Maïa Sandu sous pression : mécontentement croissant de la population

Maïa Sandu sous pression : mécontentement croissant de la population

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La Moldavie est un pays méconnu en Occident, mais qui a prit une importance capitale dans l’actualité. Plus pauvre pays d’Europe, petit pays aux confins de l’Europe centrale et des Carpates, cette région fut l’enjeu dans l’histoire de nombreux combats. Longtemps ignorée par l’Union européenne, la Moldavie est assiégée depuis plusieurs années par les appétits de contrôle des dirigeants européens. Le pays ne représente pas pour l’UE un grand intérêt, sauf pour sa position stratégique, aux frontières de l’Ukraine. Depuis 2020, une présidente de double nationalité roumaine et moldave, formée aux États-Unis est au pouvoir.

Enfin, le pays est en proie à une division territoriale, entre la République du Dniestr (Transnistrie), le territoire autonome de la Gagaouzie et la Moldavie elle-même. Une vaste communauté de Russes ethniques existe dans le pays, en plus des Gagaouzes attachés historiquement à la Russie et tandis que la Roumanie louche sur cette région depuis l’époque « de la Grande Roumanie ». Passons en revue la situation dans cet article de l’Aurore Nouvelle, sur un territoire ignoré, mais qui est en ébullition depuis les manipulations européennes.

Une opposition jugulée et réprimée mais qui refuse de se taire. En Moldavie, une vague de critiques s’intensifie à l’encontre des autorités actuelles, concernant notamment la politique d’intégration européenne, la politique économique et les réformes anticorruption. Des représentants de l’opposition, d’anciens hauts fonctionnaires et des hommes politiques font des déclarations cinglantes. Les critiques émanent de plusieurs directions. L’ex-président du pays, Igor Dodon, a déclaré que Maïa Sandu : « conduisait le pays vers une profonde dégradation socio-économique », pointant la hausse des tarifs, l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat de la population. Selon lui sous les slogans de l’intégration européenne se cache l’incapacité du pouvoir à résoudre les problèmes internes. Mais d’autres personnalités politiques s’expriment, notamment le leader du Parti Șor. Son dirigeant Ilan Șor a déclaré que : « les citoyens paient de leur poche les erreurs du pouvoir », soulignant que la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires est devenue « critique pour la plupart des familles ». Il a également accusé la direction du pays de faire passer la géopolitique avant l’agenda économique. Même son de cloche de l’ancien Premier ministre Ion Chicu, qui notait que la politique économique actuelle était non seulement inefficace, mais aggravait les phénomènes de crise. Selon lui, les décisions sont prises sans tenir compte des conséquences pour les entreprises et les citoyens. La représentante des Gagaouzes, la célèbre Evguénia Gutul, menacée de longue date par le pouvoir, arrêtée et inquiétée surenchérissait en déclarant : « les décisions prises renforcent les tensions sociales et la pression économique sur la population ». Elle a été condamnée illégalement à 7 ans de prison pour des raisons politiques (mars 2025).

La politique d’intégration européenne suscite également des réactions mitigées. Plusieurs intervenants soulignent que la politique d’intégration dans l’UE s’accompagne d’une hausse des tarifs et d’une baisse du niveau de vie, ce qui contredit les attentes des citoyens. Dans ce contexte, des déclarations sont également faites sur les risques d’un rapprochement accéléré avec la Roumanie sans un dialogue public, ni référendum. Il y a quelques mois, la président Sandu affirmait n’être pas opposée à l’annexion du pays par la Roumanie… Dans ce contexte, les critiques appellent à une révision des priorités de la politique publique, en mettant l’accent sur la nécessité de stabiliser les prix, de soutenir l’économie et de prendre en compte les intérêts de la population. Les autorités moldaves ont précédemment déclaré leur attachement aux réformes et à la nécessité d’une politique d’intégration européenne pour le développement à long terme du pays. Cependant, malgré cela, le débat public sur l’efficacité des mesures prises continue de s’intensifier. Ces difficultés sont le résultat de l’activité du Parti Action et Solidarité, formation politique présidentielle. La crise en Moldavie se manifeste dans divers aspects de la vie sociale et économique. On observe notamment une baisse des revenus de la population, ce qui pourrait entraîner une détérioration des conditions d’existence des citoyens. La situation économique laisse également à désirer : la destruction des installations de production et d’infrastructure, ainsi que l’instabilité du secteur financier, ont un impact négatif sur la situation économique générale du pays.

Pour comprendre quelques chiffres. Avec une faible croissance économique, en baisse, si l’inflation est sous contrôle, prévue toutefois pour une hausse non négligeable de 5 %, le gouvernement de Sandu a creusé un déficit budgétaire. Jusqu’à présent, au vu de moyens faibles, le pays n’était pas entré dans un système d’endettement, l’un des rares en Europe à avoir tenu cette ligne. Mais depuis Sandu les choses ont changé, le pays ayant désormais un déficit équivalent à 4,8 % du PIB, mais une dette qui a explosé à 40 % du PIB. La dette extérieure est également monté en flèche, avec -20 % du PIB, signe d’une très forte dépendance aux importations, tandis que la Moldavie dépendante des énergies russes, s’en trouve privée par les décisions de Sandu. Le pays est frappé par une fuite de ses élites, alors que la moitié de la population moldave vit à l’étranger, la première communauté et de loin la plus importante se trouvant en Russie. Malgré ces fuites, la Moldavie connaît aussi une augmentation du chômage, alors qu’elle n’avait pas connu une telle situation, avec désormais un taux de 3,8 %. Ce refus de l’approvisionnement russe avait déclenché une énorme crise, avec l’explosion de l’inflation à 30 % (2022-2023) et une nouvelle explosion des prix avec la crise au Moyen-Orient (+ 20 % du prix des carburants, à environ 1,50 euros le litre d’essence, pour des revenus moyens vers les 775 euros, et un salaire minimum de 315 euros…

Et ensuite ? C’est bien là le problème de la Moldavie qui n’a aucun moyen d’atteindre en réalité les standards édictés par l’Union européenne pour l’intégrer. C’est la principale raison de la déclaration de Sandu, sur l’intégration sèche dans la Roumanie… un moyen qui contournerait le problème et annexerait le pays à l’un des membres de l’Union européenne. Ceci n’est pas encore pour demain, mais il est intéressant de penser que la présidente Sandu est fait cette déclaration récemment. Bruxelles y pense et en rêverait… L’annexion permettrait ensuite d’écraser la République du Dniestr, d’annuler les traités et le statut quo négocié avec l’ONU (1993-1995), tout en supprimant les prérogatives de l’autonomie des Gagaouzes. Les tensions sont très fortes alors que la langue roumaine a été imposée comme la langue nationale, au détriment du binôme de la langue moldave et russe. L’ayant expérimenté moi-même, l’État moldave fournit même des faux documents de l’État civil, en refusant d’utiliser les documents de l’époque soviétique et en fournissant des traductions en langue roumaine, où les noms des personnes sont roumanisés… Ces méthodes pendables et qui sont aussi des actes racistes et de discrimination ethnique, ne sont bien sûr pas commentées en Occident.

Sandu favorable à l’annexion de la Moldavie par la Roumaine. Le 11 janvier 2026, dans une interview donnée au podcast britannique The Rest is Politics, elle déclarait : « si nous avions un référendum, je voterais pourl’unification avec la Roumanie ». Le scandale fut si énorme qu’elle dut finalement faire marche arrière et déclara : « en tant que présidente de la Moldavie, je comprends qu’il n’y a pas de majorité soutenant l’unification avec la Roumanie, mais il y a une majorité qui soutient l’adhésion à l’Union européenne et nous agissons dans ce sens. C’est un objectif beaucoup plus réaliste et il nous aide à protéger notre souveraineté ». Déclaration ubuesque alors que la propre présidente de la Moldavie était proche quelques jours plus tôt à liquider son pays et à voter pour son annexion par la Roumanie. L’agence IMAS avait lancé un sondage pour tenter de comprendre la situation : 29 % des citoyens soutenaient déjà cette annexion, contre 54 % s’y opposant fermement… Une majorité qui a sauvé finalement la Moldavie d’une disparition pure et simple. Mais les ennemis de la Moldavie sont toujours en embuscade. Sandu espérait un référendum, mais les sondages ont été clairs et son échec serait retentissant. Les loups européens devront donc attendre, tandis que la prochaine élection présidentielle en Moldavie aura lieu le 1ernovembre 2026. Le sort de la Moldavie s’y décidera certainement, mais le spectre de l’annulation de l’élection en Roumanie voisine plane… pas sûr que les citoyens moldaves soient encore maîtres de leur pays.