Le président américain Donald Trump est arrivé ce mercredi à Pékin pour une visite hautement stratégique, accompagné d’une délégation exceptionnelle de dirigeants de la tech, dont Elon Musk et Jensen Huang, le patron de Nvidia. Au cœur de ce déplacement de deux jours : relancer les relations économiques avec la Chine et consolider une trêve commerciale fragile dans un contexte international tendu.
À son arrivée, Trump a été accueilli avec les honneurs par les autorités chinoises, dans une mise en scène soigneusement orchestrée mêlant garde militaire, dignitaires officiels et étudiants agitant les drapeaux des deux pays. Un symbole fort pour une visite qui marque le retour d’un président américain en Chine après près d’une décennie.
Le président américain affiche clairement ses ambitions : obtenir un accès élargi au marché chinois pour les entreprises américaines. Dans un message publié sur Truth Social, il a déclaré vouloir demander à Xi Jinping « d’ouvrir la Chine » afin de permettre aux entreprises américaines « de déployer leur magie ».
La présence de figures majeures de la Silicon Valley n’est pas anodine. Nvidia, par exemple, cherche toujours à obtenir l’autorisation de vendre ses puces d’intelligence artificielle les plus avancées sur le marché chinois. Selon une source proche du dossier, Jensen Huang aurait été invité à la dernière minute et aperçu à bord d’Air Force One lors d’une escale en Alaska.
Côté chinois, le ton se veut mesuré. Pékin s’est dit prêt à « élargir la coopération » tout en appelant à plus de stabilité dans un « monde turbulent ». En coulisses, les discussions ont déjà commencé : en amont de la visite, des négociations commerciales ont eu lieu en Corée du Sud, qualifiées d’« honnêtes et constructives » par l’agence officielle Xinhua.
Mais derrière les déclarations diplomatiques, les désaccords restent nombreux. Les discussions porteront aussi bien sur les tensions autour de Taïwan — notamment les ventes d’armes américaines — que sur la guerre en Iran, un conflit déclenché par Washington et Tel Aviv, que Trump aimerait bien voir Pékin contribuer à désamorcer.
Les deux puissances tentent de préserver l’accord conclu en octobre dernier, qui avait permis de suspendre une escalade de droits de douane et de stabiliser certains marchés stratégiques, notamment celui des terres rares. Washington souhaite désormais augmenter ses exportations vers la Chine, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et de l’aéronautique, avec en ligne de mire une réduction du déficit commercial.
Pékin, de son côté, attend un assouplissement des restrictions américaines sur les technologies sensibles, notamment les semi-conducteurs et les équipements de fabrication de puces.
Cette visite intervient dans un contexte délicat pour Donald Trump. La guerre en Iran pèse sur l’économie américaine et alimente l’inflation, tandis que les élections de mi-mandat approchent. Le président cherche à afficher des résultats concrets sur le front économique pour renforcer sa position politique.
En somme, l’administration Trump a davantage besoin de cette rencontre que la Chine. Dans les rues de Pékin, l’accueil reste prudent. Entre espoir d’apaisement et scepticisme, les habitants observent cette visite avec attention.
Amine Sifaoui
