L’État français, le plus gros trafiquant d’alcool au monde

L’État français, le plus gros trafiquant d’alcool au monde

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Le fait est méconnu, même par les Français, mais l’État français est le plus gros trafiquant d’alcool au monde, par la subtilité d’impôts en nature qui sont imposés aux vignerons de France. Les médias par ailleurs ne communiquent pas ou très peu sur ce sujet, car c’est un sujet qui fâche et surtout qui est dérangeant pour le régime français. L’histoire est longue, aussi je ferai une série d’articles autour des impôts et des taxes qui pillent les caisses des vignerons et viticulteurs français, véritable poule aux œufs d’or. Dans l’idée des Français, le vigneron… c’est le « riche », mais en réalité la plupart des viticulteurs et propriétaires de domaines viticoles peinent et ne sont pas des gens fortunés. Seule une élite possédant des appellations prestigieuses est réellement fortunée, sorte de clan restreint qui ont une emprise locale dans leur région et parfois des réseaux s’étendant loin, jusque sur le plan politique. Voici dans l’Aurore Nouvelle, le récit étonnant de ce trafic étatique éhonté et méconnu.

L’impôt moyenâgeux de l’État français. C’est un long cheminement que je raconterai plus tard, mais qui commença par une véritable guerre menée par l’État français contre les bouilleurs de crus et contre les viticulteurs et vignerons français. Pour les premiers, l’État voulait mettre fin à cette profession, selon une version officielle de « lutte contre l’alcoolisme » en France, mais en réalité pour mettre la main sur le monopole de l’alcool et contrôler toute la filière. Contre les seconds, à la manière des impôts moyenâgeux, l’État français a imposé, jusqu’à ce jour, un impôt en nature sur les « résidus de vinifications » (sous-produits vinicoles). Chaque vigneron, négociant-éleveur, ou cave coopérative doit remettre à l’État français une quantité de marcs, moûts, lies ou vins finis correspondant à 5 % de la récolte annuelle déclarée…

Une baisse constante de la production française. A la fin des années 90, la France produisait encore environ 65 millions d’hectolitres de vin, mais depuis environ 25 ans, le niveau de production s’est effondré pour plusieurs raisons. La première c’est la destruction partielle du vignoble français, notamment partiellement du plus grand d’entre-eux, le Languedoc. Par des politiques « européennes », des arrachages ont été « récompensés » par des subventions. La seconde raison, c’est l’évolution de la consommation des Français de vins, dans une tendance à la baisse constante et la disparition de générations qui consommaient des vins courants et génériques tous les jours. La troisième raison est le changement climatique, avec l’effondrement des rendements, pour des raisons de climats trop chaud, de gelées inopinées à des périodes printanières, de maladies fongiques plus fréquentes, ou de chutes de grêle. Pour la Bourgogne, il n’est pas rare que le quota de 60 hectolitres par hectare du Bourgogne Pinot Noir, ne soit même pas atteint de moitié, certaines années à peine du tiers. Pour beaucoup de régions, les vins sont devenus rares et déjà chers, ils sont un produit de luxe qui n’est plus accessible pour la population, sans parler de l’effondrement des positions françaises à l’internationale, avec des reculs constants face aux « vins du Nouveau Monde », en particulier d’Amérique du Sud, d’Amérique du Nord, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Afrique du Sud, etc.

La manne hypocrite de l’État français. En 2023, la production nationale de vin ne se situait plus qu’à 48 millions d’hectolitres. L’impôt sur les résidus de vinification donna donc une manne énorme de 2,4 millions d’hectolitres de sous-produits vinicoles. Cet impôt en nature apporte donc chaque année, une matière première devenant la propriété de l’État… seul maître à bord pour la distillation des alcools, l’Ancien Régime en aurait rêvé… Cette masse est ensuite distillée par l’État français, pour donner un alcool surfin, mais l’État ne communique jamais sur le volume d’alcool pur produit… car la gêne est très grande. C’est en effet un énorme scandale, alors que l’État taxe ensuite les alcools, dans leurs mouvements de vente, dans le stockage et à la vente (environ 35 % du prix d’un alcool), pour des raisons « de santé publique ». Un commerce donc cynique et hypocrite, où l’État français a stigmatisé pendant des décennies les français sur la consommation d’alcool, autour de la santé ou de la sécurité routière… La distillation de cette masse de 2,4 millions d’hectolitres en un alcool neutre ou un alcool agricole de très haute pureté est ensuite vendue… à plusieurs secteurs, selon un système d’appels d’offres, via des opérateurs privés qui se sucrent au passage !

L’État français le plus grand trafiquant d’alcool au monde. Le résultat de la distillation est donc vendu à l’industrie pharmaceutique et cosmétique, à l’industrie des vins et spiritueux, dont le puissant groupe Pernod-Ricard, à l’industrie chimique et au secteur énergétique pour les biocarburants. Dans le cas de l’industrie des spiritueux, le cynisme est énorme, de la vente d’un produit quasiment gratuit, pour le transformer en alcool fin, revendu perclus de taxes revenant à l’État français, se servant ensuite au bout de la chaîne sur les consommateurs, tout en taxant les fameuses entreprises du secteur des vins et spiritueux. On peut réellement parler d’un système mafieux. Les sous-produits vinicoles ne donnent pas le même rendement d’alcool pur, selon que l’on parle de vins, de lies ou de marcs, entre 4 et 12 litres d’alcool pur pour 100 litres ou 100 kg de ces produits. L’estimation moyenne pour l’année 2023 est que l’État français distilla environ 19,2 millions de litres d’alcool pur, pour une vente, selon les appels d’offres et la qualité des produits, entre 500 et 1 500 euros par hectolitre. En prenant une médiane, l’État français aurait donc reçu de ces 19,2 millions de litres, pour un prix moyen de 800 euros l’hectolitre, une somme d’environ 154 millions d’euros… Officiellement la Direction générale des Douanes et Droits indirects (DGDDI) se vante qu’il s’agit : « d’économies réalisées en évitant la production d’alcool clandestin, ce qui était l’objectif principal de ce dispositif ». Objectif principal ? Vous aurez compris qu’il s’agit surtout de dépouiller les viticulteurs français, d’engranger une manne financière colossale. Car les 19,2 millions de litres rapportent aussi des taxes… dont la TVA, les taxes à la Sécurité Sociale, les taxes sur les entreprises qui vendent ces produits et alcools, rapportant d’autres dizaines de millions… bien mal acquis. Et cela ne fait que commencer car en douce, l’État français veut encore plus taxes sur les alcools en France

La suite dans une série d’articles où je décortiquerai les taxes abusives qui frappent le milieu viticole, mais aussi des dessous peu glorieux pour le régime français autour de ces rapts et pressions qui sont exercés contre ce secteur et fleuron français.