Les procureurs ont requis vendredi une peine de 30 ans de prison à l’encontre de l’ancien président sud-coréen Jun Sogjol, l’accusant d’avoir ordonné une opération militaire clandestine contre la Corée du Nord dans le but de justifier l’instauration de la loi martiale.
Selon l’accusation, l’ex-chef de l’État aurait autorisé une frappe de drone destinée à provoquer une escalade des tensions avec Pyongyang. Cette opération, qui s’inscrivait dans un contexte régional déjà fragile, aurait servi de prétexte pour décréter la loi martiale le 3 décembre 2024 — une mesure exceptionnelle qui n’aura finalement duré que six heures, mais dont les conséquences politiques ont été considérables.
Le parquet estime que cette manœuvre a non seulement mis en péril la stabilité de la péninsule coréenne, mais aussi exposé des informations militaires sensibles après le crash d’un drone impliqué dans l’opération. Pour les procureurs, il s’agit d’un abus de pouvoir manifeste, d’une gravité sans précédent dans l’histoire moderne du pays.
Jun Sogjol, qui fait face à un total de huit procédures judiciaires distinctes, rejette catégoriquement les accusations. Sa défense affirme qu’aucune de ses décisions n’a contribué à provoquer une confrontation militaire avec la Corée du Nord, dénonçant une lecture politique des faits.
Déjà fragilisé par des mois de crise institutionnelle, l’ancien président avait été suspendu de ses fonctions avant d’être officiellement destitué par la Cour constitutionnelle en avril dernier. La séquence a profondément bouleversé la vie politique sud-coréenne, aboutissant à une élection présidentielle anticipée en juin, remportée par le candidat de l’opposition, Lee Jae-myung.
Le tribunal central de Séoul doit désormais rendre son verdict dans une affaire historique.
Amine Sifaoui
