Les médias publics français sont utilisés par Macron pour discréditer des candidats

Les médias publics français sont utilisés par Macron pour discréditer des candidats

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J’ai déjà signalé le cas dernièrement dans l’Aurore Nouvelle, à propos de la mise en scène du macroniste Pierre-Yves Bournazel. Depuis quelques semaines, les médias publics sont mis à contribution de manière malhonnête, pour discréditer des candidats de l’opposition, en particulier pour l’élection stratégique des municipales pour la ville de Paris. Plusieurs fois dans la semaine, les « journalistes » du service public sont envoyés au charbon, pour soutenir des opérations « électoralistes », qui sont contraire à la démocratie et aux traditions républicaines françaises. France Info est particulièrement impliqué, participant cette fois-ci à un assaut en règle contre un colistier de Rachida Dati, Max Guazzini. Je précise que je ne supporte aucun parti de la frange « fromagiste », qui pour moi comporte quasiment tout l’échiquier politique proposé aux Français, encore moins les 4 factions majoritaires, à savoir Renaissance et Horizons, le RN, le PS et LFI, Les Républicains ou le MoDem, parmi d’autres. Le propos n’est donc pas de privilégier la formation politique à laquelle appartient Guazzini.

Mais qui est Max Guazzini ? Au-delà de cette utilisation criminelle des médias publics par le régime français, Max Guazzini naquit à Roquebrune-Cap-Martin, le 27 octobre 1947. D’une famille d’immigrés italiens, il fit des études supérieures en droit et en philosophie, à Paris. Il rêvait d’une carrière de chanteur et fut même l’attaché de presse de Dalida. Cependant, pour faire bouillir la marmite, il fut avocat en droit pénal. Il rencontra Jean-Paul Baudecroux, le fondateur de la radio NRJ (1982) qui le propulsa dans le milieu des ondes et des médias. Il fut l’organisateur de la grande manifestation pour la défense des radios libres (8 décembre 1984). Grimpant les échelons, il fut président du directoire du groupe NRJ (1984-2006). Passionné également de rugby, il avait pris la tête du club Le Stade Français, de Paris (1992). Il participa à sa montée en puissance, le club remportant les championnats de France, en 1998, 2000, 2003, 2004 et 2007. Il s’illustra par son art du marketing, inventant des concepts, parfois un peu limite, comme les calendriers « Les Dieux du Stade », mettant en scène des joueurs dénudés de l’équipe, transformant les matchs en spectacles, à grands renforts de feux d’artifice, de motards et de mises en scène. Il démissionna de NRJ en 2006, pour se consacrer au rugby. Il devait rester dans les rangs du Stade Français jusqu’en 2011, démissionnant de son poste de président.

Après cette date, il revint dans les milieux des médias et de la politique. Il était un proche du socialiste Bertrand Delanoë, maire de Paris (années 2010), mais aussi d’Anne Hidalgo. Il appela à voter pour elle en 2014. Après la déroute du Parti Socialiste en 2017, il s’afficha aux côtés du macroniste Pierre-Yves Bournazel (le monde est petit !), qui tentait alors de lancer sa candidature pour la mairie de Paris (2020). Mais sa fidélité au socialisme et au macronisme n’était pas celle espérée à l’Élysée. Il s’afficha bientôt avec Rachida Dati, du Parti Les Républicains, un ennemi politique historique du macronisme, devenant colistier pour l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy (2026). Cette « trahison », en plus du conflit féroce entre Bournazel et Dati, depuis que le premier fut un conseiller éphémère de Rachida Dati, est probablement la raison de la publication de l’article de France Info et d’autres médias étatiques, l’affaire étant reprise par d’autres médias du système, par effet domino.

La savonnette macroniste glissée sous les pieds de Guazzini de Rachida Dati. Dans ce conflit au couteau, qu’avait ouvert Bournazel, toujours très virulent, l’homme avait du être remis à sa place par Édouard Philippe en personne (février 2026). Sans doute lui fit-il des promesses, que l’ancienne ministre serait attaquée par le proxy des médias de propagande de l’État français. Le compte X de Max Guazzini fut en effet patiemment épié, pour relever toutes les déclarations sulfureuses pouvant discréditer le colistier. Avant d’en parler, je tiens à dire que je ne partage pars les opinions proclamées dans les tweet de Guazzini. Mais je constate qu’un média public français digne de ce nom, ne devrait pas être utilisé pour des vengeances et des coups fourrés, au moment par ailleurs propices d’une élection municipale (ou d’une autre). Le 12 mars 2026, France Info et France Télévisions publiaient donc un article : « Municipales 2026 : accusé de propos racistes, un colistier de Rachida Dati désactive son compte X ». Il était accusé notamment de propos racistes et polémiques à propos de l’élection de Zohran Mamdani, premier maire musulman de New York, comparant le fait aux attentats du 11 septembre 2001 (novembre 2025). L’article exhumait aussi un tweet reposté d’une militante britannique, d’un parti d’extrême-droite, avec le propos suivant : « soumission lâcheté, pauvre Angleterre » (février 2026). Deux choses à retenir : une équipe inconnue, probablement de l’équipe de campagne des partis Renaissance et Horizons s’est lancée dans l’exploration des réseaux sociaux du colistier, afin de trouver tout ce qui pourrait servir contre lui. L’article se répandant comme une traînée de poudre, Max Guazzini a effectivement désactivé son compte X, annonçant : « qu’il porterait plainte pour diffamation et que dans le passé, il avait beaucoup aidé SOS Racisme et que ceux qui le connaissaient savaient qu’il n’était pas du tout raciste ». Trop tard pour lui, le coup bas, par un ordre donné à la rédaction de France Info par l’Élysée, ou un sbire de l’équipe du parti macroniste, fait son office. Il reste toujours quelque chose de la diffamation… un poison que les politiciens savent manier de longue date, ils connaissent parfaitement Machiavel…

Au-delà des propos exploités de Max Guazzini, maillon faible de l’équipe de Rachida Dati, la question qui se pose, républicaine et démocratique : dans une République digne de ce nom, est-ce que le pouvoir peut utiliser des médias publics à des fins électoralistes et pour supporter ces candidats, tout en faisant tout son possible pour discréditer les opposants ? Est-ce un standard démocratique ? Évidemment non… Alors, devant ce constat, la question se pose de l’existence des médias du service public. Dans un régime républicain, comme dans la séparation des pouvoirs, l’exécutif, le législatif et la justice, un quatrième pouvoir devrait être lui aussi écarté des mains des puissants : les médias et l’information. Reste à savoir de quelle manière, c’est un vaste débat et une hypothétique VIe République, ou la chute définitive de ce régime, qui est, je l’affirme, une parodie de républicanisme.