Ils sont dans l’ombre, ils n’apparaissent que rarement sur le devant de la scène, ce sont les hauts-fonctionnaires, les conseillers des ministères, des puissants. Ils sont toute une élite vorace, qui se nourrit du système et le sert en tout. Ils sont les chevilles ouvrières du système, qui ne fonctionnent que grâce à ces gens. Comme dans tous les régimes, y compris l’Allemagne nazie, c’est grâce à leur zèle que le système « tourne », vaste machine, broyeur impitoyable de l’intérêt public, des populations françaises, hachoir de notre souveraineté et des droits premiers des citoyens.
Personne ne parle jamais d’eux, et lorsque le système s’effondrera, même si le pouvoir tente de faire croire que nous sommes arrivés au port, ces gens s’égailleront dans la masse… Ils diront qu’ils obéissaient… d’autres qu’ils savaient mais ne pouvaient rien faire, les autres rejetteront la faute sur le voisin… le chef ou une quelconque autorité. Ils ont parfois des parcours lisses, certains sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche, d’autres portent un nom, le reste a le petit doigt sur la couture du pantalon, espérant ramasser les plus grosses miettes du gâteau républicain…
Voici une rubrique plongeant dans les profils de ces inconnus, qui pour beaucoup sont des courtisans et des serviteurs. Mais c’est aussi à cause d’eux que notre pays est dans le triste état où il se trouve. Beaucoup d’entre eux deviennent par ailleurs ensuite des politiciens de premier plan, des ministres, des premiers ministres et même des présidents. Aujourd’hui nous aborderons le cas de Paul-Hugo Verdin. L’homme de l’ombre et l’éminence crise d’un certain Sébastien Lecornu, probablement l’une des barbouzes de la République, qui comme Lecornu fut un collègue d’un certain Alexandre Benalla. Plus discret… plus mystérieux, voici donc Paul-Hugo Verdin l’homme qui pouvait signer à la place de Lecornu alors Ministre des Armées…
Mais qui est Paul-Hugo Verdin ? Il naquit vers 1986-1990 et pour des raisons de prudence extrême, notamment à cause des postes qu’il occupa, les informations sont assez rares à son sujet. Point de lieu de naissance, d’origines, à peine son parcours d’études, le voile est difficile à soulever. Cependant comme beaucoup des créatures du système, il passa par la fameuse usine Sciences Po Paris, où il passa un Bachelor cursus Moyen-Orient, puis un Master II en « affaires publiques ». Il acheva son parcours d’études dans l’année 2014, puis entama un parcours qui pose à ce jour de très nombreuses questions.
Il fut en effet immédiatement recruté comme attaché de négociations pour le Readiness Action Plan, à la Représentation permanente de la France auprès de l’OTAN. Les premières questions qui se posent c’est justement sur ses spécialités, puis son recrutement dans l’Alliance Atlantique Nord, un poste tendu et stratégique, où personne ne peut rentrer sans avoir montré « patte blanche ». Qui se trouvait derrière lui ? Qui étaient ses parents, comment fut-il immédiatement poussé vers une telle fonction, cela reste pour l’instant un mystère. Il y resta cependant très peu, affecté à la représentation française de juillet à décembre 2014.
Une des barbouzes de la République. De retour en France, son parcours s’enfonce ensuite dans un brouillard opaque de près de trois années, ressurgissant par un « miracle » non moins curieux, comme adjoint au directeur de la sécurité et de la sûreté du parti politique En Marche ! Or ce service était dirigé par un homme qui fit ensuite beaucoup parler de lui : Alexandre Benalla. Sébastien Lecornu rencontra les deux hommes à cette époque ou précédemment, et il est facile de déduire que Paul-Hugo Verdin faisait partie des barbouzes de la République qui s’illustrèrent tristement dès le début de l’ère Macron. A ce sujet, il est certain qu’il fut en contact avec l’un des puissants conseillers d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, dont nous avons brossé le portrait dans un article de l’Aurore Nouvelle récent.
Il participa donc à ce poste à toute la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron (février-juillet 2017), alors que Benalla était propulsé dans les rangs des 10 adjoints attachés au cabinet présidentiel, pour les questions de sécurité. Même si je n’en ai pas la preuve, je suis convaincu qu’il fut l’un des 10 adjoints, tous choisis justement dans le harem des barbouzes de la République autour de Sébastien Lecornu. Parmi les adjoints se trouvaient Rodrigue de Furcy, nommé par un arrêté présidentiel et publié au Journal Officiel (18 juin 2017). Le secrétaire général était Alexis Kohler, le directeur de cabinet Patrick Strzoda, le chef de cabinet François-Xavier Lauch. Cependant, dans les méandres de l’information, les noms des autres « adjoints » de cette époque échappent, à part justement ceux de Benalla et de Furcy.



L’éminence grise de Lecornu. Quel que soit son parcours dans cet espace de temps, le simple fait qu’il disparaisse totalement du fil informationnel est déjà très suspect. Quelles furent ses missions, ses taches ? Des archives parleront peut-être un jour… mais dans fort longtemps. Toujours est-il qu’il apparut de nouveau à sa nomination comme chef de cabinet de Sébastien Lecornu, nommé Ministre auprès de la Ministre de la Cohésion des territoires, chargé des collectivités territoriales (11 mai 2020). Selon les rares évocations de cette nomination : « elle fut signée de la main de Sébastien Lecornu en personne et ce fut le début d’une fidélité sans faille ». Dès lors, il resta le chef de cabinet de Lecornu, dès sa nomination comme Ministre de l’Outre-Mer (2020-2022), puis comme Ministre des Armées (2022-2025), alors chef de son « cabinet civil ». Il fut alors honoré : « d’un arrêté ministériel de Lecornu, comme Ministre des Armées, pour lui déléguer sa signature au nom du ministre, tous actes, à l’exclusion des décrets » (juillet 2025). Après cet insigne honneur, il fut évidemment nommé chef de cabinet du Premier ministre… Sébastien Lecornu (septembre 2025) et la presse osa même écrire : « qu’il est un fidèle qui l’accompagne depuis 2020 et qui représente la continuité de l’équipe rapprochée, capable de gérer les dossiers sensibles et de maintenir la cohérence de la méthode Lecornu »…
