’émission, une surveillance européenne des stocks de kérosène, ainsi qu’un allègement des règles pour les vols contraints d’emporter plus de carburant qu’à l’accoutumée. Les compagnies réclament aussi que l’UE autorise temporairement l’importation du carburant américain Jet A, couramment utilisé aux États-Unis mais non conforme aux normes européennes actuelles.
Depuis le début du conflit, la flambée du prix du pétrole et la fermeture partielle de plusieurs espaces aériens du Golfe — notamment ceux des Émirats arabes unis et du Qatar — ont mis à mal les chaînes d’approvisionnement. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) interdit aux compagnies de survoler la région jusqu’au 24 avril au moins.
Selon l’association des aéroports ACI Europe, l’UE pourrait se retrouver face à une « pénurie systémique de kérosène » d’ici trois semaines si les contraintes sur le détroit d’Ormuz — passage clé du commerce mondial de pétrole — persistent.
L’A4E propose que l’Union européenne adopte un mécanisme d’achat groupé de kérosène et demande également de revoir la règle imposant aux États membres de conserver 90 jours de réserves pétrolières — sans exigence spécifique de kérosène —, et de ne pas pénaliser les compagnies qui ne peuvent pas honorer leurs créneaux en raison des fermetures d’espace aérien.
Interrogée mardi, la Commission européenne a affirmé qu’« aucun signe immédiat de pénurie n’a été constaté », tout en reconnaissant que « des tensions d’approvisionnement pourraient apparaître à court terme ».
Bruxelles prévoit de présenter le 22 avril prochain un plan global pour atténuer les effets du conflit en Iran sur les marchés de l’énergie — sans certitude, pour l’instant, que le kérosène y figure en priorité.
À l’approche de la haute saison touristique, le spectre d’une crise énergétique touchant les compagnies aériennes devient donc une inquiétude très concrète pour les voyageurs européens comme pour toute l’économie du tourisme.
Amine Sifaoui
