Tendance : les Français partent de plus en plus nombreux pour s’installer à l’étranger

Tendance : les Français partent de plus en plus nombreux pour s’installer à l’étranger

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La tendance n’est pas nouvelle et a obligé la France à changer la composition de l’Assemblée nationale, dès les élections de 2012. Depuis le début des années 2000, face à un pays sans avenir, les Français partent, un sujet qui n’est jamais traité par les médias du système et les statistiques sont rares sur ces Français qui émigrent. Ils sont plus de 3 millions à être déjà partis, ils sont de tous les âges et classes sociales, pour la plupart toutefois des « autochtones ». Ils ont provoqué un phénomène de société, au point que certaines villes étrangères comptent plus dans une élection, que beaucoup de villes françaises, par le nombre d’émigrés français qui s’y trouvent, le cas de Londres est emblématique.

Dans cet article de l’Aurore Nouvelle, nous essaierons de nous pencher sur ces Français de l’étranger, dont je suis l’un des représentants puisque j’ai moi-même émigré en octobre 2010. Ils sont une partie non négligeable d’une France entreprenante, créatrice, diplômée, qui ne voyant pas de perspectives dans notre pays, préfère plier bagages et partir. Le phénomène concerne en plus grand nombre les hommes, mais nous expliquerons pourquoi, le malaise poussant au départ s’expliquant par divers curseurs. Alors soulevons un peu le voile qui recouvre ces Français de l’étranger dont on ne parle jamais.

Les Français de l’étranger en chiffres. Il n’existe pas de chiffres et de statistiques sur les Français de l’étranger au niveau national, le sujet étant politiquement tendu. Les ordres sont d’éviter de parler d’un sujet qui fâche, car pour chaque Français qui émigre, il faudrait alors évoquer les raisons de ce départ… parler de la situation de la France… L’INSEE ne publie pas de chiffres sur les Français de l’étranger, cependant, l’institut publie un solde migratoire, entre les entrées et sorties, ce qui ne permet pas hélas de comprendre l’ampleur des départs. Ils sont en effet noyés dans ces chiffres, car le nombre de migrants entrant en France efface la donnée qui nous intéresse. Notez que ce solde migratoire est resté positif depuis 2010. Les départs des Français sont largement compensés par une masse de plus en plus importante de migrants arrivant en France. Trois données sont ici intéressantes :

En 2017, année de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, l’arrivée des migrants étrangers explosa, près de 2,5 fois supérieur à l’année 2016, avec + 154 661 personnes entrées en France. L’année suivante fut un premier record, avec un solde positif dépassant les 200 000 migrants (2018). Un autre record fut battu lors de la seconde élection d’Emmanuel Macron, avec un solde positif de plus de 270 000 migrants. Cependant le nombre des Français de l’étranger était estimé à environ 2 millions dans la période 2010-2015 et en 2026, à 3 millions. Ces chiffres sont en deçà de la réalité, car beaucoup de Français à l’étranger se refuse à l’inscription sur les registres consulaires. Ce fut par exemple mon cas entre 2013 et 2022, le véritable nombre de Français de l’étranger se situerait donc au-delà des 3 millions de Français.

Les raisons de l’émigration des Français. Il est possible de décliner plusieurs tendances qui se croisent parfois et qui expliquent le départ des Français :

Les raisons économiques. Dans un pays frappé par une crise économique sévère, toute une frange de Français émigre pour trouver de meilleures conditions de vie à l’étranger. C’est sans doute la plus grande masse des migrants. Parmi eux, nous pouvons trouver des hommes d’affaires, des entrepreneurs, des artisans, des artisans des métiers de bouche (pâtissiers, boulangers, fromagers, charcutier-traiteurs, vignerons, etc.), des cadres supérieurs ayant une ou plusieurs spécialités pointues pouvant être mises en valeur, des investisseurs, des retraités, de jeunes diplômés. Pour les retraités, c’est l’occasion de s’installer dans un pays où leurs pensions de retraite permettront de mieux vivre, voire de vivre très bien, par rapport à ce qui serait possible en France. Pour les jeunes diplômés, quelques fois en commençant par des VIE (Volontariat International en Entreprise, environ 7 500 départs chaque année), c’est l’occasion de trouver un emploi mieux rémunéré, plus intéressant et valorisant, sans parler de la construction d’une expérience et d’un CV qui seront plus tard un capital pour un meilleur avenir. Plus de 120 000 sont ainsi partis en mission depuis l’an 2000 et les candidatures ont doublé en six ans entre 2019 et 2025, passant de 35 000 à 70 000, pour environ 11 670 VIE en poste (en 2025). Si certains reviennent au bercail… beaucoup d’autres ne reviennent jamais, ayant trouvé ensuite un bel emploi, parfois ayant fait une belle rencontre. Pour les hommes d’affaires, les investisseurs, les entrepreneurs ou artisans, l’émigration permet d’échapper au système français, notamment le rapt des impôts français, un pays parmi les champions du monde de l’impôt, ce qui n’incite pas les plus entreprenants à fonder quelque chose en France.

Les raisons matrimoniales. La France fait partie des pays qui a un surplus de naissances d’hommes par rapport aux femmes. Ils sont 105 garçons contre 100 filles et malgré un équilibrage dans la tranche des 30-60 ans, les écarts restent importants notamment par des phénomènes démographiques : campagnes désertées, concentrations de populations dans de petites zones, ou encore des phénomènes de société. Parmi eux l’égoïsme, l’individualisme, le carriérisme, l’allongement des études provoquent un isolement des Français, créant un océan de naufragés : les célibataires. Là encore l’INSEE se refuse à publier des chiffres officiels sur les célibataires, mais ils sont des millions. Beaucoup vivent ce célibat comme « une punition », entre misère sociale, misère amoureuse, vide et sécheresse des cœurs. Officiellement, par la pyramide des âges, les femmes sont entre 2 et 2,7 millions de plus que des hommes, mais ces chiffres ne veulent rien dire, car cet écart est le fruit d’une plus grande espérance de vie des femmes, par rapport aux hommes. Ces femmes « en surplus » sont âgées de 65 ans et plus, jusqu’aux âges les plus avancés et les centenaires. Un très grand nombre d’hommes trouve finalement « chaussure à son pied », avec une compagne étrangère, ainsi qu’un nombre moins important de Françaises. En 2019, ils étaient 75 800 couples mixtes à se marier, soit 27 % de tous les mariages. Ce chiffre des unions mixtes de Français avec un étranger étant passé de 6 % en 1950, à près de 30 % en 2025 (dont près de 16 % célébrés en France, les autres à l’étranger). De fait, les raisons matrimoniales ne sont pas négligeables dans ces départs, alors que la situation dans la société s’est aggravée par l’idéologie mortifère LGBT devenant prégnante et pesante, avec une crise sensible de la masculinité.

Les raisons idéologiques. Il est difficile de quantifier les Français de l’étranger qui sont partis pour des raisons idéologiques, mais les témoignages sont très nombreux. Des pays offrent par ailleurs des possibilités de visas idéologiques, comme la Russie (permis de résident 702), alors que d’autres sont facile d’accès car faisant partie d’espaces communs avec la France. C’est le cas de la « très catholique » Pologne, qui a attiré de nombreux candidats à l’émigration et qui est membre comme la France de l’Union européenne. D’autres partent dans des pays jugés plus traditionnels, comme la Roumanie, ou préfèrent mettre de la distance en partant très loin, dans des pays de l’Amérique du Sud, ou encore en Australie. Ils cherchent à fuir l’ambiance délétère en France, les pressions sur les populations, la dégradation des relations entre les personnes, la peur du régime et du futur qui se profile. Les gouvernements français ont beaucoup contribué à ce stress et ces départs, par des politiques de la peur : peur du terrorisme (Sarkozy, Hollande), peur du Covid, peur de la Russie, peur de la guerre (Macron). En ajoutant des pressions idéologiques désormais pressantes, l’européisme, l’ultralibéralisme, l’atlantisme et d’autres dérivés, les gens se sentent assiégés, du moins pour la frange qui pense et résiste. Le départ apparaît vite une évidence pour beaucoup d’entre eux. Les autres y pensent, certains en rêvent, d’autres font le pas.

Quels sont les destinations préférés pour l’émigration ? Parmi les destinations qui séduisent le plus : le Canada et les USA apparaissent au premier rang. Pour des raisons pratiques, la Suisse et le Luxembourg viennent en seconde position. Ces pays limitrophes sont toutefois de plus en plus fermés, alors que l’on assiste même à une baisse de la diaspora française en Suisse (-1,75 % en 2025). En numéro trois, c’est l’Afrique et le Maghreb, avec de grosses communautés dans de nombreux pays, via l’histoire commune coloniale et l’espace de la Francophonie. En quatrième position viennent le Royaume-Uni et les pays de l’Europe du Nord (Scandinavie) qui attirent de nombreux migrants français. Viennent ensuite la Belgique, les Pays-Bas, le Moyen-Orient, l’Amérique du Sud, l’Australie ou la Chine.

Conclusion. Passés de 2 millions de Français de l’étranger en 2012, à 3 millions en 2026, la tendance ne semble pas prête de s’inverser avec un nouveau million de Français migrants annoncé aux abord de 2032-2035. Ces départs des autochtones sont nous l’avons dit largement compensés par l’arrivée de migrants chaque année en France. Mais cette pression sur « les autochtones » pourrait aussi expliquer l’envie de partir. Avec une population de 62,8 % d’autochtones, la France est en effet déjà le pays le moins cohérent ethniquement d’Europe. La migration des Français couplée avec celle de migrants venant du monde entier, pourrait faire que la France deviendra le premier pays européen où la population autochtone deviendra minoritaire (dans environ 25 à 35 ans). Il y a ceux qui sont pour ouvrir les portes en grand, d’autres au contraire de les fermer, mais là n’est pas le débat. La situation explique probablement la volonté gouvernementale d’ouvrir les portes encore plus largement, car l’embolie des départs devient inquiétante, alors que le taux de natalité et de fécondité par femme s’est effondré en France. Situé autour des 1,5 enfant par femme, les naissances ne permettent pas le remplacement des populations, alors que les Français de l’étranger partent parfois avec des enfants, ou feront des enfants dans un pays étranger.

Dans l’histoire de l’Humanité, les migrations de populations ont toujours été provoquées par des situations négatives : misère, faim, guerre, crise économique, régime autoritaire et violent, répressions politiques (par exemple contre les Gilets Jaunes). Il y a des exemples célèbres et proche de l’Hexagone, comme l’Irlande, l’Espagne ou l’Italie. La France actuelle ne fait pas exception à cette règle… malade et en proie à des problèmes paraissant insolubles, les gens partent et partiront de plus en plus nombreux.