La rubrique dans les couloirs des chiens de garde du journalisme a pour but de présenter des biographies de l’écosystème du « journalisme français ». En 1995, Serge Halimi du journal Le Monde Diplomatique dénonçait le scandaleux système dans son « Les Nouveaux Chiens de garde », décrivant comment le pouvoir contrôlait l’information et le journalisme, l’étranglant et supprimant la plupart des standards de l’indépendance nécessaire de la presse.
En usant des biographies, via la prosopographie, l’étude de masse des biographies, on peut comprendre comment le système fonctionne et pourquoi Serge Halimi avait plus que raison. Depuis les années 90, la situation s’est hélas grandement aggravée, au point qu’il est urgent que l’opinion publique connaisse la vérité. En général, les simples citoyens ne connaissent pas les coulisses du journalisme, ne savent pas qui sont ceux qui sont censés les informer et qui en fait les désinforment, quant ils ne diffusent pas de fausses nouvelles ou ne servent pas la guerre psychologique et cognitive qui est menée contre la population française.
Aujourd’hui j’aborderai le cas Daïc Audouit, un cas très particulier que j’observe depuis un moment et qui a attiré mon attention en faisant la promotion systématique de Sébastien Lecornu ou de Stéphanie Rist, dans la crise imaginaire de l’Hantavirus. Depuis deux jours, ce « journaliste » de façade produit des articles autour des « sauveurs », se montrant particulièrement sirupeux et courtisan vis-à-vis de la Macronie. Hier c’était « Sébastien Lecornu en première ligne dans la gestion des cas d’Hantavirus en France », aujourd’hui nous avions : « Ca me rappelle mes nuits de garde quand j’étais interne, Stéphanie Rist une ministre de la Santé en première ligne dans la lutte contre l’Hantavirus ».
Voici dans l’Aurore Nouvelle une caricature de journaliste, qui dans les médias publics est clairement au service du régime et non à celui de l’information et des Français : partons à la rencontre de l’histoire d’un serviteur, celle de Daïc Audouit qui aurait pu inspirer Molière ou un personnage de la Comédie Humaine d’Honoré de Balzac.



Mais qui est Daïc Audouit ? Très méfiant et craignant sans doute quelque chose, conscient de ce qu’il fait, les informations sont rares et il aura systématiquement tenté de se cacher. Il est selon lui né « sous Pompidou », donc entre 1969 et 1974. Il passa par l’une des pires écoles de formation de créatures des chiens de garde, après une maîtrise d’histoire, en étant diplômé par le Centre de formation des Journalistes (CFJ).
Un journaliste lié à la droite libérale puis à la Macronie. Son parcours ancien n’est pas documenté, mais il travailla pendant au moins 16 ans pour France 3 Paris et l’île de France, en couvrant les actualités politiques régionales. De ce modeste poste, il semble avoir peiné à monter les échelons, mais réussit à se faufiler à FranceInfo TV, puis sa version Internet, chargé des interviews politiques dans la matinale de la chaîne. Il passa également dans l’émission Les Informés du dimanche et réalisa deux documentaires de 26 minutes, l’un sur l’ancien président de l’UMP, Jean-François Coppé, l’autre sur Marielle de Sarnez (1951-2021), une fille d’un apparatchik de l’UDR, député à l’Assemblée nationale (1968-1973), qui devînt une grosse huile du Parti des Républicains Indépendants, figure emblématique des jeunesses giscardiennes dans les années 70. Elle fut ensuite une cliente de François Bayrou, puis une députée européenne, députée de l’Assemblée nationale et figure du MoDem. Lui-même ancré dans ces mouvances passera discrètement au service de la Macronie au sein de FranceInfo.
A mort les Juifs ! Il explosa en vol et déclencha la polémique, lorsqu’en direct sur FranceInfo, il fut pris en flagrant délit de mensonges et non vérification de sources. Il déclara que des slogans antisémites avaient été entendus lors de manifestations contre le racisme et l’extrême droite (22 mars 2025). Il affirma que les propos « A mort les Juifs ! » avaient été prononcés et scandés dans cette manifestation, dans un contexte de discrédit à jeter sur l’extrême gauche et la frange en soutien à la Palestine contre Israël. Un procédé bas et vil et des paroles qui furent prononcées en direct. Problème, ses propres informations n’étaient basées que sur du vent et sur de faux témoignages qu’il avait lu sur des réseaux sociaux. Pris en étau par l’auditoire et dénoncé pour avoir diffusé une fausse nouvelle, il fut obligé le lendemain de présenter ses excuses publiquement. Il déclara : « je n’ai pas mesuré ma parole, ce qui est grave dans un sujet comme ça, extrêmement abrasif. J’ai manqué de discernement, donc je tiens à m’excuser auprès des organisateurs des manifestations de samedi ». L’incident n’était pas si anodin, alors que depuis au moins 3 décennies, ce journalisme est intéressé à salir par la politique diffamatoire des « istes ». Les gens sont attaqués pour être des « gauchistes », des « fascistes », des « complotistes » et toute une panoplie de « istes » afin de discréditer des opinions divers, tous évidemment dans l’opposition, que nous parlions de gens de gauche ou de droite.



Le courtisan Daïc Audouit. Dans ses derniers articles particulièrement scandaleux et « cirant les chaussures » des ministres de la Macronie, il ne paraît pas avoir de limites dans son métier « de courtisane ». Il mouille la chemise pour tenter de supporter la crise imaginaire de l’Hantavirus qui serait « magnifiquement » gérée par le gouvernement. J’ai rarement vu un tel niveau d’assujettissement au pouvoir, un ton que l’on aurait pu peut-être voir à la cour de Versailles, ou dans les journaux autorisés sous la Restauration, la Monarchie de Juillet, le Second Empire ou la France de Vichy.
Mettant en scène Stéphanie Rist comme dans une émission de TV réalité, honteusement magnifiée, son article n’apporte aucune information réelle et n’a qu’un but de propagande et de support éhonté à la Macronie :
« Elle devait rentrer dans sa circonscription, à Orléans, pour ces quelques jours de repos, mais elle a évidemment annulé pour rester au ministère afin de gérer au plus près l’évolution de la situation. Les journées sont intenses, les problématiques différentes s’enchaînent, c’est une tension [imaginaire] continue de concentration, ça me rappelle les nuits de garde quand j’étais interne ».
Il poursuivait : « c’est une proche de Gabriel Attal, elle n’est pas la seule en première ligne, Sébastien Lecornu a choisi très tôt de prendre le dossier en main, quand on loupe une crise, c’est dur à rattraper ».
Puis revenait sur la « promotion » de l’image de Rist : « Elle n’est pas une ministre issue de la société civile, marcheuse de la première heure, elle a entamé sa carrière politique il y a une dizaine d’années, devenant députée de la Sarthe en 2017. Réélue continuellement depuis dans un département où le RN progresse, elle appartient à la première génération des macronistes et a été récompensée de cette fidélité par une entrée au gouvernement dont elle rêvait depuis longtemps, c’est une proche de Gabriel Attal que les instances de Renaissance soutiennent pour la présidentielle ».
Le propos est hallucinant et prouve bien que nous avons affaire à tout un système népotique et de clientèle, car « elle a été récompensée de cette fidélité par une entrée au gouvernement », et nullement pour ses compétences ou mérites… Le propos rapporté est d’ailleurs plus explicite, car il démontre aussi qu’à travers « son rêve depuis longtemps d’entrer au gouvernement », il y a bien un carriérisme intéressé et pendable, avec également l’information très importante « de la proximité avec Gabriel Attal »… Un système « fromagiste » de distribution de récompenses, de médailles, de fonctions, de postes, après des années de « bons et loyaux services »… non pas pour la Nation, le Peuple français… mais par intérêts, carrière et certainement aussi l’amour-propre, le pouvoir et l’argent.



L’incroyable vraie fausse crise de l’Hantavirus-26 : Le dernier mot pour FranceInfo : « les Français ont découvert le visage de cette macroniste de la première heure, avec l’émergence du virus des Andes »… Un virus qui n’a fait qu’un unique malade français et 26 cas tous testés négatifs qui avaient été en contact. Toute la France est prise en otage par la macronie, pour un seul malade… d’un virus qui ne peut se transmettre entre les hommes, sauf sous la forme Andes et :
« Selon un phénomène exceptionnel, très rare et uniquement documenté par une seule souche spécifique, le virus Andes. Il est impossible de recenser l’intégralité des cas à l’échelle mondiale, ce type de transmission est très rare et nécessite généralement un contact étroit et prolongé, familial, soins, contacts intimes, alors que la transmission peut parfois se faire par contact occasionnel ou par voie respiratoire via des sécrétions, mais reste peu efficace et sans commune mesure avec des virus comme la grippe ».
De rares flambées épidémiques furent étudiées, dont celle survenue en Argentine entre 2018 et 2019, avec 34 cas et 11 décès… Les choses d’ailleurs sont claires, la transmission est peu efficace et bien moindre qu’une modeste grippe… que dire de plus ? A l’échelle mondiale, la dernière « épidémie » avec le navire de croisière MV Hondius… a fait 3 morts. Que l’on parle de l’Argentine ou de « l’Hantavirus-26 », avec 14 morts en 8 années peut-on parler de crise et de pandémique ? Si ces faits sont censés rappeler à Stéphanie Rist ses heures comme « interne », sans doute devait-elle dormir profondément pendant son service, ronflement et dormant béatement dans un placard à balai de son hôpital.
