Groenland : la nouvelle « ruée vers l’or » américaine passe par trois bases secrètes

Groenland : la nouvelle « ruée vers l’or » américaine passe par trois bases secrètes

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Alors que Donald Trump menace ouvertement de prendre l’île « par la force », Washington mène discrètement des négociations avancées avec Copenhague. En jeu : trois nouvelles bases militaires américaines, en plein cœur de l’Arctique.

Les États-Unis, sous l’impulsion d’un président connu pour ses formules chocs, négocient pied à pied avec le Danemark pour étendre leur empreinte militaire sur cette île semi-autonome.

Selon plusieurs responsables proches des discussions, trois nouvelles bases pourraient voir le jour dans le sud groenlandais. L’objectif étant de renforcer l’emprise sur l’île et sur un couloir stratégique dans l’Atlantique surnommé la « faille GIUK » (Groenland, Islande, Royaume-Uni).

Si les négociations se font en toute discression, c’est parce que les déclarations fracassantes de Donald Trump – « il faut posséder le Groenland pour assurer la sécurité nationale » – ont provoqué une véritable crise diplomatique. Depuis janvier, le locataire de la Maison-Blanche agite la menace d’une annexion « par la force ou en douceur ».

Pourtant, derrière les tweets incendiaires, la machine d’État américaine travaille autrement. Un petit groupe de négociateurs, basé à Washington, mène des discussions régulières et « très prometteuses », selon un responsable de l’administration. La presse a pu confirmer que les échanges ont « progressé ces derniers mois ».

Étonnamment, ce n’est pas l’envoyé spécial de Trump pour le Groenland qui mène les discussions mais le gouverneur républicain de Louisiane, Jeff Landry. Un de ses proches confie : « Il était davantage un cheerleader de l’idée, quelqu’un pour montrer les muscles. Mais il n’a jamais participé aux vraies négociations. »

Le véritable pilote s’appelle Michael Needham, un haut responsable du département d’État. Sa mission : conclure un accord qui satisfasse la Maison-Blanche, sans humilier le Danemark, pourtant allié au sein de l’OTAN.

Les Américains auraient proposé un statut clivant : ces trois nouvelles bases deviendraient officiellement… territoire américain. Un pavé dans la mare scandinave, même si Copenhague assure pour l’instant être « ouverte aux discussions ».

Du côté danois, on confirme que des « pourparlers diplomatiques sont en cours », sans entrer dans les détails. Une discrétion de rigueur, car l’enjeu est sensible : le Groenland jouit d’une large autonomie, et toute concession militaire est un sujet explosif pour les habitants comme pour les députés de Copenhague.

L’une des bases devrait s’installer à Narsarsuaq, sur les vestiges d’une ancienne base américaine. Les deux autres profiteraient probablement d’infrastructures existantes (aéroports, ports) pour limiter les coûts. Une approche pragmatique, loin du « grand soir » militaire.

Aujourd’hui, les États-Unis ne disposent plus que d’un seul site au Groenland : la base spatiale de Pituffik, dans le nord-ouest. Fini le temps de la guerre froide et de ses dix-sept installations. Pituffik surveille les missiles – mais pas la mer. Or, c’est bien en mer que se joue la nouvelle bataille stratégique et que l’Oncle Sam entend bien fermer l’accès nord-Atlantique aux sous-marins étrangers.

Amine Sifaoui