Les politiciens professionnels sont un fléau de la République française, qui par ailleurs se manifesta dès la Révolution française. Hommes et femmes des partis, ils ne travaillent pas pour les intérêts de la Nation, encore moins ceux du Peuple français, mais « pour le parti ». Saint-Just avait évoqué précocement la problématique, depuis rarement reprise de cette zone trouble de la démocratie : les partis et les factions. Le phénomène s’est aggravé par l’apparition des politiciens professionnels, puis par des lobbyistes dans leurs rangs. Ces derniers servent d’autres intérêts, la finance internationale, des oligarques, des géants des entreprises privées, de l’industrie, de la grande distribution, du tertiaire, etc.
Étienne Chouard est l’un des rares à avoir lancé des réflexions sur la neutralisation de ces politiciens professionnels : mandats uniques, non renouvelables, fin de la présidence, tirage au sort des élus, démocratie participative, référendums d’initiatives populaires, les pistes sont nombreuses. Durant l’Ancien Régime ces personnages influents achetaient des charges à la couronne, qui étaient héréditaires. Après le 9 Thermidor, puis le siècle des révolutions (XIXe siècle), la vie politique fut finalement kidnappée par « la République des Barras et des Tallien », une république bourgeoise, endogame, liée aux intérêts privés susnommés. Ils ne sont pas la majorité de la population, mais cette minorité a confisqué le pouvoir et la plupart du temps les Français ne les connaissent pas, du moins juste par le prisme déformé et propagandiste des médias.
Aujourd’hui j’aborderai le cas Najat Vallaud-Belkacem, une apparatchik du Parti Socialiste et de la Gauche Caviar qui eut son heure de gloire, notamment sous le présidence de François Hollande. Depuis, les temps ont été plus difficiles, mais dernièrement par une double magouille politique que je décris dans cet article de l’Aurore Nouvelle, Najat a été subitement nommée conseillère maître à la Cour des comptes… par un dinosaure du PS, Pierre Moscovici, lui apportant le modique et misérable salaire de 10 000 euros bruts par mois… La fête peut continuer, la table républicaine est généreuse… du moins pour les milieux clientélistes et endogames qui ont confisqué le pouvoir depuis un bon demi siècle.



Mais qui est Najat Vallaud-Belkacem ? Elle naquit au Maroc, à Beni Chiker dans la région du Rif, le 4 octobre 1977. Elle était issue d’une famille modeste, d’une fratrie de 7 enfants, alors que ses parents immigrèrent en France, en Picardie, d’abord à Abbeville, puis à Amiens, où elle grandit dans les quartiers populaires. Elle fit des études supérieures, mais la bascule commença par son entrée dans une des pires écoles du système, Sciences Po Paris, dont elle sortit diplômée. Immédiatement après, elle fut recrutée comme juriste dans un cabinet d’avocats, qui bientôt lui permis d’avoir accès à des huiles et pontes de la République.
Elle n’avait pas spécialement pensé à une carrière politique, mais adhéra finalement au Parti Socialiste, la Gauche Caviar, alors puissante formation politique, et selon ses dires : « suite à la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle » (2002). Son profil idéal pour le PS, en plus de son parcours d’études, ne tardèrent pas à la propulser très vite dans les sphères de pouvoir et des puissants. L’histoire ne dit pas qui furent les « parrains » de Belkacem, mais elle fut recrutée comme assistante parlementaire par Béatrice Marre, alors députée de l’Oise (2002-2003). Elle fut ensuite chargée de mission auprès de Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon (2003), puis pour la première fois se lança elle-même en politique. Il est à noter qu’elle épousa Boris Vallaud, une créature de l’ENA qui avait été ancien chef de cabinet d’Arnaud Montebourg, qui fut aussi député PS du département des Landes, le milieu politique étant la plupart du temps endogame.



L’apparatchik du Parti Socialiste. Elle fut élue conseillère régionale dans la région Rhône-Alpes, puis présidente de la commission de la culture (2004-2008). Elle fut élue ensuite conseillère générale, pour le département du Rhône, puis adjointe au maire, versée dans la délégation à la démocratie de proximité (2008-2012). Dans la période et contexte de l’élection présidentielle de 2007, elle fut nommée porte-parole de Ségolène Royal, qui échoua à gagner l’élection contre Nicolas Sarkozy. L’éléphant du PS la renomma de nouveau porte-parole pour l’élection présidentielle de 2012, puis rejoignit l’équipe de campagne de François Hollande, qui remporta l’élection. Sa récompense vint immédiatement, d’abord nommée Ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement (2012-2014). En avril 2014, à l’arrivée de Manuel Valls, son ministère fut élargit comme Ministre des Droits des femmes, et de la Jeunesse et des Sports. Enfin en août 2014, elle fut bombardée Ministre de l’Éducation nationale, poste stratégique (2014-2017), première femme à occuper ce poste dans l’histoire de la République.



S’accrocher aux branches envers et contre tout. Cependant, n’ayant aucune légitimité, ni expérience dans ce ministère, elle fit scandale d’abord par l’imposition à marche force de la théorie du genre dans l’enseignement, motiva une réforme contestée des manuels scolaires, et une autre réforme des rythmes scolaires, là aussi contestée. A l’arrivée du raz de marée macroniste, à sa décharge elle ne succomba pas aux sirènes macronistes, aussi fut-elle « rétrogradée » et repoussée vers la région où elle avait commencée sa carrière. Elle réapparut comme conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes (2021 à nos jours), présidente de l’association France Terre d’Asile, en soutien de l’immigration de masse (2022 à nos jours). Enfin, elle fut nommée sans raison, conseillère maître à la Cour des comptes (juillet 2025). L’affaire provoqua une levée de boucliers, avec des accusations de « parachutage » et de « République des copains », avec de forts soupçons au niveau du président de la cour, un certain Pierre Moscovici, autre dinosaure du PS et proche de François Hollande. Le député RN Jean-Philippe Tanguy affirma vouloir saisir le Conseil d’État, alors que le journal Le Canard Enchaîné supposa : « un deal entre François Bayrou et Pierre Moscovici pour faire nommer l’ex-ministre contre l’abandon de la censure du budget par le groupe PS, dont le mari était président du groupe à l’Assemblée nationale ».



Les petites magouilles et manœuvres des puissants. Pierre Moscovici nia tout en bloc, aucune procédure ne fut ouverte, car la magouille politique était d’importance, notamment pour le gouvernement de Macron. Cependant, l’affaire eut un rebondissement, car l’association France Terre d’Asile présenta un plan de régularisation massive des sans-papiers (7 novembre 2025). Le plan affirmait que cette régularisation de 250 000 travailleurs clandestins rapporterait à l’État… 2,9 milliards d’euros par ans, appelant : « à faire rimer nos principes de fraternité avec l’efficacité économique ». Pierre Moscovici se retourna alors contre elle, lança une procédure disciplinaire : « estimant que ses propos politiquement engagés enfreignaient le devoir de réserve et de neutralité imposé aux hauts fonctionnaires », en ajoutant : « en plein examen budgétaire, ce genre de déclaration peut apparaître pour le moins décalé, je ne suis pas son copain, je suis son président ». L’affaire était une autre magouille, afin de désamorcer la bombe de sa nomination et faire croire à l’intégrité du président. La sanction ne fut qu’un simple rappel à l’ordre, alors que la presse se ruait sur l’affaire pour signaler comiquement : « que c’était la première fois qu’une personnalité politique de premier plan était sanctionnée » (19 novembre 2025).
Sa nomination avait sans doute des raisons financières, car son poste de conseillère régionale en Auvergne-Rhône-Alpes ne lui rapportait que le salaire de 2 722,58 euros bruts… Une obole pour des gens habitués à un train de vie et aux ors de la République. En accrochant le poste de conseillère maître à la Cour des comptes… elle perçoit depuis la bagatelle de 10 000 euros bruts par mois. La grande vie peut dès lors reprendre son cours… dans une république bananière que les Français devinent, mais n’imaginent pas encore à ce niveau de corruption et de bassesse.



