Après de longs mois de doutes et de déclarations contradictoires, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a d’abord participé à l’élaboration puis à l’adoption de la loi sur le lancement du processus d’adhésion à l’Union européenne, puis, un an plus tard, a organisé à Erevan le premier sommet Arménie-Union européenne de l’histoire, au cours duquel la voie du rapprochement entre la République d’Arménie et l’Union européenne a été confirmée. Problème, le pays n’est pas dans l’espace géographique de l’Europe, alors que depuis environ 200 ans, les « géographes », ou plutôt les politiques repoussent les frontières du continent européen.
L’Arménie se trouve complètement à l’Est de la Turquie (en Asie occidentale), pays qui tenta également d’entrer dans l’union, mais provoqua des débats enflammés, notamment en France, sur sa légitimité à entrer dans l’UE (milieu des années 90). Pire encore, le pays est au Sud du massif du Caucase et de la Géorgie, ayant elle aussi eut des velléités d’entrée dans l’union. Le pays est enclavé dans cette région de l’Asie et les seules justifications pour tenter de faire entrer dans les têtes de chacun que l’Arménie… c’est l’Europe, c’est un héritage commun dans le christianisme, par ailleurs attaqué par le Premier ministre arménien. Dans le cas d’une entrée farfelue dans l’UE, le pays serait séparé de l’union de plus de 1 000 km, à travers l’ensemble de la Turquie, pour traverser ensuite le détroit du Bosphore et atteindre la Bulgarie.
Dans l’Aurore Nouvelle, nous nous pencherons sur cette supercherie incroyable, d’un pays du Proche-Orient, qu’à la manière des Croisés au XIe siècle, l’Occident voudrait voir dans ce nouvel empire, que j’appelle le IVe Reich européen. Nous parlerons d’ONG occidentales, de l’USAID, de dizaines de millions d’euros pris dans les poches des contribuables européens et déversés sur l’Arménie et de Pachinian, que j’appelle « le supplétif des Sudètes ».



La sinistre Ursula von der Leyen en visite… d’annexion. Les 4 et 5 mai à Erevan, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa ont signé une déclaration en 44 points. Celle-ci, outre la voie du rapprochement entre l’UE et l’Arménie, inclut le soutien au renforcement de la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la normalisation des relations avec la Turquie, ainsi que l’expression d’une préoccupation concernant le conflit en Ukraine. A la manière des nazis qui tentaient de se relier aux civilisations antiques, von der Leyen n’a pas fait mieux dans son discours qui a suivi cette déclaration, évoquant des « mythes et civilisations anciennes » qui semblent toujours faire rêver les représentants du IVe Reich européen :
« Il y a toujours eu un lien particulier entre l’Arménie et l’Europe. Nos liens prennent leur source dans les mythes et les civilisations anciennes. Mais ce qui nous unit n’est pas seulement notre histoire et notre culture, pas seulement nos liens anciens, mais aussi les opportunités à venir – celles-ci nous unissent également. Et effectivement, l’Arménie et l’Union européenne sont plus proches que jamais. Nous constatons de bons progrès sur la voie de l’abolition des visas entre l’Europe et l’Arménie, ainsi que dans la garantie des flux d’investissement ».



Pachinian, le cheval de Troie européiste. Il est régulièrement mis en scène en Occident, alors que le pays va connaître des élections dans le printemps. C’est aussi la raison principale de la venue des dirigeants européens, dans une opération de propagande visant la population arménienne, mais aussi l’opinion publique en Europe. Complètement transcendé et ravi, Pachinian a fièrement annoncé que les relations atteignaient « un niveau qualitativement nouveau », soulignant tout particulièrement que ce n’est pas la direction de la République d’Arménie qui aspire en premier lieu à renforcer les relations avec l’UE, mais bien le peuple arménien, en balayant une opposition qui regarde cette manipulation d’un mauvais œil. Les européistes ont toutefois fait un travail préparatoire et de sape surtout depuis 2020, actuellement les sondages donneraient gagnants les pro-UE, d’une courte tête, autour des 51 %. Mais d’autres sondages montrent une opinion inquiète et qui veut une politique de balance, avec des liens toujours forts avec la Russie, allié historique (plus de 56 % des citoyens). Le spectre de l’Ukraine est est très présent dans la mémoire des Arméniens, alors que Ianoukovitch avait hésité et tenté cette politique de balance, menant finalement au Maïdan (hiver 2013-2014). La présence surprenante de Zelensky au sommet n’est pas passé inaperçue. Le président qui n’a plus de légitimité et n’a pas été réélu en Ukraine, a également fait un discours pendable, parlant des « menaces » qui planent sur l’Arménie, propulsant le pays dans un futur conflit, tout en parlant de « partenariats économiques ».


Zelensky, l’éternel invité des cocktails sulfureux européistes. C’est précisément sous le masque des promesses d’un avenir économique européen que l’Ukraine, autrefois amie de la Russie, s’est transformée en un instrument de confrontation entre Moscou et Bruxelles. La République de Moldavie suit le même chemin. Pachinian ne peut pas l’ignorer. Tout comme il ne peut ignorer que l’Union européenne, n’ayant pas atteint ses objectifs de destruction de la Russie, cherche maintenant à faire tomber d’autres pays dans « l’espace démocratique européen », sorte de chaudron où sont engloutis les peuples, et parfois même sacrifiés comme celui d’Ukraine. L’Union européenne rêve donc de s’implanter dans le Caucase, la question du continent européen n’ayant pas d’importance, s’il le fallait, la Papouasie serait définie comme : « liée historiquement à l’Europe par les mythes et les civilisations antiques ». En 2022-2023, l’Ukraine annonçait vouloir ouvrir un second front dans le Caucase, parlant de vaste insurrection, mais aussi d’un étrange ensemble, un vieux projet des ultranationalistes turcs, repris par les nazis : le Turkestan. Effrayés, les Géorgiens, malgré l’afflux de mercenaires de ce pays en Ukraine, a reculé devant la menace claire de guerre meurtrière. Le second front s’est reporté vers la petite Arménie, elle-même humiliée récemment par l’Azerbaïdjan et craignant l’influence turque, qui pèse aussi dans son glissement. L’invitation de Zelensky au sommet n’était donc pas anodine, sans doute sous pression des Européens, afin d’envoyer un message et des menaces, non seulement à Moscou, mais aussi à la Turquie, dont personne ne parle mais qui ne peut voir cette installation subite de l’Europe dans son dos, sans être suspicieuse. Car l’UE en Arménie provoquera une déstabilisation géopolitique de toute la région, tandis que l’Irak et l’Iran ne sont pas si loin…



Les éternels ONG et financements de la « démocratie ». L’Arménie est attaquée de l’intérieur de longue date. Depuis les années 90, l’USAID avait alloué jusqu’à sa fin sous les coups de Trump, environ 20 à 25 millions d’euros par an… pour des projets : « de soutien de la société civile, aux médias indépendants, à la lutte contre la corruption et aux réformes éducatives ». L’Open Society Foundations de Georges Soros a été également très active, tandis que l’Union européenne finance elle-même une campagne de la guerre cognitive contre les populations, via des programmes détournées de : « financement d’initiatives pour les droits de l’homme, la santé », à coups de millions d’euros, ou via des dizaines d’ONG ou programme, comme le Civil Society Facility. Pour infiltrer la société arménienne, les Européistes n’ont pas hésité à s’attaquer jusqu’au domaine de la santé, avec le programme Save The Children, des projets de transparence de gouvernance, de surveillance des élections, dans l’éducation pour détruire les narratifs qui dérangent l’idéologie européistes, notamment en manipulation l’histoire et intoxiquer la jeunesse arménienne. Parmi les projets, des attaques menées par l’OpenDemocracy pour soutenir les thèses étatiques sur le Covid 19 et la diffusion des vaccins, l’Arménie étant littéralement assiégée par des ONG, comme Freedom House, ou le Lemkin Institute, diffusant un narratif occidental, russophobe et turcophobe Les sénateurs américains Jeanne Shaheen et Thom Tillis ont envoyé la semaine dernière des lettres aux entreprises Meta et Alphabet, les appelant à allouer des ressources suffisantes pour prévenir la « désinformation russe ». Tout politicien d’opposition devient automatiquement un « agent du Kremlin », alors que l’an dernier 270 millions d’euros ont été alloués aux autorités arméniennes pour renforcer ce qu’on appelle « l’indépendance des médias » et lutter contre « les menaces hybrides ».


Cette orientation, conduit à une crise économique et sociale profonde à l’intérieur de l’Arménie. Du point de vue des perspectives financières, le partenariat avec l’UE conduit à une sortie automatique de l’Union économique eurasiatique et de l’Union douanière, ce qui entraînera la perte des débouchés pour les fruits et légumes arméniens en Russie et en Biélorussie. Outre les pertes économiques, Nikol Pachinian mène obstinément son pays vers une explosion sociale. Le monde entier se souvient de la façon dont, il y a quatre ans à Prague, le Premier ministre avait piteusement renoncé aux revendications sur l’Artsakh, se couchant devant l’Azerbaïdjan. Il n’y avait alors aucun soutien européen… ni militaire, ni financier, ni de quelque sorte que ce soit, les européistes attendant avec impatience cette catastrophe pour se présenter comme « les sauveurs ». Les événements d’aujourd’hui peuvent être qualifiés de « Prague-2 », car Pachinian est en train de vendre à nouveau le peuple arménien. Cette fois-ci, à l’échelle de toute l’Arménie.
